| Chambardement global: la réplique du monde rural |  Actes de la 15e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec. Thèmes principaux : Reconversion des territoires, Adaptation aux changements climatiques, Culture et économie, Énergie et développement rural, Gouvernance. |
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| Rencontres |
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| Revue Argument: L'état des lieux en éducation au Québec |  La revue québécoise Argument vient de publier un tout nouveau numéro qui consacre un dossier complet et percutant sur la réforme scolaire au Québec. En éditorial de ce numéro spécial, le rédacteur en chef de la revue et membre fondateur du CEQ, Éric Bédard, évoque une nouvelle guerre des éteignoirs qui oppose désormais des doyens de faculté, professeurs d’université et fonctionnaires du ministère de l’Éducation, qui ont remplacé les anciens paysans bornés d’autrefois rétifs à l’impôt scolaire, aux défenseurs d’une école encore vouée à la transmission d’un patrimoine culturel commun. Le renouveau pédagogique brandi par les nouveaux « éteignoirs » de l’instruction met en péril la capacité de « transmettre la grammaire de ce que nous sommes », écrit Bédard. Le dossier réunit des contributions des pédagogues bien connus Normand Baillargeon et Gérard Boutin, des politologues Marc Chevrier et François Charbonneau, du journaliste Mathieu-Robert Sauvé, des philosophes Carole Proulx et Aline Giroux et de la sociologue Nicole Gagnon. Comme l’écrit l’historienne Louise Bienvenue, présentatrice de ce dossier spécial : « …l’école ne saurait être qu’une organisation poreuse aux modes pédagogiques et aux exigences fluctuantes du marché. Nul besoin d’être nostalgique du cours classique ou partisans d’un autoritarisme à l’ancienne pour penser que laissé à lui-même, le pédagogisme à la québécoise est allé bien loin. » >> |
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| Médicament |
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| Outre sa formule chimique efficace, à laquelle on veut trop souvent le réduire, le médicament a son aura: les effets inexplicables ou placebo, et son ombre: les effets indésirables. Le docteur François Dagognet qui, dans La raison et les remèdes, consacre plus de cent pages au problème de la définition de son objet, présente ainsi le statut privilégié du remède: «à la fois science et réviviscence, modèle chimique et force rénovatrice, il représente la science faiseuse de miracles». |
| Enjeux |
Il faut le connaître pour pouvoir l'utiliser, mais on ne le connaît qu'en l'utilisant.»
François Dagognet
Les médicaments traînent toujours leur ombre derrière eux: les effets indésirables. Ces effets indésirables, aussi appelés secondaires (ou ADR pour adverse drug reactions) on les connaît de mieux en mieux. On sait par exemple qu'aux États-Unis, ils sont plus mortels que les accidents de la route (source: JAMA Journal of the American Medical Association, mai 1998). Une autre étude menée en Alabama et publiée par l'American Family Physician établit à 136 milliards de dollars par année le coût des maladies provoquées par les médicaments. Le British Medical Journal a montré que le problème est aussi grave en France, où le mauvais usage des médicaments serait la cause de 130, 000 hospitalisations chaque année.
Les médicaments prescrits sur ordonnance tuent plus que les accidents de la route, la pneumonie ou le diabète. C’est la conclusion d’une enquête menée par le Journal of the American Medical Association (JAMA), selon laquelle les effets secondaires indésirables constitueraient la quatrième cause de mortalité aux États-Unis, juste derrière les maladies cardio-vasculaires, le cancer et les attaques d’apoplexie.
Tous les médicaments ont à la fois le pouvoir de soigner et de rendre malade. Les docteurs qui les prescrivent le savent bien. Mais les chercheurs eux-mêmes ont été surpris par l’ampleur du phénomène. Les effets secondaires indésirables provoqueraient aux États-Unis entre 76,000 et 137,000 décès par an, sans compter les quelque 2,2 millions de cas non mortels, mais ayant entraîné des troubles graves. «Nous avons été effarés», lâche Bruce Pomeranz, chercheur à l’université de Toronto et coauteur d’un article qui passe en revue 39 études réalisées sur plus de trente ans. Les chiffres sont d’autant plus inquiétants que les chercheurs ont exclu les cas où les produits avaient été mal prescrits ou mal utilisés. «L’origine de la prescription n’est pas en cause, précise M. Pomeranz. En fait, ce n’est pas une question de qualité des soins.»
Les effets secondaires indésirables entrent dans deux grandes catégories: l’«excès d’efficacité» - quand, par exemple, un hypotenseur fait trop baisser la tension - et les réactions imprévues par méconnaissance des mécanismes d’action du produit - atteintes hépatiques provoquées par le paracétamol, par exemple. De plus - et c’est ce qui rend les chiffres du JAMA plus choquants encore - les effets indésirables sont rarement signalés: un décès sera ainsi enregistré comme une insuffisance rénale, et non comme un effet secondaire responsable d’une insuffisance rénale. Dans certaines des études prises en compte par le JAMA, cependant, un chercheur était présent et enregistrait les informations au moment du décès. Mais en général, bien qu’ils soient tenus de faire des rapports à la Food and Drug Administration (FDA), la plupart des médecins, déjà submergés de paperasserie, négligent cet aspect de leur travail. En 1994, la FDA n’a ainsi été informée que de 3,500 décès dus à des effets indésirables.
