| Chambardement global: la réplique du monde rural |  Actes de la 15e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec. Thèmes principaux : Reconversion des territoires, Adaptation aux changements climatiques, Culture et économie, Énergie et développement rural, Gouvernance. |
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| Rencontres |
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| Axel Kahn: "L'homme, ce roseau pensant" |  Le généticien et éthicien français Axel Kahn propose une lecture résolument matérialiste, mais agréablement anti-réductionniste, de l'histoire de l'humanité ou du récit de l'émergence, par l'effet d'une mutation évolutionniste, d'une sorte de "valeur ajoutée" au bouillonnement cosmique des premiers temps. Le propre de l'homme, ce qui le distingue des autres animaux, est sa capacité à anticiper l'avenir. L'appréhension de l'avenir, de la mort lui fait inventer des dieux, des mots ou des images pour conjurer la fatalité. S'il n'est nul besoin de l'hypothèse d'un deus ex machina dans ce récit de notre génèse, la présence de l'autre est essentielle. L'autre est celui par lequel nous éprouvons notre humanité. C'est son mépris ou son indifférence qui nous incite à la pire violence. S'il reconnait une base matérielle à la pensée, Kahn refuse par contre de la réduire à cette stricte matérialité. Qui dit pensée, dit liberté ou capacité de penser sa liberté et par conséquent sa responsabilité. Tant que l'homme acceptera de composer avec cette responsabilité, qu'il refusera de céder au déterminisme et à la tentation de partager avec la machine ce don qui le distingue, il demeurera toujours ce "roseau pensant", frêle mais étonnamment résistant.
Vous pouvez écouter ici l'interview diffusée à l'émission "Les Années lumières" à Radio-Canada. >> |
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| Pétrole |
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Vue de la raffinerie Mid-Continent, à Tulsa, Oklahoma, É.-U. Photo prise vers 1943
Auteur : John Vachon
Source : Library of Congress, Prints & Photographs Division, Farm Security Administration - Office of War Information Photograph Collection, LC-USW361-841 A |
| Enjeux |
| La question des réserves de pétrole, du moment où la production mondiale atteindra son sommet pour ensuite diminuer progressivement et irréversiblement, ne relève plus de la pure spéculation. La Chine et l'Inde entrent dans la course à l'automobile, les réserves dites prouvées ne sont pas aussi importantes qu'on le pensait, les découvertes de nouveaux gisements intéressants sont de plus en plus rares et coûteuses, le Moyen Orient est toujours instable; pour toutes ces raisons, il se pourrait que le sommet soit atteint dans quelques années. C'est ce que soutiennent les experts qui ont fondé l'ASPO, the Association for the Study of the Peak of Oil and Gaz. Ces experts, dont la compétence ne fait aucun doute, s'inquiètent du silence entourant cette situation grosse de bien des catastrophes. |
| Essentiel |
«Malgré les évolutions économiques et politiques, certaines caractéristiques du pétrole sont demeurées inchangées. Denrée stratégique, indispensable à la vie quotidienne des pays industrialisés, il constitue une des bases fondamentales de toute politique étrangère. Aucun État responsable ne se risquerait à négliger la sécurité des approvisionnements en pétrole. Même si chaque pays conjugue à sa façon le concept d'indépendance stratégique, tous ont pris des mesures particulières pour juguler les menaces de rupture des stocks. C'est dire si l'industrie pétrolière est impliquée dans la politique intérieure et extérieure des États.
Matière première hautement stratégique, le pétrole jaillit en abondance le plus souvent dans des zones instables politiquement et économiquement. La présence d'une telle richesse ne contribue pas forcément à stabiliser ces zones. Les investissements nécessaires à l'exploitation des gisements de pétrole sont extrêmement élevés, leur rentabilité est calculée à très longue échéance, en général entre dix et trente ans. Aussi, les compagnies pétrolières sont-elles tenues de nouer des relations suivies avec les États producteurs propriétaires du domaine minier. Aucune autre matière première ne nécessite une telle démarche.
Par leur taille, leur chiffre d'affaires, la diversité de leur activité, ces groupes multinationaux ont une puissance surdimensionnée par rapport à certains États producteurs avec lesquels ils traitent. Le chiffre d'affaires des premiers groupes pétroliers mondiaux représente l'équivalent voire trois à quatre fois le PIB de certains États exportateurs. Le chiffre d'affaires d'Exxon, premier producteur mondial s'élevait en 1998 à 115,6 milliards de dollars, le PIB du Nigeria à 108 milliards de dollars, celui du Cameroun à 26,4 milliards de dollars, celui de l'Angola à 16,7 milliards de dollars, celui du Gabon à 8,7 milliards de dollars et celui du Tchad à 6,9 milliards de dollars. Quoi que fassent les compagnies pétrolières, leur implantation dans un pays a forcément un impact considérable.
Les chocs et contrechocs pétroliers ont accentué la mondialisation du marché du pétrole. Quand en novembre 1998 la mission a tenu ses premières réunions, les cours du pétrole étaient en chute libre pour tomber à un niveau inférieur à celui du premier choc pétrolier de 1973: 10 dollars le baril. Depuis, les cours ont remonté à 20 dollars le baril, déjouant les prévisons pessimistes que la mission a entendues.
Les processus de fusion ont transformé les grands groupes pétroliers, accentuant leurs caractères multinationaux. A la fusion d'Exxon et de Mobil ont répondu celles de BP-Amoco avec Arco, de Total avec Fina et plus récemment le projet de fusion TotalFina Elf-Aquitaine. Ce projet aura un impact certain en France. (...)
Au XXème siècle, aucune autre matière première, fût-elle très précieuse, n'a suscité autant de tensions, voire de guerres (la Guerre du Golfe en est la parfaite illustration), d'interventions secrètes, de flux financiers occultes, de vraies fausses sociétés... Une certaine opacité caractérise dans certains pays l'utilisation de la rente pétrolière. Malgré les redevances versées, les populations ne bénéficient d'aucune retombée en terme de développement, bien au contraire.»
Source: Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale française, Rapport d'information sur le rôle des compagnies pétrolières dans la politique internationale et son impact social et environnemental (no 1859, 13 octobre 1999): tome 1 (rapport). Rapporteurs: Marie-Hélène Aubert, Pierre Brana et Roland Blum |
| Documentation |
Paul Roberts, The End of oil, Houghton Mifflin, 2004.
Interview de l'auteur dans Mother Jones.
Richard Heinberg, The party's over, New Society Publishers, 2003.
Lutz Klaveman, The new Great Games: Blood and Oil in Central Asia, Atlantic Monthly Press, 2003.
Kenneth Deffeyes, Hubbert's Peak: The Impending Worl Oil Shortage, Princeton University Press, 2001.
Vidéo et DVD
The End of Suburbia, Oil Depletion and The Collapse of the American Dream.
info@thefilmconnection.org |
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| | Vers un troisième choc pétrolier ? | | Sénat français | | 1. Une hausse récente des cours des hydrocarbures Le monde est à nouveau entré en 2005 dans une ère de pétrole cher. Le baril de pétrole a franchi les seuils historiques de 60 dollars le 23 juin 2005 et de 70 dollars le 30 août 2005 du fait de craintes de pénuries sur les marchés mondiaux. En dollars constants, cette hausse ne correspond encore qu'à 65 % du prix effectivement atteint par les cours pétroliers lors du deuxième choc pétrolier en 1979. |
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