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| Bhoutan |
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Vue de la capitale, Thimphu. © Ronald Raefle, visipix.com |
| Enjeux |
Le Bhoutan ou le bonheur national brut
«S'il ne s'agissait du Bhoutan, le concept de "Bonheur national brut" serait probablement mort et enterré. Le Bhoutan, petit royaume himalayen (superficie : 47 000 km2, population : 2 200 000 h. majoritairement bouddhistes, pouvoir d'achat ajusté: $1300 US per capita), est le seul pays du monde à avoir adopté cet indicateur comme mesure officielle du bien-être de sa population.
L'approche adoptée il y a plusieurs années par le roi Jigme Singye Wangchuck, préconise une mesure holistique du développement humain. Elle repose sur quatre principes fondamentaux auxquels le gouvernement attache une importance égale :
– croissance et développement économiques ;
– conservation et promotion de la culture ;
– sauvegarde de l'environnement et utilisation durable des ressources naturelles, et ;
– bonne gouvernance responsable.
Pour le premier ministre du royaume bhoutanais, « la poursuite du "Bonheur national brut" a produit de riches dividendes pour notre peuple. » « Le Bhoutan, ajoute-t-il, a atteint un progrès économique soutenu sans compromettre l'intégrité de notre environnement et de notre culture. Nous avons été en mesure de conserver bien plus des 60% de superficies émergées sous couvert forestier requises par nos lois. Nous avons exploité des voies plus durables de croissance économique comme l'essor des installations hydroélectriques et des ressources d'écotourisme, tout en renonçant délibérément aux gains économiques à court terme de la coupe et de la vente de bois d'œuvre. En conséquence, nous sommes en mesure de créer des revenus considérables tout en protégeant les bassins versants et l'habitat de la flore et de la faune. De même, nous avons accordé l'attention qui lui est due à la conservation de nos riches traditions et de notre culture que nous estimons fondamentales pour préserver l'identité et l'âme de notre peuple. »
Une ambassadrice itinérante de l'onu, Misako Konno, raconte comment elle a eu le sentiment de redécouvrir le vrai sens de la richesse lors de sa visite au Bhoutan : « Pendant la semaine que j'ai passée au Bhoutan, qui a débuté dans la capitale Thimpu, je me suis toujours déplacée dans une charrette tirée par un cheval. J'ai peiné pendant des heures sur des routes de montagne aux virages en épingle à cheveux. La gentillesse qui se lisait sur le visage des gens rencontrés au détour des routes m'a frappée et c'est ce qui m'a fait penser à la philosophie bhoutanaise du "bonheur national brut", qui ne concerne pas seulement les gens, mais aussi la nature en général. Les Bhoutanais détestent tuer des créatures vivantes, ce que leur interdit leurs convictions religieuses, et cela se voit dans la manière dont ils coexistent mais aussi dans le respect qu'ils portent aux plantes, aux animaux, aux animaux et autres formes de vie.
Pour moi, le Bhoutan est un pays digne où les gens vivent heureux; c'est un pays développé en termes écologiques. »
À la lumière de l'expérience bhoutanaise, le BNB apparaît comme un indicateur de bien-être économique durable beaucoup plus englobant que le PIB ou l'ISP (Index of Social Progress). Ce pays qui pratique avec sagesse une politique de "développement sans hâte" offre, à une échelle évidemment fort réduite par rapport à nos économies occidentales, un exemple inspirant de gouvernance capable de concilier des objectifs en apparence incompatibles: poursuite d'un développement économique qui contribue au mieux-être de la collectivité, développement des personnes et des communautés, le respect de la culture et des traditions, le tout, dans une perspective de développement durable.
Pour Richard Tomkins du Financial Times, cette philosophie respectueuse des valeurs humaines, si elle était mise en place, bouleverserait l'ordre des priorités de nos gouvernements. « La course à la productivité pourrait perdre de l'importance au profit d'une réduction obligatoire du temps de travail permettant aux gens de consacrer plus de temps à leur famille et à la collectivité. Une forte hausse des taxes sur l'utilisation des ressources non renouvelables pourrait contribuer au financement de solutions à la dégradation de l'environnement et des structures sociales. » Utopie ? Certainement. Ce qui n'empêche pourtant pas les responsables de l'ONU de citer en exemple le royaume himalayen, ou les penseurs des ministères de l'économie sociale en France et en Angleterre de s'en inspirer pour des projets de politiques visant à accroître la « satisfaction vitale », l'expression « politiquement correcte » pour parler du bonheur.»
BERNARD LEBLEU, "Le bonheur (national brut) des nations", L'Agora, vol 10 no 2, automne 2003 |
| Documentation |
Dorji, Rigzin. "The land of the dragon - Bhutan", UNESCO Courier, octobre 1986
Jest, Corneille. "In harmony with nature - Bhutan", UNESCO Courier, octobre 1986
Eric Ezechieli (fondateur de la division italienne de The Naturel Step), Sustainable Development: Education for Gross National Happiness in Bhutan, School of Education, Stanford University, 2003 |
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| Superficie |
| 47 000 km2 |
| Pays limitrophes |
| Inde (605 km de frontières), Chine (470 km de frontières) |
| Régime politique |
| Monarchie (roi Jigme Singye Wangchuck) |
| Religion(s) |
| Bouddhisme (75%), Hindouïsme (25%) |
| Population |
| 2 200 000 h. (2003) |
| Espérance de vie |
| 54 ans |
| Langue(s) |
| Dzonkha (langue officielle), dialectes thibétains et népalais |
| Capitale |
| Thimphu |
| Monnaie |
| Ngultrum |
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