Les effets médicamenteux sont ils différents selon les individus?
L’idée de la petite pilule mortelle est d’autant plus effrayante que les médicaments occupent une place centrale dans la médecine moderne. Courtisés par les laboratoires pharmaceutiques dès leur entrée à l’école de médecine, les praticiens s’en remettent à ces produits qui sont leur premier outil de traitement. Les ordonnances sont parfois rédigées pour mettre un terme à une consultation, car les patients exigent de se voir prescrire des médicaments, même s’ils sont inutiles. L’exemple classique concerne les prescriptions d’antibiotiques pour traiter la grippe, alors qu’ils n’ont aucun effet sur les infections virales. «On adore les ordonnances», ironise Raymond Woosley, directeur du département de pharmacologie à l’université Georgetown de Washington. «Ainsi avalons-nous des pilules sans réfléchir aux conséquences.»
Il n’est évidemment pas question de rayer de la carte les médicaments prescrits sur ordonnance. En revanche, il serait possible de réduire sensiblement les risques en luttant aussi sérieusement contre les effets indésirables qu’en faveur de la sécurité routière. A l’heure actuelle, la FDA ne perçoit que 9 millions de dollars par an pour suivre les produits pharmaceutiques après leur mise sur le marché. Or c’est bien là que se révèlent les effets secondaires imprévus. Il a ainsi fallu attendre la diffusion à grande échelle du Seldane, un antihistaminique, avant de découvrir qu’en association avec des antibiotiques il risquait de provoquer une arythmie cardiaque. L’industrie pharmaceutique, qui réalise un chiffre d’affaires de 81 millards de dollars grâce aux seuls produits vendus sur ordonnance, commence à peine à se demander pourquoi l’on métabolise les médicaments différemment en fonction de l’âge, du sexe et de l’appartenance ethnique. De leur côté, médecins et patients doivent se souvenir que le remède est parfois pire que le mal.
Source de ce résumé: US News and Word Report
La situation en France
Est-il normal qu'un médicament qui vous a été prescrit pour vous soigner vous conduise à l'hôpital ? A priori, non. Mais les médicaments sont des produits actifs qui peuvent présenter des effets indésirables quelquefois inévitables. Alors y-a-t-il lieu de s'inquiéter?
À en croire les résultats d'une étude française publiée récemment dans le Bristish Medical Journal en tout cas, le problème ne peut plus être considéré comme anodin dans notre pays. Les estimations montrent en effet qu'au moins 130,000 hospitalisations chaque année seraient dues aux effets indésirables des médicaments. Le thème n'est pas nouveau, mais si des études de ce type ont déjà été réalisées en France, celle-ci est suffisamment représentative pour proposer un état des lieux fiable.
Or, le chiffre de 130,000 hospitalisations serait largement sous-évalué aux dires des promoteurs de l'étude. «En effet, indique le Dr Françoise Haramburu, pharmacologue, qui a participé à cette étude, la plupart des effets secondaires des médicaments n'impliquent pas une hospitalisation. D'autres, malheureusement, sont trop fulgurants et n'arrivent même pas à l'hôpital. En outre, cette étude n'a été réalisée que dans des services publics de médecine. Or, les patients peuvent être hospitalisés ailleurs, en service de chirurgie par exemple ou dans des établissements de soins privés». Il ne s'agirait donc que de la partie émergée de l'iceberg.
En somme, un vrai problème de santé publique dont la gravité humaine et le coût économique ne doivent pas être sous-estimés. Sur les 100 patients de l'étude hospitalisés pour des effets indésirables, 78 ont recouvré la santé mais 9 sont morts dont quatre directement à cause des effets secondaires et 9 ont des lésions irréversibles. Quant au coût financier, les dépenses liées à ces hospitalisations (dont la durée moyenne est de 9 jours) représentent 2, 2 milliards de francs par an soit 1, 2 % du budget global des hôpitaux publics en France en 1996.
Source: Nancy Shute, auteure de nombreux articles sur Medsite
Coût des médicaments au Canada et aux États-Unis
Selon les nouvelles prévisions des dépenses en médicaments préparées par Santé Canada, le Canada a dépensé 10,8 milliards de dollars en médicaments en 1996. Ce chiffre représentait environ 14,4% des dépenses de santé totales, qui sont estimées à 75,2 milliards de dollars pour cette même année (source : Santé Canada).
