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| Azerbaïdjan |
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«Situé à l'extrémité orientale du Caucase, l'Azerbaïdjan dispose d'une large façade sur la mer Caspienne. Etat le plus peuplé (7,5 millions d'habitants) et le plus étendu (86 600 km²) de Transcaucasie, il dispose de frontières communes avec l'Arménie, la Géorgie et l'Arménie. La république autonome du Nakhitchevan, intégrée à l'Azerbaïdjan en 1921, est séparée du territoire principal par un couloir de plusieurs dizaines de kilomètres.»
Source : Sénat français - Commission des affaires étrangères. Traité d'amitié, d'entente et de coopération entre la France et l'Azerbaïdjan. Rapport législatif no 420 (1997-1998). Rapporteur : André Dulait |

Azerbaïdjan : personnes déplacées, camps de tentes à Sabirabad, frontière iranienne. Photo prise le 7 janvier 1997
Crédit : Médiathèque de la Commission européenne (site Europa) |
| Histoire |
«"Pays du feu", où le pétrole affleurait aux abords de la mer Caspienne, l'Azerbaïdjan a été conquis par les Perses au VIe siècle, converti à l'Islam chiite au VIIe siècle, avant de passer sous influence turque au XIe siècle. La conquête mongole, au XIIIe siècle, inaugura une longue période d'instabilité. Le pays se divisa en principautés, khanats et sultanats. La conquête russe, au début du XIXe siècle (les troupes du tsar pénétrèrent à Bakou en 1806) divisa l'Azerbaïdjan. Certaines principautés s'accommodèrent, en effet, de la tutelle russe, d'autres résistèrent à l'"infidèle". En 1828, après la défaite perse de Gandja, la partie occidentale de l'Azerbaïdjan passa sous domination russe.
A la fin du XIXe siècle, l'Azerbaïdjan fut saisi par la fièvre de l' "or noir" : Bakou devint premier producteur mondial de naphte. Il est possible que la révolution industrielle ait perturbé l'émergence d'un mouvement national azéri structuré. Ainsi pourrait s'expliquer le fait que Bakou se soit rendu à l'Armée rouge, en 1920, après une brève résistance : l'éphémère république d'Azerbaïdjan avait donc duré deux ans.
En septembre 1920, l'Internationale communiste organisa dans la capitale azerbaïdjanaise le Congrès des peuples de l'Orient, afin de mobiliser les "masses de l'Orient" contre l'impérialisme. Laboratoire de l'adaptation du bolchévisme au monde musulman, l'Azerbaïdjan fut considérée comme une vitrine de l'Islam soviétique, destinée à séduire les musulmans d'Asie centrale. C'est dans cette perspective que Moscou eut pour objectif de constituer une identité et une culture azéries indépendantes de la filiation turque.»
(...)
République soviétique relativement disciplinée, où la dissidence avait été plus discrète que dans d'autres régions de l'URSS, l'Azerbaïdjan a considéré avec une certaine crainte les changements impulsés de Moscou à l'époque de la perestroïka. C'est le conflit du Nagorny-Karabakh qui contribua à la radicalisation de l'opposition puis, en août 1991, à la déclaration d'indépendance rétablissant la souveraineté de l'Azerbaïdjan après quelque sept décennies de pouvoir soviétique.
A. Le conflit du Nagorny-Karabakh et la fin de la période soviétique
Région autonome de l'Azerbaïdjan soviétique, le Nagorny-Karabakh était, à la fin de la période soviétique, majoritairement peuplé d'Arméniens (75 % de la population) qui, dès 1986, avaient revendiqué le rattachement à la "mère patrie".
Au lendemain d'une importante manifestation organisée, en février 1988, à Erevan sur le thème du rattachement du Haut-Karabakh à l'Arménie, un véritable pogrom fit, à Soumgaït (centre industriel proche de Bakou), de très nombreuses victimes arméniennes. Notons que la haine alors vouée aux Arméniens par certains Azéris se nourrissait du souvenir de la prospérité de la bourgeoisie arménienne qui, au début du XXe siècle, à l'époque de la fièvre de l'or noir, dominait l'économie de l'Azerbaïdjan. L'Arménien put alors être considéré comme le "ferment des frustrations azéries"1(*).
Après le massacre de Soumgaït, le conflit du Karabakh s'enlisa dans une logique de "purification ethnique" qui, entre 1987 et 1990, entraîna le départ de 200 000 Azéris d'Arménie et de 300 000 Arméniens d'Azerbaïdjan.
