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| Phidias |
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| Biographie en résumé |
| Sculpteur athénien, le plus célèbre des sculpteurs grecs. Ses représentations colossales d'Athéna Parthénos, qui ornait autrefois l'Acropole et de Zeus à Olympe furent si renommées dans l'Antiquité que le Zeus chryséléphantin – d'or et d'ivoire – figurait au nombre des «Sept merveilles du monde». Actif de 479 à 432 avant J.-C., les frises du Parthénon sculptées sous sa direction représentent l'art classique grec à son apogée. |
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| Vie et œuvre |
Athénien de naissance, fils de Charmidès, il fut l'élève d'Hégias ou Hégésias, sculpteur dont le style traditionnel, rude et sévère, rappelait l'art étrusque. Il se rendit ensuite à Argos, où se trouvait alors une des écoles les plus florissantes de sculpture; il y apprit entre autres, auprès de l'illustre Ageladas, la technique du bronze. Il revint dans sa ville natale, alors gouvernée par Cimon, et y exécuta un groupe de bronze consacré à Delphes en mémoire de la bataille de Marathon, une Athéna en bois doré et en marbre blanc, de même que la célèbre Athéna Promachos en bronze qui fut placée sur l'Acropole (456) et dont les navigateurs pouvaient voir la lance et l'aigrette depuis le Pirée.
Les frises du Parthénon
La renommée de Phidias était bien établie lorsque Périclès prit le pouvoir en 449 et entreprit des grands travaux d'embellissement d'Athènes. Il confia à Phidias la surintendance de la décoration du Parthénon et des Propylées, érigés sur l'Acropole entre 447 et 438, et dont les architectes furent Ictinos et Callicratès. Pour le Parthénon, Phidias supervisa la production d'un vaste programme décoratif réparti sur les deux frontons, dont l'un est consacré à la naissance d'Athéna (fronton oriental) et l'autre à la lutte de Poséidon et d'Athéna pour la domination de l'attique (fronton occidental). La décoration recouvrait également les frises à l'extérieur du temple où étaient célébrées les victoires militaires attribuées par les Grecs à la protection d'Athéna, de même qu'une longue frise ininterrompue à l'intérieur du temple où était représenté le cortège des Panathénées, fête donnée en l'honneur de la déesse. Plusieurs fragments de ces ouvrages en bas-reliefs subsistent, dans lesquels on reconnaît d'autres mains que celles du maître mais qui portent néanmoins l'empreinte immanente de Phidias. Ils sont aujourd'hui conservés au British Museum, au Louvre, à Naples et à Athènes.
Chefs-d'œuvre absolu de la sculpture grecque, ces bas-reliefs sont animés d'un mouvement plein de vie, majestueux; les dieux affichent cette dignité ordonnée chère à l'art grec; au vocabulaire du statuaire s'ajoute la ligne fluide – on sait que les sculpteurs grecs habillaient leurs modèles de tuniques imprégnées d'eaux pour mieux marquer le mouvement des plis – des drapés, la richesse des expressions et des attitudes, le rendu naturaliste des animaux, des chevaux cabrés, montés par de jeunes cavaliers athéniens aux silhouettes gracieuses et musclées. Phidias qui maîtrisait parfaitement l'anatomie, confère aux corps qu'il sculpte une grâce et un dynamisme admirablement contenus, exempt de tout souci de virtuosité.
L'Athéna Parthénos
Phidias sculpta pour l'intérieur du temple une statue colossale d'Athéna Parthénos (qui veut dire "jeune vierge") en or et en ivoire, haute de près de 12 mètres, dont le général et écrivain grec Pausanias nous a livré cette description: «La statue d'Athéna est faite d'ivoire et d'or. Au milieu de son casque est la figure d'un sphinx, et de chaque côté des griffons. La statue est debout, vêtue d'une tunique talaire, et sur la poitrine elle porte la tête de la Méduse en ivoire. La Victoire a environ 4 coudées de-haut. D'une de ses mains, la déesse tient la lance; à ses pieds est son bouclier, et près de la lance un serpent que l'on dit représenter Erichtonios; sur le piédestal de la statue est figurée la naissance de Pandore». Le musée national d'archéologie d'Athènes possède une copie de l'Athéna Parthenos réalisée au IIe siècle et qui fut retrouvée lors de fouilles en 1881 sur la place du Varvakéïon. Selon Pline, Phidias s'était dépassé en sculptant sur le revers et l'envers du bouclier, un combat des Amazones ainsi que qu'une Centauromachie, morceaux de bravoure qu'appréciaient particulièrement les Athéniens.
