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| Pierre Augustin Caron de Beaumarchais |
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| Biographie en résumé |
Écrivain français.
"J'affirmerai que Beaumarchais m'enchante par son génie, me ravit par ses aventures, m'agace par ses prêches, me déçoit par ses maladresses, me répugne par ses astuces éhontées, mais que tout cela n'est rien, car ce qui importe, c'est le rythme endiablé de sa vie, l'étonnant brio de son existence et l'éclat qu'il sait mettre à tout ce qu'il fait, tout ce qu'il dit, tout ce qu'il touche." (Bernard Fay, Beaumarchais ou les fredaines de Figaro) |
| Vie et œuvre |
"L’œuvre et l'homme se tiennent étroitement. Pour bien comprendre celle-là, il faut bien connaître celui-ci. Il est né en pleine rue Saint-Denis, d'un honnête horloger (1732). Gâté par un père et des sœurs à la fois gais et sensibles, le jeune Pierre-Augustin Caron, après une enfance facile, travailla tout d'abord dans la boutique paternelle. L'horlogerie le mène à Versailles, lui procure une charge, une femme et un nom. Grâce à la musique, il est de l'intimité de Mesdames de France, fréquente la cour, y joue de l'épée et de l'esprit, se lie avec Pâris-Duverney, qui l'enrichit dans ses affaires. Vite il achète la charge de secrétaire du roi. Le voici noble : c'est M. de Beaumarchais (1761). Bientôt lieutenant aux bailliage et capitainerie de la Varenne du Louvre, il a deux comtes sous ses ordres ! C'en est fini maintenant avec l'horlogerie.
Il vole à Madrid, où il a à venger une de ses sœurs, abandonnée par son fiancé, l'écrivain Clavijo, et à ménager mille intrigues secrètes. Quand il revient, c'est le moment pour lui de montrer que « l'amour des lettres n'est pas incompatible avec les affaires. » Depuis longtemps le théâtre l'attire. Il fait Eugénie (1767), puis les Deux Amis (1770). Ce dernier drame échoue. En même temps il perd sa femme, puis son ami Pâris-Duverney, et voit l'héritier de celui-ci, le comte de La Blache, lui intenter un procès malgré le règlement de comptes qu'il produit. Il gagne en première instance, mais non en appel. Et tandis que son fils meurt, qu'il voit la représentation de son Barbier de Séville retardée, l'affaire Goezman surgit. Il est accusé habilement, par son juge, de tentative de corruption sur lui et sa femme (1). C'en était trop. Cet excès de malheur exalte son courage et son esprit. Quatre mémoires successifs pleins de comique, de verve et d'éloquence, en appellent à l'opinion contre le conseiller du parlement Maupeou. Tout le monde le lit, même le roi. Le procès n'en a pas moins un mauvais dénouement pour lui. Mme Goezman est bien condamnée, le conseiller obligé de vendre sa charge, mais Beaumarchais est blâmé, peine infamante qui le privait de ses droits civils. Ses Mémoires sont livrés au feu. Cela mit le comble à sa popularité.
Rien ne lui coûtera maintenant pour obtenir sa réhabilitation. Il devient l'agent secret de Louis XV, puis de Louis XVI, joue tous les rôles, prend tous les masques, obtient entre temps la représentation du Barbier de Séville, dont le succès est très vif, et l'a enfin, en septembre 1776, cette réhabilitation tant désirée ! Et maintenant, avec la complicité de Maurepas et de Vergennes, il est agent secret des colonies d'Amérique en France, il approvisionne les insurgés de munitions et de fusils, tout en reprenant et en gagnant cette fois définitivement son procès avec le comte de La Blache. Et les affaires succèdent sans interruption aux affaires de 1778 à 1784 (2), c'est-à-dire de la réception du Mariage de Figaro par les comédiens à sa représentation ! Ce fut un triomphe. Mais ses ennemis ne désarment point. Il est accablé peu à peu sous le poids de perfides accusations. Sa popularité décroît. Elle sombre presque avec la Révolution, car il n'est rien moins qu'un révolutionnaire à outrance. Constamment soupçonné, arrêté même quelques jours à propos de l'affaire des fusils de Hollande, qui le ruine à moitié, courant après ces fusils par toute l'Europe, il ne se voit sauvé que par le 9 thermidor. Il retrouve alors un peu de popularité et de bonheur, et meurt en 1799.
