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| Birmanie (Myanmar) |
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"Pays d'Asie du sud-est. Jusqu’en 1989, le pays était connu sous le nom de Birmanie (Burma dans le monde anglophone). En 1989, le gouvernement décréta que le nom officiel du pays serait dorénavant Myanmar.
Traversé par le tropique du Cancer, le Myanmar est bordé par la Chine au nord et au nord-est, par le Laos et la Thaïlande à l’est, et par le Bangladesh et l’Inde à l’est. Le golfe du Bengale et la mer d’Andaman baignent le pays au sud.
Le pays se divise en cinq grandes zones: les montagnes septentrionales, les montagnes occidentales, le plateau Shan, la dépression centrale et les côtes.
Les monts Kumon, au nord, sont couronnés de neiges éternelles; ils font partie du massif himalayen. Leur point culminant est le mont Hkakabo Razi (5889 m), à l’extrême nord du pays. C’est le mont le plus élevé de l’Asie du Sud-Est. Les vallées sont couvertes de végétation subtropicale et de rizières en terrasses. Les montagnes occidentales forment la frontière avec l’Inde.
Le plateau Shan, à l’est du pays, est traversé par le Salouen, fleuve encaissé dans des gorges profondes. Le climat de la région est propice à la culture des agrumes et des légumes, ainsi qu’à la production de bois d’œuvre; thé, café, riz, coton et opium y sont aussi cultivés. C’est dans le bassin central, semi-aride, où ne poussent guère que des cactus et des acacias, que se situent les villes de Mandalay et de Pakokku.
Le principal fleuve du Myanmar, l’Irrawaddy, prend sa source dans l’Himalaya et traverse le pays du nord au sud avant de se jeter dans la mer d’Andaman. Le fleuve sert à l’irrigation et au transport; on y trouve de nombreuses espèces de poissons et de crevettes. La région du delta est très fertile. La capitale du pays, Yangon (Rangoon), est située à l’est du delta. Les côtes du Tenasserim au sud-est et de l’Arakan au nord-ouest sont rocheuses. Il y a plus d’un millier d’îles au large des côtes.
Il y a trois saisons au Myanmar. La saison sèche dure de mars à mai. La saison de la mousson commence en mai ou juin ; il fait alors chaud et humide, surtout dans le delta et les autres régions côtières. Entre novembre et février, le temps est plus frais et très agréable.
On trouve encore des tigres dans les forêts myanmares, mais ils sont menacés, comme les éléphants, qu’on peut surtout voir dans les zones d’agriculture et de coupe du bois. Parmi les serpents, certains sont venimeux, dont les bongares et les vipères. Bien qu’il y ait trois parcs nationaux et dix-sept réserves au Myanmar, les lois protégeant la faune ne sont pas très strictes. Les tigres sont la proie des braconniers; leurs organes, qui seraient source de puissance dans la pharmacopée traditionnelle chinoise, sont exportés illégalement pour alimenter l’industrie pharmaceutique chinoise."
L'économie et le monde du travail
"Le Myanmar est connu comme le pays du riz et des fleuves. Près de 70 % de la population est agricole. Le pays a jadis été un important exportateur de riz, mais depuis le milieu des années 1960, la production a diminué, alors que la population a augmenté, si bien que presque tout le riz produit s’avère aujourd’hui nécessaire à la consommation locale.
Piments forts, citronnelle, oignons, haricots, tomates, mangues et melons figurent parmi les principales cultures maraîchères. On cultive aussi le coton pour l’industrie du vêtement et le jute pour la fabrication de corde. Les gens qui vivent près des forêts tirent parfois leur subsistance de la récolte du teck et de cèdre rouge. L’arbre à caoutchouc est cultivé dans le Tenasserim.
Certaines tribus montagnardes cultivent encore le pavot pour la production d’opium et d’héroïne. Cette culture fut introduite par les Britanniques, qui troquaient l’opium contre des épices et des bijoux. Dans les années 1950, les forces anti-communistes chinoises établirent des camps dans les montagnes, où le gouvernement n’avait aucun contrôle. De là, elles attaquaient la Chine communiste, tout en cultivant l’opium pour financer leur combat. Le gouvernement tente aujourd’hui d’arrêter le trafic d’opium. Pour y arriver, on encourage les tribus montagnardes à subvenir à leurs besoins par la culture du sarrasin, du caoutchouc, de la canne à sucre et du riz.