Le pouvoir en place à Bakou se discrédita par son incapacité à apporter une solution au conflit. Celui-ci servit de catalyseur, non seulement à l'émergence d'un sentiment national émoussé par soixante-dix années de pouvoir soviétique, mais aussi à la radicalisation de l'opposition. Un Front populaire d'Azerbaïdjan se constitua alors, à l'imitation des fronts populaires baltes -et du Front populaire arménien, issu du Comité Karabakh- et réclama une révision de la Constitution en vue de la construction d'un Etat "laïc de droit". Le Front populaire d'Azerbaïdjan revendiquait notamment la souveraineté sur les ressources de la République, afin de mettre un terme à l'exploitation dont, selon les opposants, celle-ci avait été victime du fait des tutelles successivement exercées par la Russie impériale, puis par l'URSS.
Le parti communiste parvint toutefois à se maintenir au pouvoir, alors que, en Arménie et en Géorgie, les élections de 1990 avaient donné la majorité aux mouvements d'opposition. En effet, les forces d'opposition azerbaïdjanaises avaient été considérablement affaiblies par la répression qui avait frappé la population azérie de Bakou après le nouveau pogrom antiarménien de janvier 1990, perpétré par des Azéris réfugiés d'Arménie. Les représailles de l'Armée rouge se soldèrent par un bilan particulièrement lourd (170 morts, 370 blessés, 321 disparus) : il n'est pas étonnant que ce "janvier noir" ait laissé un souvenir durable à une population traumatisée par la violence des troupes soviétiques.
L'échec de la tentative de coup d'Etat en Russie, le 19 août 1991, ébranla le pouvoir du président du Soviet suprême azerbaïdjanais, Ayaz Moutalibov, compromis par son attitude jugée pro-putschiste par l'opposition, et contribua à radicaliser celle-ci.
En août 1991, le Soviet Suprême vota une "déclaration rétablissant l'indépendance de l'Azerbaïdjan" (l'Azerbaïdjan avait connu deux années d'indépendance, entre 1918 et 1920), et décida de doter le pays de forces armées autonomes.
Le conflit du Haut-Karabakh se radicalisa à la fin de 1991, quand les autorités azéries mirent fin au statut d'autonomie dont bénéficiait le Nagorny-Karabakh depuis 1923. Un véritable état de guerre s'instaura alors entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Bakou imposa un blocus total à Erevan, tandis que les troupes azéries subissaient des revers sur tous les fronts.
Ces défaites, jointes au massacre de dizaines d'Azéris par des combattants arméniens à Khodjaly, en février 1992, causèrent un véritable traumatisme dans le pays, et accélérèrent la décomposition du régime. Les élections présidentielles de juin 1992 portèrent ainsi au pouvoir le leader du Front populaire, Abdoulfaz Eltchibey, l'un des rares responsables politiques azéris au passé de dissident soviétique.
Selon certains observateurs, la victoire du président Eltchibey a pu symboliser, aux yeux du peuple azéri, la fin des humiliations subies par l'Azerbaïdjan dans le conflit du Nagorny-Karabakh. En réalité, les défis de l'indépendance -défaites subies par les troupes azéries au Karabakh, difficultés économiques liées à la désorganisation de l'espace soviétique, troubles sociaux dus au sous-emploi et à l'afflux des réfugiés du Karabakh- se traduisirent, après une courte guerre civile, par la destitution du président Eltchibey. Elu en octobre 1993, Gueïdar Aliev, encore aujourd'hui Chef de l'Etat azerbaïdjanais, fut alors considéré comme l'ultime recours. Cet "homme providentiel", ancien cadre supérieur du KGB, avait été à la tête du Parti communiste d'Azerbaïdjan de 1969 à 1982, puis membre du Bureau politique du Parti communiste de l'URSS..»
