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| Berlin |
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Capitale de l'Allemagne.
"Une métropole européenne
Berlin est à la fois une ville, un Land et la capitale de la République fédérale d'Allemagne.
Cette métropole compte 3,4 millions d'habitants, dont 440 000 étrangers de 182 nationalités différentes, qui vivent sur une superficie de 892 kilomètres carrés.
On rappellera pour mémoire que la population de Paris et de Londres s'établit respectivement, pour la première, à 2,12 millions d'habitants et à 7,17 millions d'habitants pour la seconde.
Berlin est la plus grande ville entre Paris et Moscou, position qui est susceptible de prendre tout son sens dans le contexte de l'élargissement de l'Union européenne aux pays de l'Europe centrale et orientale."
Sénat français - Commission des affaires culturelles. Berlin, ambitions et incertitudes du renouveau culturel. Rapport d'information n° 294 (2003-2004), déposé le 6 mai 2004. Rapporteurs : Jacques Valade, Jacques Legendre, Jack Ralite, Michel Thiollière et Marcel Vidal |


En haut - Vue de la place de l'Opéra, au tournant du 20e siècle
Photo prise [entre ca 1890 et ca 1900].
Publication : Detroit Photographic Company, 1905
Fait partie de la série: Views of Germany (Photochrom print collection)
Source : Library of Congress, Prints and Photographs Division, LC-DIG-ppmsca-00348
En bas - La porte de Brandebourg. Photo prise en 2003
Photo Maryam Yahyavi / DHD Multimedia Gallery |
| Histoire |
"Un passé fortement lié à l'histoire de l'Allemagne
* Une valeur symbolique
Le statut de capitale de Berlin, à l'origine ville de commerce puis résidence permanente des Hohenzollern à partir de 1486, est lié au développement de l'influence politique et économique du royaume de Prusse, qui aboutit en 1871 à la création de l'Empire allemand.
Depuis cette date, l'histoire de Berlin résume celle de l'Allemagne et la ville possède de ce fait une dimension symbolique dont ne jouit aucune autre ville allemande.
Les expressions allemandes pour la désigner attestent le destin heurté de cette ville : Berlin a été, successivement, Parvenüstadt au tournant du XIXe et du XXe siècles, Weltstadt durant l'âge d'or culturel des années 1920, Germania pendant la période du troisième Reich, Frontstadt (la « ville-front ») opposant les deux blocs durant la guerre froide, Mauerstadt (la « ville-mur ») de 1961 à 1989, Wiedervereinigte Stadt (la ville réunifiée) en 1989, et, désormais, Hauptstadt (« la ville capitale »).
Comme le souligne, en évoquant la ville, le cinéaste Wim Wenders, réalisateur des « Ailes du désir » : « (ses) visites (à Berlin) depuis vingt ans, sont pour (lui) les seules expériences allemandes véritables, parce que l'histoire est ici physiquement et émotionnellement présente, une histoire qui ne peut être vécue ailleurs en Allemagne, dans la République fédérale allemande, que comme dénégation ou absence » (1).
* Un passé chaotique
A la différence de Paris ou de Londres, l'histoire berlinoise ne suit pas un cours régulier mais fait se succéder des phases de croissance suivies de périodes de repli ou de stagnation.
Après le premier âge d'or de Berlin correspondant au règne de Frédéric II (1740-1786) puis l'époque des salons romantiques au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, succède l'occupation napoléonienne (1806-1813) qui entraîne la ruine du royaume de Prusse. A la fin des années 1840, à la suite d'un courant de réforme intellectuelle et politique et grâce à sa croissance industrielle, Berlin devient une métropole économique regroupant des firmes comme Borsig, Siemens et AEG ainsi qu'un pôle bancaire et financier. Symbole de la puissance prussienne, devenue en 1871 capitale de l'Empire, la ville ne cesse d'affirmer son influence même si elle demeure raillée par ses rivales allemandes. A la veille de la Première Guerre mondiale, Berlin concentre 37 % de l'ensemble des ouvriers du Reich employés dans le secteur électro-industriel et AEG est le premier Konzern d'Allemagne. La ville jouit également d'une influence culturelle majeure : avec plus du quart des livres édités en langue allemande, elle est le premier centre éditorial devant Leipzig.
Malgré la rupture que représente la défaite de 1918 et la crise économique qui en résulte, Berlin acquiert, sous la République de Weimar, une légitimité nationale et une reconnaissance internationale. Cumulant les fonctions de capitale économique, politique et culturelle, Berlin connaît un âge d'or qui prend fin avec la montée du national-socialisme et la seconde guerre mondiale.
Après 1945 et jusqu'à la réunification en 1989, la ville apparaît marginalisée tant par sa position géographique au sein de l'Europe de la guerre froide que par sa forme même.
Cette histoire complexe où se mêlent la splendeur et les excès des dictatures explique sans doute les conditions de son accession au statut de capitale de l'Allemagne réunifiée.