Le Myanmar a de grandes réserves de gaz et de pétrole brut; c’est d’ailleurs le berceau de la compagnie pétrolière Burmah. Dans les régions centrales, on extrait rubis et jade de grande qualité, de même qu’argent et or. D’un rouge profond, les rubis de Mogok sont très recherchés. On pêche également des perles au large des côtes. Depuis 1993, le pays s’est lancé dans la taille des pierres précieuses et dans la production commerciale de bijoux. Le Myanmar a gagné des prix pour la qualité de ses pierres précieuses et de sa joaillerie; la qualité des pierres précieuses du Myanmar lui a valu notamment le Golden Europe Award.
Bon nombre d’industries, dont la pétrochimie, les chemins de fer, les pierres précieuses et le bois d’œuvre, sont sous contrôle gouvernemental. Les investissements étrangers se retrouvent surtout dans l’industrie du pétrole et du gaz. Bien que le gouvernement encourage le tourisme, les restrictions quant aux déplacements à l’intérieur du pays et la pénurie d’hôtels posent des problèmes.
L’artisanat du Myanmar est de grande qualité, notamment la broderie aux fils d’or et d’argent, la sculpture du bois et de l’ivoire, le tissage et les laques."
Santé publique
"Bien que les soins de santé soient gratuits au Myanmar, la malnutrition et la maladie touchent une grande partie de la population. Il n’y a pas suffisamment d’hôpitaux, et si les médecins sont bien formés, ils sont trop peu nombreux, comme les infirmières. Il n’est donc pas possible de traiter tous ceux qui ont besoin de soins. On manque également d’équipement médical et de médicaments. Entre 1985 et 1995, seulement 60 % de la population avait accès aux soins de santé. L’espérance de vie au Myanmar est de 54,5 ans pour les hommes et de 57,9 ans pour les femmes.
Les Myanmars sont particulièrement touchés par la typhoïde, la dysenterie et l’hépatite, causées par l’ingestion de nourriture et d’eau contaminées. La consommation de légumes non lavés ou de viande crue peut par ailleurs donner des vers. Sévissent aussi la malaria et la dengue, transmises par des insectes, de même que le tétanos et la rage, transmis par les morsures de chiens, de chats ou de singes. Le sida se propage à une vitesse alarmante.
Comme d’autres pays en voie de développement, le Myanmar tente d’améliorer l’hygiène publique. Au début des années 1990, seulement 38 % de la population avait accès à de l’eau potable. Il existe plusieurs bons hôpitaux et de bonnes cliniques à Yangon, dont le Diplomatic Hospital, le University Hospital et le Yangon General Hospital.
Les soins aux enfants s’améliorent lentement. Plus de 80 % d’entre eux sont immunisés contre la tuberculose et plus de 75 % contre d’autres maladies, dont la rougeole ou la diphtérie. La malnutrition reste cependant un problème: près de 2 millions d’enfants souffrent de la faim au Myanmar.
Quand quelqu’un est hospitalisé, amis, parents et collègues lui rendent régulièrement visite. Dans les régions rurales, comme les repas ne sont pas toujours fournis au patient, ses proches font un feu de bois dans l’enceinte de l’hôpital pour lui faire cuire de la nourriture.
Au Myanmar, les soins entourant l’accouchement sont souvent dispensés par une sage-femme, ou let-thare, qui s’occupera aussi des tâches ménagères.
Bon nombre de familles se soignent avec des remèdes traditionnels. Le thwezay est un tonique utilisé surtout par les femmes, et le yesah, une poudre digestive à base de plantes qu’on trouve dans tous les foyers et qui est considérée comme un remède universel. Gingembre et sucre du palmier caryota sont des ingrédients de base de ce genre de préparations."
Le monde de l'éducation
"Autrefois, au Myanmar, l’instruction était dispensée dans les monastères bouddhistes, surtout en milieu rural. Aujourd’hui, les monastères continuent de jouer un rôle important dans l’éducation des garçons. Ainsi, pour leur cérémonie d’initiation shin-pyu, à l’âge de neuf ans, les garçons passent plusieurs semaines dans un monastère où ils apprennent à réciter les sutras (textes bouddhistes). Soumis à une discipline sévère, ils doivent s’acquitter de travaux divers et apprennent à s’adresser à leurs supérieurs.