Le Zeus d'Olympe
Livré à la cabale de ses ennemis et des artistes envieux, il fut condamné à l'exil après qu'on l'ait accusé d'avoir fait preuve d'impiété en sculptant sa propre image sur le bouclier de la grande Athéna et d'avoir détourné des fonds et de l'or destiné à cette sculpture – accusation apparemment sans fondement. Il fut accueilli par les Éléens qui l'invitèrent à exécuter une statue chryséléphantine pour le temple d'Olympe. Rien n'aurait pu surpasser l'Athéna Parthénos, si ce n'est le Zeus Olympien de Phidias, une statue colossale en or et en ivoire, richement émaillée de métaux précieux. Cette statue allait définir à jamais l'image du dieu grec, trônant, la tête ceinte d'une couronne d'olivier, avec dans la main droite une Victoire et tenant de la main gauche un sceptre incrusté de pierres précieuses et surmonté d'un aigle. Ses chaussures étaient recouvertes d'or, de même que son manteau; ses pieds reposaient sur un tabouret supporté par des lions d'or; le tout était placé sur une large base décorée de bas-reliefs où étaient representés les dieux de l'Olympe. Nulle autre œuvre d'art ne fut aussi admirée dans l'Antiquité: elle figurait au nombre des Sept merveilles du monde. Pour Quintillien, la majesté de l'ouvrage de Phidias égalait celle-même de Zeus. «C'est la gloire de Phidias de compter parmi les rares esprits qui, dans le domaine de l'art, ont entrevu le divin, et l'ont réalisé dans la mesure des forces humaines.» (M. Collignon). Le Zeus d'Olympie ne nous est connu que par des témoignages d'auteurs de l'Antiquité et des pièces de monnaie élésiennes.
Les historiens font mention également de quelques autres œuvres dont l'Athéna Lemnienne (Bologne et Dresde), un Apollon Parnopien (Musée de Cassel), une Vénus Diadumène (Vénus Farnésienne, British Museum), ainsi qu'une Amazone dont Pline assure qu'elle fut le résultat d'une compétition entre Phidias, Polyclète et plusieurs sculpteurs, concours qui fut remporté par Polyclète. La copie la plus fidèle serait celle de la villa Hadrien.
Ses élèves les plus connus furent Alcamènes de Lemnos, Agoracrite de Paras ainsi que Colotès. |
| Œuvres de Phidias |
Les oeuvres du Parthénon
Plusieurs images des fragments sont disponibles sur la section Compass du site du British Museum:
Athéna Parthenas
Zeus Olympien
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| Documentation |
Les œuvres de Phidias ne nous sont connues pour la plupart que par des copies tardives ou des textes de Pausanias, de Pline ou de commentateurs de l'Antiquité. Seuls nous sont parvenus les marbres des frises du Parthénon, en grande partie grâce au travail de sauvetage entrepris par Lord Elgin pour le gouvernement britannique en 1801-1802. La Grèce revendique depuis de nombreuses années, et accentue ses pressions à la veille des Jeux Olympiques qui auront lieu à Athènes en 2004, pour que lui soient restitués les fragments détenus par le British Museum.