Telle est sa vie, en raccourci. On voit quel fut l'homme (3). La marque de ce tempérament c'est l'activité, l'ambition, et l'esprit. Et par suite il semble bien né pour le théâtre, pour forger des intrigues, aiguiser des ripostes, amuser et même attendrir, éblouir par une verve étincelante. Malheureusement le théâtre n'a été chez lui que l'accessoire, d'abord un « délassement honnête », puis un moyen; il n'a jamais été le but de sa vie. L'homme d'affaires prime l'auteur. C'est un prodige même qu'il ait trouvé le temps de composer (et de souvent retoucher) ses deux comédies, son opéra, et ses trois drames. Mais de la vie au théâtre il n'y avait presque pas changement pour lui."
Notes
(1) Selon la coutume, il avait comblé d'argent et de présents le rapporteur de son procès, le conseiller Goezman, et sa femme. Le procès perdu, il réclame son argent. Une différence de quinze louis met le feu aux poudres.
(2) Il fonde la société des auteurs dramatiques, devient l'éditeur de Voltaire, s'occupe avec Vergennes de la réorganisation de la Ferme générale, avec Joly de Fleury d'un projet d'emprunt, soutient ceux-ci de sa plume, et ceux-là de sa bourse. Plus tard, de 1784 à 1789, Beaumarchais organisera la Compagnie des Eaux de Paris, composera son opéra philosophique de Tarare et trouvera même le temps de défendre à ses risques et périls l'infortune malheureuse.
(3) On pourrait dire qu'il y a comme deux hommes en lui. Dans son intérieur, fils, frère, père ou mari, il est doux, tendre, affectueux, libéral, aimable et sensible. Au dehors, quoique rarement égoïste et toujours honnête, fouetté par les circonstances, aigri et choqué par les personnes, rarement lui-même, il se guinde ou il se débraille; son activité verse dans l'intrigue, son intelligence dans le savoir-faire, son esprit dans l'impertinence. Il gâte ses plus généreuses tentatives par des procédés d'homme d'affaires; il confond la fierté avec l'insolence, le succès avec la réputation. S'il est de la famille de Grandisson (son père et ses sœurs le comparaient constamment à ce dernier), il est aussi de celle de Voltaire.
source : Henri Lion, Beaumarchais dramaturge |
| Œuvres de Beaumarchais |
Oeuvres complètes de Beaumarchais, Paris, Firmin-Didot frères, fils, 1865. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages par M. Saint-Marc Girardin (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Théâtre; texte établi par Jean-Pierre de Beaumarchais. Reproduit de l'édition Paris, Garnier, 1985 (Classiques Garnier) (Gallica, BNF, mode texte)
Le Mariage de Figaro ou la Folle journée (Bibliopolis)
La folle journée, ou Le mariage de Figaro: comédie en 5 actes, en prose; représentée pour la première fois par les comédiens français ordinaires du Roi, le mardi 27 avril 1784. Paris, Société littéraire typographique, 1789 (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Le Barbier de Séville (formats PDF et RTF) (Petite Bibliothèque portative, Ministère des Affaires étrangères, Fr.)