Le système d’éducation myanmar est laïque. Enseignants et élèves portent des uniformes verts et blancs. L’école est gratuite et obligatoire pour les enfants de 5 à 9 ans; au secondaire et à l’université, il faut payer de modestes frais. Le primaire dure quatre ans, ainsi que le premier cycle du secondaire ; le deuxième cycle du secondaire dure deux autres années. Pour être acceptés au niveau supérieur, les élèves doivent passer des examens et la concurrence est très grande. En région rurale, de nombreux enfants quittent l’école après seulement quatre ans parce que leurs familles ont besoin d’eux pour le travail agricole.
À l’école, les enfants apprennent le birman et l’anglais, ainsi que l’histoire, la géographie, les mathématiques, les sciences et les sciences sociales. Le gouvernement tente d’améliorer l’éducation en construisant davantage d’écoles et en encourageant les parents à y envoyer les enfants.
Après l’école secondaire, les étudiants se dirigent vers le collège professionnel, l’école normale (formation des maîtres) ou l’université. Les collèges professionnels enseignent la comptabilité, l’informatique, certains cours de génie ainsi que l’entretien et la réparation de machines.
Le gouvernement a réorganisé l’enseignement universitaire et augmenté les fonds qui y sont alloués pour répondre aux revendications de la population. Les deux universités les plus importantes sont situées à Yangon et à Mandalay.
La médecine, le génie et l’architecture sont des domaines courus qui mènent à des emplois bien rémunérés. Beaucoup de femmes se dirigent en obstétrique, gynécologie ou pédiatrie parce que la culture du Myanmar interdit aux hommes médecins tout contact physique avec les patientes."
Langues parlées
"Le birman, qui fait partie de la famille des langues tibéto-birmanes, est la langue principale au Myanmar, mais on y parle aussi environ 135 autres langues et 4 dialectes majeurs.
Le birman est une langue à tons comme le chinois, le thaï ou le laotien. Chaque syllabe peut en fait se prononcer de cinq façons: il y a trois tons (haut, moyen et bas) et deux accentuations (avec arrêt glottal ou syllabe courte non accentuée). Selon le ton, le mot kya signifie «tigre», «tomber» ou «unité monétaire». Le mot taung peut pour sa part désigner un panier ou une montagne. Le birman s’écrit avec une écriture à caractères arrondis qui comprend 30 consonnes, 7 voyelles et 2 diphtongues."
Religions et croyances
"Plus de 85 % de la population du Myanmar est bouddhiste. La forme de bouddhisme dominante est la croyance theravada, qui fut d’abord pratiquée par les Môns, convertis au bouddhisme par des missionnaires indiens au IIIe siècle. Le bouddhisme fut renforcé par l’arrivée, entre les vie et Xe siècles, d’autres missionnaires du Sri Lanka.
Le bouddhisme est une religion sans dieu, basée sur les enseignements du prince indien Siddhartha Gautama, qui vécut au vie siècle avant notre ère. Il devint le Bouddha ou « Celui qui s’est éveillé à la Vérité ». Siddhartha Gautama enseignait que la souffrance est le résultat du désir et qu’on ne peut se libérer de la souffrance sans se libérer du désir. La Voie aux huit vertus mène à ce but : compréhension parfaite, pensée parfaite, parole parfaite, action parfaite, moyens d’existence parfaits, efforts parfaits, attention parfaite, concentration parfaite.
Le bouddhisme insiste sur la compassion, la sérénité et la sagesse. Le Bouddha enseignait aussi que la vie est un cycle de naissances et de morts et que le nirvana (libération de la souffrance) n’arrive qu’à la fin de ce cycle. Avec le temps, deux écoles de pensée se sont développées. Les Bouddhistes theravada croient que chacun doit arriver au nirvana par ses propres efforts. Les Bouddhistes mahayana croient que les gens peuvent s’approcher du nirvana sans toutefois l’atteindre et que cet état de sérénité suprême se produira seulement quand l’humanité entière sera prête à être sauvée. La plupart des Myanmars sont de croyance theravada.