Voir à ce sujet: The Parthenon and its sculptures, British Museum
Beulé, M. "L'atelier de Phidias. Étude tirée de l'antique", Revue des Deux Mondes, 2e période, tome 32, 15 mars 1861, p. 292-331 (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Beulé, M. "La mort de Phidias. Scènes tirées de l'antique", Revue des Deux Mondes, 2e période, tome 38, 15 mars 1862, p. 359-385 (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF) |
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| | Phidias, hérault moral de la Grèce antique | | Maurice Barrès | | Phidias, civilisation hellénique, art grec, Parthénon, Périclès, Anaxagore | | «Entre le Parthénon et nous, il y a dix-neuf siècles de christianisme. J'ai dans le sang un idéal différent et même ennemi. Bien que je reconnaisse l'interprétation hellénique de la vie comme très haute et d'immense portée, elle m'est étrangère et sans résonnance.» | | | Article «Phidias» de L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert | | Le Chevalier de Jaucourt | | Sculpture antique, période classique, Parthénon, Périclès, Athéna, Zeus | | Cet extrait de l'article "Sculpteurs grecs" de L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, et signé par le chevalier de Jaucourt, comporte une recension intéressante des principales sources littéraires, Pline et Pausanias en particulier, d'où provient notre connaissance de l'art de Phidias. L'auteur utilise les noms latins pour nommer les divinités grecques. On remplacera selon le cas Minerve par Athéna et Jupiter par Zeus. | | Description du temple de Zeus à Olympie | | Jean-Jacques Barthélemy | | Description des ouvrages de Phidias à Olympie | | Description par le jeune Anacharsis, le voyageur fictif inventé par l'abbé Barthélemy, du temple de Zeus à Olympe où se trouvait la célèbre statue du Zeus qui compta parmi les sept merveilles du monde. | | Phidias | | Élie Faure | | Art, sculpture, Grèce ancienne, Athènes | | L’artiste en général s’effraie des mots, quand il ne devient pas leur victime. Il a raison de se garder d’écouter, et surtout de suivre, le philosophe professionnel. Il a tort d’avoir peur de passer pour un philosophe. Si nous n’avons pas le droit d’oublier que Phidias suivait les entretiens d’Anaxagore, nous reconnaissons qu’il eût pu, sans inconvénients, ignorer la métaphysique. | | | L'Athéna Promachos | | Henri Lechat | | Sculpture grecque | | Première des grandes statues colossales de Phidias, l'Athéna Promachos, lance au bras, coiffée d'un cimier à trois rangs, dominait l'acropole, Athènes et le port du Pirée par lequel les étrangers venus par la mer entraient dans la capitale attique. Extrait de Phidias et la sculpture grecque au Ve siècle, de Henri Lechat, ouvrage paru au tournant du XXe siècle. | | L'Athéna Parthénos | | Henri Lechat | | Scultpure grecque, Athéna | | Si la Lemnia était une Athéna familière, la Promachos, une Pallas guerrière, la Parthénos était la Pallas triomphante. La Parthénos, recouverte d'or, d'ivoire, de matériaux précieux, dont on dit que le bouclier a lui seul était un exploit artistique, occupait le naos, ou la pièce centrale, du Parthénon, temple qui lui était dédié. | | L'Athéna Lemnia | | Henri Lechat | | Sculpture grecque | | Les colons de Lemnos firent exécuter vers 450 une statue d'Athéna par Phidias en guise d'offrande. Des trois Athéna attribuées à Phidias, la Lemnia, la Promachos, la Parthénos, la Lemnia est la moins militaire ou plutôt, elle symbolise la paix après la victoire. On reconnaît l'air viril de la déesse guerrière, mais son regard qui tombe de haut, une certaine quiétude qui se dégage de son visage firent aimer des Athéniens cette nouvelle image de la patronne de leur cité. | | Le Zeus d'Olympie | | Henri Lechat | | Sculpture grecque | | Après les trois Athéna scultpées à Athènes, après s'être acquitté de la direction des travaux de l'Acropole que lui avait confié Périclès, Phidias, exilé à Élis, entreprend pour le temple d'Olympie un Zeus colossal qui devait figurer dans l'Antiquité au rang des Sept merveilles du monde. C'est une des louanges que l'on fit à Phidias d'avoir rendu les dieux plus humains, d'avoir rapproché ceux-ci des hommes par la mansuétude et la noblesse de l'expression de ses sculptures. |
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