| Chambardement global: la réplique du monde rural |  Actes de la 15e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec. Thèmes principaux : Reconversion des territoires, Adaptation aux changements climatiques, Culture et économie, Énergie et développement rural, Gouvernance. |
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| Rencontres |
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| Essai sur l'Europe |  CHANTAL DELSOL INTERROGE JEAN-FRANCOIS MATTEI, PHILOSOPHE, SUR SON LIVRE "LE REGARD VIDE"
Dans cette belle description du génie européen (génie au sens premier de “caractère propre”), je vois d’abord une forte croyance européocentrée : dès les premières pages, vous citez Husserl et plus loin Patocka, son disciple, et l’on a le sentiment que vous les rejoignez dans vos analyses successives : l’Europe serait-elle donc, comme le disait autrefois Brugmans, “la métropole du genre humain” ?
Je m’inscris effectivement dans la lignée de Husserl, de Patocka et de Hegel, mais aussi de Baudelaire, de Proust ou de Kundera. Il s’agit d’envisager ce qui a fait l’originalité de la culture européenne dans le sens étendu qui était celui que Cicéron a donné au mot cultura. Or, les œuvres majeures de notre patrimoine, ce que Braudel nommait ses « unités brillantes » pour qualifier leur rayonnement universel, soulignent la spécificité du regard que l’Europe a porté sur le monde.
Ce “regard” est d’ordre théorique en ce qu’il vise intentionnellement une idée éloignée de toute empiricité : l’idée de vérité, l’idée de justice, l’idée de bien ou l’idée d’humanité.
Husserl écrivait en ce sens que l’Europe a toujours visé un “télos”, une fin transcendantale, de sorte que l’homme européen est devenu « un spectateur désintéressé, un regard jeté sur le monde ». Certes, d’autres peuples s’étaient interrogés sur le monde et sur l’homme. Mais jamais leur regard n’a franchi les limites d’une représentation centrée sur son propre foyer : la Chine a découvert d’autres pays, mais ne les a pas soumis à une connaissance universelle. Au contraire, l’Europe a toujours posé un regard excentré sur son monde pour appréhender les autres, comme le montre l’invention de l’anthropologie. >> |
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| Patrie |
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| Enjeux |
| Nous qui avons été sans patrie dès l’origine, nous n’avons pas le choix, il faut que nous soyons des conquérants et des explorateurs : peut-être laisserons-nous à nos descendants ce qui nous fait défaut à nous-mêmes, peut-être leur laisserons-nous une patrie. (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra) |
| Essentiel |
Ne priver aucun être humain de ses metaxu, c'est-à-dire de ces biens relatifs et mélangés (foyer, patrie, traditions, culture, etc.) qui réchauffent et nourrissent l'âme et sans lesquels, en dehors de la sainteté, une vie humaine n'est pas possible.
Les vrais biens terrestres sont des metaxu. On ne peut respecter ceux d'autrui que dans la mesure où l'on regarde ceux qu'on possède seulement comme des metaxu, ce qui implique qu'on est déjà en route vers le point où l'on peut s'en passer. Pour respecter par exemple les patries étrangères, il faut faire de sa propre patrie, non pas une idole, mais un échelon vers Dieu. (Simone Weil, La pesanteur et la grâce)
P.S. Metaxu est un mot grec singnifiant intermédiaire. |
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| | Le Patriotisme | | Journaliste anonyme | | Voici comment un journaliste anonyme définit le patriotisme en 1790. | | | Petite patrie | | Edmond Robillard | | Pays, espoir, terroir | | « Immense cher pays
que nous ferons plus grand
par le tenace espoir
de nos bras enlacés! Oui, nous avons peiné
oui, nous avons saigné
pour toi, sacré terroir
avare, dur et doux! Tes monts, tes bois, tes eaux
ont buriné notre âme
et, quand nos corps pourris
enrichiront ton sol,
nos coeurs battront encor
au rythme de ta vie. » |
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