Les Bouddhistes s’élèvent spirituellement grâce à la vénération, la méditation, la charité et les pèlerinages; ils peuvent aussi commanditer la construction d’une pagode ou se faire bonzes. Les Bouddhistes sonnent une cloche pour indiquer au monde qu’ils ont accompli un acte méritoire. Au Myanmar, tous les petits garçons doivent passer un certain temps dans un pongyi kyaung (monastère) Ils devront y retourner une fois adultes. Les fils aînés se font souvent bonzes.
Le bouddhisme myanmar comprend des éléments du culte nat, qui est antérieur à la période bouddhiste et repose sur la croyance aux esprits. Certains nats sont les esprits de gens importants décédés, tandis que d’autres sont associés à des endroits particuliers. Il y a des nats protecteurs et des nats destructeurs: ces derniers entrent en possession de personnes, qui seront ensuite rejetées par la société. Pour se protéger des nats destructeurs, les gens leur font des offrandes, mais il arrive qu’on doive demander à un bonze d’exorciser une personne possédée."
Fêtes
"Au Myanmar, le Nouvel An se célèbre pendant la saison chaude (avril) et s’appelle thingyan, ou fête de l’Eau. La tradition veut que ce jour-là tout le monde s’arrose à pleins seaux d’eau: seuls les fonctionnaires, les femmes enceintes et les bonzes et bonzesses sont épargnés. C’est ainsi qu’on se nettoie des péchés de l’année qui vient de finir et qu’on accueille le Nouvel An. On lave aussi les images du Bouddha. C’est la plus grande fête du pays. Elle peut s’étendre sur trois ou quatre jours: ce sont les astrologues brahmaniques, ou ponnas, qui en déterminent la durée.
La fête du Bouddha est célébrée en mai. Elle coïncide avec la nouvelle lune de la naissance du Bouddha et avec celle où il s’est éveillé à la Vérité et a atteint le nirvana. Le jour de la pleine lune de juin, partout dans le pays, les étudiants sont testés sur leurs connaissances des écritures bouddhistes.
La période d’abstinence bouddhiste commence le jour de la pleine lune de juillet. Pendant trois mois, on commémore la conception du Bouddha, sa renonciation aux biens de la terre et son premier sermon après l’éveil à la Vérité. Pendant cette période, personne ne se marie ni déménage, et les bonzes ne voyagent pas.
La fête du « Tirage au sort » a lieu à la pleine lune d’août. Ce sont sept jours d’aumônes et d’offrandes religieuses. On tire au sort pour déterminer qui offrira de la nourriture aux pongyis (bonzes). Pendant la fête du canotage en septembre, les gens participent à des concours d’aviron à une jambe et à des régates sur les rivières et les lacs.
La fête des Lumières, en octobre, indique la fin de la période d’abstinence et le début de la saison fraîche. On allume des lampes à huile et des chandelles dans les monastères, les pagodes, les demeures et les arbres pour célébrer la descente du Bouddha parmi les humains. C’est généralement à cette saison que les gens se marient.
Le jour de la pleine lune de novembre, se tient tous les ans un concours de tissage pour les jeunes filles à marier. Décembre est le mois des fêtes nats, et janvier, celui des grandes fêtes dans les temples: les gens chantent, dansent et offrent des cadeaux aux bonzes. La fête des Récoltes a lieu en février (on fait alors don de la première récolte aux monastères) et celle des Pagodes, en mars."
Culture
"Les Myanmars adorent les pwes (spectacles), quelle que soit l’occasion: fêtes religieuses, mariages, etc. Les pwes varient de la comédie burlesque aux pièces religieuses. Joués sur une scène mobile, ils durent parfois toute la nuit, au son des tambours, des gongs et des cymbales. Le zat pwe est une pièce religieuse, le anyei pwe, une comédie, le yein pwe, un spectacle de chants et de danses, et le yok thei pwe, un spectacle de marionnettes. Le nat pwe honore les nats, ou esprits, et n’a lieu que pendant les fêtes nats.
Les fêtes nats ont leurs propres danses, pendant lesquelles les danseurs invitent les nats à prendre possession de leur corps. Les danses classiques, souvent exécutées par des femmes, reposent sur des mouvements précis et des gestes stylisés. Ces danses représentent parfois des histoires de la vie du Bouddha. Plusieurs instruments sont propres à la musique myanmar, tels le saung kauk, harpe à treize cordes en forme de bateau, le hne, instrument à vent, et le kyay naung, jeu de gongs en laiton. Dans les campagnes, les chants aident à contrer la monotonie du pilage du riz ou du tissage.