Un statut de capitale acquis de justesse
Si Berlin apparaît aujourd'hui de manière évidente comme la capitale allemande, il convient de rappeler que cette vocation l'était beaucoup moins lors du processus de réunification.
En effet, il aura fallu attendre le 20 juin 1991 pour que le Bundestag décide, au demeurant à une courte majorité de 338 voix contre 320, que Berlin serait le futur siège du gouvernement et du Parlement. Cette décision a été précédée de débats passionnés et c'est aux « petits partis », FDP (parti libéral) et au PDS (parti du socialisme démocratique), que Berlin doit d'avoir été choisie. Et ce n'est qu'en mars 1994 qu'a été adoptée la loi prévoyant la répartition des ministères fédéraux entre Berlin et Bonn.
Ce transfert, auquel furent consacrés environ 10 milliards d'euros, s'est déroulé selon un processus long et complexe marqué par le problème du double siège et les constantes navettes entre les deux villes qu'il impliquait. En effet, le premier conseil des ministres n'eut lieu à Berlin qu'en novembre 1998 et la première séance du Bundestag se tint le 19 avril 1999.
Aux difficultés administratives, logistiques et financières, se sont sans doute ajoutées les réticences d'un Etat fédéral à se doter d'une capitale à triple vocation politique, économique et culturelle et les craintes de raviver le traumatisme historique d'un centralisme autoritaire lié à la période national-socialiste, en opposition à laquelle s'est construit le fédéralisme."
Sénat français - Commission des affaires culturelles. Berlin, ambitions et incertitudes du renouveau culturel. Rapport d'information n° 294 (2003-2004), déposé le 6 mai 2004. Rapporteurs : Jacques Valade, Jacques Legendre, Jack Ralite, Michel Thiollière et Marcel Vidal
Histoire de Berlin (all.)
Berlin in that 2000 Yh. : l'histoire de la ville au cours du dernier siècle |
| Enjeux |
"Une reconstruction à la portée symbolique
a) A la conquête d'une nouvelle géographie
Ce lourd passé explique sans doute, avec le souci de bâtir une nouvelle démocratie allemande, l'importance accordée par les autorités fédérales et par le Land à une redéfinition de la géographie de la ville.
A nouveau promu au rang de symbole national, Berlin se devait, à l'image du pays, d'abolir ses frontières intérieures et d'engager une reconquête de l'espace urbain divisé depuis 1961 par le Mur et « no man's land » qui l'avoisinait.
Désormais, le paysage de la ville, encore en pleine transformation treize ans après son accession au statut de capitale de l'Allemagne réunifiée, n'a guère conservé de traces des 28 années qu'a duré la division de Berlin.
Le « Mur », présence physique de la guerre froide et de l'affrontement Est-Ouest au coeur de la ville, a disparu, à l'exception de quelques vestiges à vocation muséographique et ne constitue plus un élément déterminant de la géographie de la ville.
La porte de Brandebourg et la Pariser Platz sont redevenues des lieux de communication, ouvrant à l'ouest sur le Tiergarten, district devenu le nouveau centre politique de l'Allemagne avec le siège de la présidence installé au château de Bellevue, le Reichstag dans lequel siègent le Bundestag et la Chancellerie, et à l'est sur le Berlin-Mitte, centre culturel et touristique de la capitale, avec le fameux boulevard Unter den Linden et de nombreux lieux historiques, notamment, l'île des musées.
L'ampleur des travaux de reconstruction conduits depuis la réunification, l'omniprésence de l'architecture contemporaine, notamment dans la partie orientale de la ville et le nombre des chantiers encore en cours, attestent des changements qu'elle a vécus depuis 1989.
A travers le nouveau paysage urbain -largement inachevé-, devra être résolue à l'avenir la question de l'équilibre entre rupture et continuité, qui est au coeur du processus de la réunification allemande. Comme le notent les auteurs d'un article paru dans la revue Hérodote (2), « la ville est contrainte de procéder à un exercice délicat de réinterprétation des anciens lieux du pouvoir et de définition d'une nouvelle spatialité du pouvoir. Elle doit donc opérer, à ciel ouvert, un gigantesque travail de mémoire, d'exorcisation symbolique du passé, mais également de démonstration emblématique d'un Etat réunifié et, par conséquent, d'une nouvelle nation. Une succession de défis qui reviennent au final à résoudre un compromis « capital » : édifier une capitale modeste irréprochable tout en répondant à la nécessité de faire aussi de Berlin la vitrine d'une nouvelle Allemagne, une capitale nationale »."
Sénat français - Commission des affaires culturelles. Berlin, ambitions et incertitudes du renouveau culturel. Rapport d'information n° 294 (2003-2004), déposé le 6 mai 2004. Rapporteurs : Jacques Valade, Jacques Legendre, Jack Ralite, Michel Thiollière et Marcel Vidal |
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