En sept ans (1990-1997), les dépenses des six régimes provinciaux d’assurance-médicaments ont accusé une hausse de 44%. Pendant cette période, dans les six régimes provinciaux, les prix ont fluctué d’une hausse de 7% à une baisse de 11%. D’autres facteurs (des changements dans l’utilisation des médicaments existants, l'arrivée de nouveaux médicaments plus coûteux) ont été responsables de la majeure partie de la hausse de 44% (source : Santé Canada).
Aux États-Unis, le coût des médicaments s'accroît plus rapidement que celui des autres composantes du système de santé. Dans l'État de New-York, en 1999, les compagnies d'assurances ont pour la première fois déboursé davantage pour les médicaments (15.5%) que pour l'hôpital; un peu moins de 15% (source : Calnurse.org). |
| Essentiel |
Une société manipulée par des pilules de bonheur consommées en toute liberté? À intervalles réguliers, on nous avertit que cette prophétie d'Aldous Huxley est en voie de réalisation. Dans les Grands médicaments, ouvrage paru en France en 1975, le docteur Henri Pradal écrivait:
«Les tranquillisants apparaissent donc comme des agents extrêmement efficaces de stabilisation sociale, puisqu'ils déconnectent les personnes et tissent autour d'elles une gangue immatérielle mais parfaitement isolante et protectrice. Atténuant les pulsions critiques, assouplissant la rigidité des comportements, réduisant à presque rien les impatiences et les revendications, les tranquillisants font plus, pour le maintien de ce qui est, que toutes les forces d'information et de police. L'absence d'activités créatrices, la disparition des motivations par la responsabilité, l'orientation de tous les efforts vers l'acquisition d'objets ou de «signes» de puissance, l'obsolescence accélérée des acquis de haute lutte obligeant au renouvellement incessant et à l'innovation à tout prix, tout cela contribue à la consommation exponentielle des pilules de «bonheur» et nous conduit tout droit à un "meilleur des mondes" à la Huxley.»
Vingt-cinq ans plus tard, John Groves, du magazine Adbusters reprenait les mêmes thèmes, presque dans les mêmes mots. Entretemps, on est passé du valium au prozac, mais l'effet recherché est le même. Une donnée majeure a toutefois changé: les états dépressifs, que l'on tentera de soigner avec les mind drugs, sont de plus en plus fréquents ches les jeunes. Et les connaissances en neurologie ayant beaucoup progressé, les pilules proposées sont de plus en plus nombreuses et atteignent de mieux en mieux leur cible. |
| Documentation |
Rapport sur les politiques de forfaits de médicaments en Allemagne et aux Pays-Bas
Base de données sur les maladies rares et les médicaments orphelins
Annuaire des médicaments génériques
Entretien avec John Le Carré: L'industrie pharmaceutique utilise les pays pauvres pour tester de nouveaux médicaments (Construire, année 2001, no 13, 27 mars 2001)
Sylvie Fainzang, Médicaments et société. Le patient, le médecin et l’ordonnance, Paris, PUF, coll. «Ethnologies/Controverses» , 2001, 156 p. Compte rendu de Laurence Itam, Ethnologies comparées, no 3, automne 2001
Elisabeth Gilles, "Se soigner peut nuire à la santé", Allez savoir! Le Magazine de l'Université de Lausanne, no 22, février 2002: "'Toute substance active sur le plan pharmacologique comporte un risque', écrit Jacques Diezi, professeur de pharmacologie et toxicologie à l’Université de Lausanne, dans un ouvrage intitulé Les médicaments sont-ils (tous) dangereux?"
Document d'archives: Les médicaments dans les hôpitaux du Roi, en France au XVIIIe siècle (Arisitum)
Documents sonores:
Paris lance un cri d'alarme en faveur de la politique brésilienne de copie des médicaments anti-sida. Vous pouvez écouter en Real Audio le reportage de Yanick Villedieu (émission «Les Années lumière», Radio-Canada, 4 février 2001)
Médicaments et personnes âgées. On peut écouter en Real Audio le reportage de Marie-Hélène Poirier. Invités: Suzanne Gilbert, chef du département de pharmacie de l'Institut universitaire gériatrique de Montréal. Jean-Philippe Lambert, pharmacien au Centre hospitalier de l'Enfant-Jésus. Louise Papillon-Ferland, étudiante en pharmacie à l'Université de Montréal (émission «Les Années lumière», Radio-Canada, 1er avril 2001) |
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| Les pilules c’est fait pour vendre, pas pour prendre | | Josette Lanteigne | | Industrie pharmaceutique, lobby pharmaceutique, ristournes, génériques, médicaments brevetés, médicaments d'ordonnance, recherche, publicité, vente, santé publique | | Il vient un moment où il faut choisir entre la réglementation et l'usage. |
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  |  | Terminologie / Traductions |
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| Synonymes |
| Remède |
| Étymologie |
| Du latin medicamentum. |
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| Allemand |
| Medizin |
| Anglais |
| Drug |
| Espagnol |
| Medicamento |
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