L’artisanat traditionnel est très développé au Myanmar. On y fait de beaux laques, principalement à Pagan et à Pyay. Mandalay est reconnue pour son travail des métaux. La sculpture sur bois et les tissus brodés sont aussi renommés, de même que le tissage ; le cheik est un tissage de soie orné de motifs onduleux ou torsadés.
Le Myanmar est célèbre pour ses pagodes et ses temples magnifiques. Il existe deux principaux types de bâtiments religieux : d’une part les zedis, qui abritent une relique sainte — un fragment du corps du Bouddha ou quelque chose qu’il a touché ou utilisé — et qui, en général, sont en forme de cloche; d’autre part les pahtos, qui sont carrés et servent à la méditation. Zedis et pahtos sont décorés de sculptures ouvragées, de pierres et de métaux précieux, ou de peintures. La plupart abritent des statues du Bouddha en bois, en pierre ou en bronze.
La pagode Shwedagon à Yangon, qualifiée de «merveille éblouissante» par l’écrivain anglais Rudyard Kipling, a un dôme haut de 98 mètres. Couverte de 87 plaques d’or, 5445 diamants, 2325 rubis, saphirs et topazes, elle est couronnée d’une grosse émeraude et a 1500 cloches d’or et d’argent. La petite pagode Kyaik-tyo, au sud-est du pays, est construite au bord d’une falaise sur un gros rocher recouvert d’une couche d’or. Haute de 7 mètres, elle contient les cheveux du Bouddha. Perchée en position précaire sur le rocher, on a l’impression qu’elle est sur le point de s’abîmer dans la vallée."
Sports et loisirs
"La pratique de la boxe (myanma let-hwei) remonte à des centaines d’années au Myanmar. Des compétitions spéciales se tiennent lors des paya pwe, ou festivals des pagodes. Les matchs de championnat ont lieu au stade Aung Saun à Yangon. Comme à la boxe française, on peut frapper un adversaire avec n’importe quelle partie du corps, sauf la tête. Avant le match, les concurrents exécutent un rituel pour honorer le Bouddha. Le gagnant répète ces mouvements rituels à la fin du combat. Pendant le match, on joue du tambour, des cymbales et des claquettes de bambou. Quand le match s’intensifie, le rythme des instruments s’accélère.
Le chinlon est un autre sport traditionnel très apprécié. Il se joue avec une balle de rotin tissé d’environ 12 cm de diamètre. Six personnes, debout à l’intérieur d’un cercle, doivent se passer la balle sans la faire tomber en la frappant des pieds, des jambes ou des genoux. Dans une autre version du jeu, les joueurs se passent la balle par-dessus un filet de volley-ball en la frappant des jambes et de la tête.
Nombreux sont ceux qui aiment jouer au gonnyin, jeu qui consiste à lancer de gros noyaux de fruits sur une cible accrochée à un poteau pour l’en faire tomber. Un autre jeu très prisé lors des fêtes rurales consiste à grimper à un poteau de bambou enduit de graisse pour décrocher le prix placé tout en haut.
Le khe pai kauk, ou «l’aviron d’une seule jambe», est pratiqué par les Inthas sur le lac Inle. Debout sur une jambe à l’arrière d’une barque à fond plat, on enserre la rame avec l’autre jambe pour ramer. À l’origine, c’était une technique de travail qui permettait d’avoir les mains libres et de se reposer les bras, mais on tient maintenant des concours d’aviron à une jambe lors de certaines fêtes.
Le soccer est populaire au Myanmar. Dans les villes, les plus aisés jouent aussi au golf et au tennis. À Yangon et dans d’autres grandes villes, des marathons sont organisés pendant la saison fraîche.
Faire voler des cerfs-volants est un passe-temps traditionnel, qui disparaît cependant dans les villes en raison des gratte-ciel et de la circulation intense. Le cerf-volant myanmar, en forme de triangle, mesure environ un mètre, avec une queue plus ou moins longue, ornée de petits carrés multicolores. Les enfants aiment jouer avec des toupies en bois (kalatt gyin) en forme de poire. Les garçons les lancent debout, alors que les filles s’accroupissent pour les faire tourner à l’aide d’une corde."