Mémoires de Beaumarchais. Tome premier. Paris, Librairie de la Bibliothèque nationale, 1895, 192 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Mémoires de Beaumarchais. Tome troisième. Paris, Librairie de la Bibliothèque nationale, 1895, 191 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Mémoires de Beaumarchais. Tome quatrième. Paris, Librairie de la Bibliothèque nationale, 1895, 191 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Mémoires de Beaumarchais. Tome cinquième. Paris, Librairie de la Bibliothèque nationale, 1898, 127 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Mémoire en réponse au Libelle diffamatoire signé Guillaume Kornmann, Paris, [s.n.], 1787, 62 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Mémoires contre M. Goëzman. Reproduction de l'édition : Paris, Furne, 1828, [ca 406 p.]. Texte daté de 1774, d'après Frantext (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode texte, format html)
Pétition à l'Assemblée nationale contre l'usurpation des propriétés des auteurs, par les directeurs de spectacles, [Paris], [de l'impr. du pont], 1791, 37 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Essai sur le genre dramatique sérieux (Bibliothèque Nielrow)
Une petite gerbe de billets inédits, par Beaumarchais, sa femme, Mme Campan... [et al.]; [éd.] par Ph. Tamizey de Larroque. Paris, Techener, 1890, 24 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF) |
| Documentation |
Publications anciennes
Bergasse, Nicolas. Mémoires sur une question d'adultère, de séduction et de diffamation pour le sieur Kornman, contre la dame Kornman, son épouse, le sieur Daudet de Jossan; le sieur Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais; et M. Lenoir, conseiller d'Etat, ancien lieutenant-général de police. Suite des pièces justificatives : lettre su sieur Kornmann à Mgr le Garde-des-Sceaux. Numérisation de l'édition de [S.l.], Pergamon press, cop. 1989. 3 microfiches (Les archives de la Révolution française = The French Revolution research Collection; 5.106). Reproduction de l'édition de [S.l.], [s.n.], 1787, 175-35 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Bergasse, Nicolas. Observations du sieur Bergasse, sur l'écrit au sieur de Beaumarchais, ayant pour titre "Court mémoire", en attendant l'autre, dans la cause du sieur Kornmann. Numérisation de l'édition de [S.l.], Pergamon press, cop. 1989. 1 microfiche (Les archives de la Révolution française = The French Revolution research Collection; 5.107). Reprod. de l'édition de [S.l.], [s.n.], 1788 (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Précis et jugement du procès de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, membre de la représentation de la Commune de Paris. Numérisation de l'édition de [S.l.], Maxwell, cop. 1992. 1 microfiche (Les archives de la Révolution française = The French Revolution research collection ; 12.6) - reproduction de l'édition de [Paris], [chez N. F. H. Nyon], [1789], p. 103-105 (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Loménie, Louis de. Beaumarchais et son temps : études sur la société en France au XVIIIe siècle d'après des documents inédits. 2e éd. Paris, Michel-Lévy frères, 1858 (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF) :
Études contemporaines
Lever, Maurice. Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, t. I L'irrésistible ascension (1732-1774), Paris, Fayard, 1999, 582 p. On peut lire un extrait de cet ouvrage sur le site du magazine Lire, mars 1999; voir également cette critique de Didier Sénécal, Lire, mars 1999.
Lever, Maurice. Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, t. II, Le citoyen d'Amérique (1775-1784), Paris, Fayard, 2003, 544 p. On peut lire un extrait de cet ouvrage sur le site du magazine Lire, mars 2003; voir également cette critique de Daniel Bermond : "Sa vie est un roman", Lire, mars 2003; aussi : Laurent Lemire, "Beaumarchais, agent secret", Le Nouvel observateur, no 2004, 3 avril 2003
Rapin, Anne. Beaumarchais, le fils prodige des Lumières, Label France, no 24, juin 1996
Cinéma
Beaumarchais, l'insolent (1995). Film de Édouard Molinaro, d'après une oeuvre inédite de Sacha Guitry. Présentation sur le site Allociné |
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| | Beaumarchais | | Victor Hugo | | Allez-vous-en aux bois, les belles paysannes ! Par-dessus les moulins, dont nous sommes les ânes,
Jetez tous vos bonnets, et mêlez à nos cœurs
Vos caprices, joyeux, charmants, tendres, moqueurs; C'est dimanche. On entend jaser la cornemuse; Le vent à chiffonner les fougères s'amuse; Fête aux champs. Il s'agit de ne pas s'ennuyer. | | Beaumarchais dramaturge | | Henri Lion | | Comédie, Révolution française | | L’œuvre et l'homme se tiennent étroitement. Pour bien comprendre celle-là, il faut bien connaître celui-ci. Il est né en pleine rue Saint-Denis, d'un honnête horloger (1732). Gâté par un père et des sœurs à la fois gais et sensibles, le jeune Pierre-Augustin Caron, après une enfance facile, travailla tout d'abord dans la boutique paternelle. L'horlogerie le mène à Versailles, lui procure une charge, une femme et un nom. | | Beaumarchais, ce millionnaire de l'esprit | | Jules Barbey d'Aurevilly | | Voltaire, fortune, bonheur, amour | | «La fatuité, c’est le rayonnement de notre bonheur. Celui de Beaumarchais fut immense. Aucun homme ne fut plus heureux, plus né coiffé que lui…» |
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 |  | Textes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais |
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