Myanmar (Projet des Profils culturels)
© Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto
Reproduction autorisée par le site d'origine |

Temple bouddhiste à Sagaing, près de Mandalay. Photo prise en [1895].
Auteur : William Henry Jackson (1843-1942)
Source : William Henry Jackson - World's Transportation Commission Photograph Collection
Library of Congress, Prints and Photographs Division Washington, D.C.
Domaine public
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| Histoire |
Un regard sur l'histoire
"Le Myanmar était déjà peuplé par les Karens il y a plus de 4500 ans. Au vie siècle, les Môns, peuple bouddhiste, s’installèrent dans les régions côtières. Quand, au ixe siècle, les Birmans (ou Bamars) migrèrent dans la vallée du fleuve Irrawaddy, Môns et Birmans se disputèrent le territoire.
En 1044, le chef Anawrahta établit le premier empire birman, dont la capitale était Pagan, sur l’Irrawaddy. Converti au bouddhisme, il exigea que les Môns de la ville côtière de Thaton lui donnent leurs textes sacrés bouddhistes. Devant leur refus, il s’empara de la ville. Pendant son règne, Pagan devint la «ville aux quatre millions de pagodes».
Au XIIIe siècle, les Mongols, menés par Koubilaï Khan, envahirent le Myanmar et mirent à sac Pagan. Les Shans, qui venaient de l’est, attaquèrent aussi. Si la culture môn, près de Bago et de Yangon, dans le sud, demeura stable, le centre du pays fut quant à lui déchiré par les conflits. Au XVe siècle, un roi môn, Dhammazadi, fit renaître la culture bouddhiste dans le sud. Le nord du pays était dominé par les Shans de leur capitale, Ava (près de la ville actuelle de Mandalay). Le peuple rakhine établissait pendant ce temps sa culture sur la côte, vers l’ouest. Des Birmans ayant fui les Shans créèrent un nouveau foyer de culture birmane à Taungoo, au nord de Bago.
Au XVIe siècle, la dynastie Taungoo unifia le pays. La capitale fut déménagée à Ava. Au XVIIIe siècle, alors que Hollandais, Français et Britanniques se battaient pour le contrôle de l’Asie du Sud-Est, la dynastie Taungoo disparut (1752) à la suite d’une révolte môn soutenue par les Français. À la fin du xviie siècle, Alaungpaya, un Birman de Shwebo, près de Ava, battit les Môns, déporta les Français, brûla les postes de traite britanniques et établit un nouvel empire birman.
Au XIXe siècle, des conflits répétés opposèrent Birmans et Britanniques, qui contrôlaient déjà l’Inde. En 1852, les Britanniques déclarèrent la guerre et annexèrent les régions côtières. En 1885, ils conquirent la région centrale autour de Mandalay et annexèrent le pays à l’Inde britannique. Bon nombre d’Indiens s’installèrent au Myanmar. Les Britanniques laissèrent toutefois leur autonomie aux peuples karen, shan, kachin, chin et kayah, qui habitaient les régions montagneuses isolées.
En 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, les Japonais envahirent le pays. On leva une armée nationale, menée par Bogyoke Aung San, qui combattit d’abord les Britanniques ; puis, vers la fin de la guerre, l’armée s’allia aux Britanniques pour expulser les Japonais, qui avaient été très durs. Le 4 janvier 1948, le Myanmar obtint son indépendance. Les années qui suivirent furent difficiles à cause de luttes au sein du gouvernement, de la résistance des tribus montagnardes, des rébellions communistes et des tentatives menées par des groupes chinois pour s’emparer de territoires au nord. En 1962, Ne Win, à la tête d’un gouvernement militaire, prit le pouvoir et imposa un régime socialiste.
En 1988, le Conseil d’État pour la restauration de la loi et de l’ordre (SLORC) déclara la loi martiale. L’opposition fonda la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), un parti voué au changement sans violence. Sa porte-parole était Aung San Suu Kyi, fille de Bogyoke Aung San. Le NLD remporta les élections de mai 1989, mais les militaires refusèrent d’abandonner le pouvoir. Aung San Suu Kyi ainsi que d’autres membres du NLD furent arrêtés. La loi martiale est toujours en vigueur."
Myanmar (Projet des Profils culturels)
© Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto
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| Enjeux |
Contexte politique
- "Située le long de la mer d'Andaman et du golfe du Bengale, la Birmanie partage ses frontières avec la Thaïlande, le Laos, la Chine, l'Inde et le Bangladesh. Sa population, diversifiée sur le plan ethnique, est d'environ 50 millions d'habitants.
- L'actuel régime militaire a pris le contrôle de la Birmanie en 1988 sous le nom de Comité d'État de Birmanie pour la restauration de la loi et de l'ordre (SLORC), rebaptisé depuis Comité d'État pour la restauration de la paix et le développement (SPDC). La Ligue nationale pour la démocratie (LND), dirigée par Aung San Suu Kyi (ASSK), a remporté, à une écrasante majorité, les élections de 1990. Le SLORC a rejeté les résultats, prétextant qu'une nouvelle constitution devait être adoptée avant la passation des pouvoirs. Peu avant les élections, ASSK a été assignée à résidence, situation qui s'est prolongée durant six ans. Depuis la libération d'ASSK en 1995, il est devenu évident que le but du SLORC est de la marginaliser, parallèlement à la mise en chantier d'un projet de constitution qui garantisse le rôle de l'armée. ASSK, ainsi que certains dirigeants du LND, ont fait l'objet d'une nouvelle assignation à résidence à la suite des affrontements auxquelles a donné lieu sa tentative d'effectuer un déplacement à l'extérieur de Rangoon du 24 août au 21 septembre 2000.
- Bien qu'on ait fait état de discussions secrètes entre ASSK et le régime, la plupart des observateurs affichent un optimisme prudent, dans l'attente de preuves concrètes d'un changement positif de la part du SLORC.
- Même si l'armée birmane a négocié des cessez-le-feu avec la plupart des principaux groupes ethniques de Birmanie (les Karens étant les plus récalcitrants), ce qui a apporté une certaine stabilité au pays, la question fondamentale du partage du pouvoir avec les communautés n'a pas été résolue. Les attaques de l'armée birmane contre les Karens, ainsi que la mise en œuvre d'un vaste programme de réinstallation forcée dans l'État du Shan, ont entraîné l'afflux de centaines de milliers de réfugiés en Thaïlande, créant ainsi une situation d'urgence humanitaire. Les manifestants favorables à la démocratie ont fait l'objet d'attaques et d'arrestations périodiques de la part du SLORC.
- Les actions du SLORC ont été condamnées par la communauté internationale : différentes résolutions ont été adoptées par consensus par l'Assemblée générale et la Commission des droits de l'homme des Nations Unies. En l'an 2000, la Commission plénière de l'Organisation internationale du travail (OIT) a adopté une résolution interdisant toute participation de la Birmanie aux futures réunions de l'OIT, ainsi que toute coopération technique ou aide de l'Organisation à ce pays. Le directeur général de l'OIT, M. Juan Somavia, a déclaré en mars dernier que le gouvernement n'avait pas donné de suite effective à une décision blâmant la Birmanie, suite à la présentation d'un rapport faisant état de nombreux cas de travail forcé dans le pays. En juin 2000, l'OIT a voté à une écrasante majorité une résolution proposant l'adoption d'un certain nombre de sanctions contre la Birmanie pour non-respect de ses obligations au titre de la Convention no 29 de l'OIT sur le travail forcé. Les sanctions sont entrées en vigueur le 30 novembre 2000.
- Le diplomate malaisien Razali Ismail a été nommé représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et s'est employé à promouvoir un dialogue entre le régime et le LND. En juin et octobre 2000, puis en janvier 2001, M. Razali a effectué en Birmanie des visites au cours desquelles il a rencontré les principaux dirigeants du SLORC, Aung San Suu Kyi et les partis politiques représentant les minorités ethniques.
- Le SLORC n'a pas encore manifesté de réelle volonté de s'attaquer à la question de la production et du trafic des stupéfiants. Au mieux, il considère les stupéfiants comme étant seulement un aspect (et pas le plus important) de ses relations bilatérales avec la Thaïlande. En outre, il semble enclin à fermer les yeux sur les activités de certains groupes, telle la United Wa State Army, avec lesquels il a signé des cessez-le-feu. Dans le pire des cas, certains officiels du régime ont profité soit directement soit indirectement du trafic des stupéfiants.
Contexte économique
- Les principales exportations de la Birmanie: les légumineuses à grain et les fèves, le bois de teck, le riz et le bois de feuillus, sont destinées en tout premier lieu au marché de l'Asie du Sud-Est. Ses principales importations sont de la machinerie, du matériel de transport, des produits chimiques et des denrées alimentaires qui proviennent principalement du Japon et de ses voisins de l'Asie du Sud-Est.
- La Birmanie se classe au deuxième rang des producteurs d'opium, après l'Afghanistan; elle fournit la majeure partie de l'héroïne entrant illégalement au Canada.
- Il est peu probable que la Birmanie reçoive des prêts multilatéraux du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, à moins qu'elle ne déploie de véritables efforts de réforme. L'un des problèmes constants est l'instabilité monétaire et fiscale. Sans prêts multilatéraux, les deux plus grandes contraintes économiques de la Birmanie - l'absence d'infrastructure et la surévaluation de la monnaie - continueront à restreindre la croissance."
Survol du pays: Birmanie (Myanmar) (Service des délégués commerciaux du Canada
© Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada
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| Attraits |
La cuisine birmane
"La cuisine du Myanmar a subi l’influence des cuisines chinoise et indienne, mais elle a son propre caractère. La nourriture de base est le riz (htamin) servi avec des currys doux (hin) préparés avec des légumes, du poulet, du poisson ou des fruits de mer. Le ngapi, une pâte salée et piquante faite de poisson ou de crevettes fermentés, est utilisé pour aromatiser grand nombre de mets. Le mohinga, plat très populaire, est fait de nouilles de riz et d’une soupe de poisson jaune. Les salades de fruits et de légumes (thok) sont aussi très appréciées ; le magyi-ywet thok est fait de feuilles de tamarin et le shauk-thi thok, de pomelos, fruits similaires au pamplemousse.
Chaque région a ses plats favoris. Les nouilles de blé (khauk-swe) dans un bouillon de poulet mariné au chili sont typiques de la cuisine shan, de même que le htamin chin, salade de riz au curcuma, et le khauk sen, nouilles de riz au poisson. La cuisine môn contient habituellement du chili et du curry. Les Rakhines aiment les currys très pimentés, comme ceux de l’Inde ou du Bangladesh. Les fruits de mer sont populaires dans les régions côtières. Le talapo est un plat karen composé de riz et de pousses de bambou, de citronnelle et de pâte de poisson.
Dans la plupart des familles des régions rurales, on mange autour d’une table basse, assis sur des tabourets ou des nattes de roseaux. Tous les plats sont disposés sur la table en même temps et les gens se servent eux-mêmes. En ville, les maisons sont équipées de meubles de salle à manger. On mange avec les doigts de la main droite, mais les citadins utilisent habituellement une fourchette (hkyin) et une cuiller (zun). Les nouilles se mangent avec des baguettes (tu).
Les boissons courantes sont le thé vert, le jus de fruit, le lait de buffle ou la bière de Mandalay. Le htan yay (jus de palmier) est populaire en régions rurales. Doux et non alcoolisé le matin, il a déjà fermenté au milieu de l’après-midi.
Une chique de bétel termine souvent le repas. Ce masticatoire est préparé avec des feuilles de bétel et de tabac, de la noix d’arec et de la chaux, auxquelles on ajoute parfois de la menthe poivrée et d’autres épices."
Myanmar (Projet des Profils culturels)
© Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto
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| Capitale |
| Rangoon (Yangon) |
| Nom officiel |
| Pyidaungzu Myanma Naingngandaw (Union du Myanmar) |
| Population |
| 49,0 millions d'habitants (2000) |
| Superficie |
| 678 528 km² |
| Nature de l'État et du régime politique |
| Union composée de 7 Etats et 7 divisions administratives. Dictature militaire. |
| Chefs d'État et de gouvernement |
| Chef d'État et premier ministre: général Than Shwe, président du SLORC (le pays est dirigé par un conseil militaire) |
| Langue(s) |
| Birman |
| Ethnies et religions |
| Birmans (68 %), Chans (9 %), Karens (7 %), Rakhines (4 %), Chinois (3 %), Indiens (2 %), autres (7 %). Religions: bouddhisme (89%), christianisme (4%; baptisme, 3%, catholicisme 1%), islam (4%), animisme (1%), autres (2%). |
| Statistiques économiques |
| Monnaie: Kyat (MMK). 1 $ É-U = 410 kyats (27 décembre 2000). |
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