Source : Sénat français - Commission des affaires étrangères. Traité d'amitié, d'entente et de coopération entre la France et l'Azerbaïdjan. Rapport législatif no 420 (1997-1998). Rapporteur : André Dulait |
| Enjeux |
Géo-stratégie de l'Azerbaïdjan
«Après la période nationaliste du régime d'Eltchibey, l'Azerbaïdjan s'est retrouvé dans une posture stratégique délicate, où l'hostilité de ses ennemis n'était pas vraiment compensée par le soutien de ses alliés naturels. Le conflit du Nagorno-Karabagh, qui a vu la victoire arménienne, a déstabilisé le pays, et a fait émerger un axe de fait, hostile à l'Azerbaïdjan, entre l'Arménie, la Russie et l'Iran, alors que les Etats-Unis, malgré le souhait de l'administration, étaient contraints à restreindre leur aide à Bakou du fait d'une résolution pro-arménienne passée par le Congrès. La Turquie, pourtant alliée de Bakou, a joué un rôle peu clair dans au moins une des tentatives de coup d'état contre le Président Aliev en 1995. La question du statut de la Caspienne, où l'Azerbaïdjan était en faveur d'un partage des eaux selon la continuité territoriale, alors que la Russie, mais surtout l'Iran, étaient en faveur d'un consortium, a envenimé les relations avec Téhéran, au point qu'un incident naval a opposé la marine militaire iranienne à des navires de prospections venus de Bakou en juillet 2001. Enfin Azerbaïdjan et Turkménistan s'opposent toujours sur le partage des fonds marins et donc le contrôle des zones gazières autour du champ de Chiragh. La découverte de gaz dans la partie azérie a poussé Bakou à mettre fin en 2001 à un projet commun de gazoduc transcaspien, car le Turkménistan, qui produit du gaz et non du pétrole, est désormais un concurrent pour l'Azerbaïdjan, qui se découvre soudainement exportateur de gaz.
Mais la question la plus importante durant toute la décennie 1990 a été la tension avec la Russie. La doctrine militaire russe, définie en octobre 1993, faisait des anciennes frontières de l'URSS le nouvel espace de sécurité de la fédération de Russie, ce qui impliquait de fortes pressions russes enfin de faire revenir l'Azerbaïdjan dans le système de sécurité russe, conçu en termes de contrôle territorial et militaire (garde-frontières sous commandement russe, bases militaires, état-major commun, union douanière etc.). La question de l'évacuation des hydrocarbures ajouta un élément dans le contentieux : en 1996, l'administration américaine déclara que l'oléoduc Bakou-Ceyhan était stratégique (c'est à dire devait être réalisé même si sa rentabilité économique n'était pas assurée). Moscou a donc assez systématiquement menée une politique de harcèlement contre l'Azerbaïdjan (blocage des navires azéris qui remontaient par la Russie, contestation du partage territorial, soutien aux Arméniens etc.).
Mais cette configuration délicate a brusquement changé du fait de l'évolution des deux grandes puissances, Russie et Etats-Unis, suite à l'élection de Poutine et au 11 septembre.
La relation avec Moscou a considérablement changé avec l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. Ce dernier a renoncé de fait à la vision impériale classique, fondée sur le contrôle territorial et la puissance militaire, pour la raison très simple que la Russie n'avait pas les moyens de jouer efficacement sur ces deux leviers. La Russie a tout d'abord accepté de fait le principe du partage territorial des fonds de la Caspienne, rompant avec l'Iran et rejoignant les positions azéries et kazakes. Au cours de plusieurs tournées dans la Caspienne et en Asie centrale, en 2000 et 2001, Poutine a présenté la Russie comme un partenaire et non plus un grand-frère. Il a renoncé aux demandes d'intégration militaire. L'instrument de la puissance russe devenait cette fois l'économie : Moscou jouait sur sa capacité d'évacuer et surtout de commercialiser les hydrocarbures en direction du marché européen. Dans ce jeu, Moscou est encore largement gagnant (le prix du revient du pétrole russe est inférieur à celui de la Caspienne et Moscou bénéficie des revenus du transport), mais cette fois par l'intermédiaire, non d'une armée décatie, mais de la puissance de ses grandes compagnies comme Gazprom, Transneft, Lukoil ou Yukos, dirigé par l'étoile montante des pétroliers russes, Mikhail Khodorkovsky. Les compagnies russes jouent le jeu du marché et peuvent commercialiser des hydrocarbures de la Caspienne pour remplir leurs contrats avec leurs clients européens, sans investir pour le moment dans la rénovation de la production en Sibérie, ce qui est encore hors de leurs moyens. Mais en même temps les compagnies russes ne peuvent pas investir massivement dans l'exploitation des hydro-carbures de la Caspienne, faute de capitaux, ce qui explique le retrait de Lukoil du consortium gérant le Bakou-Ceyhan. Bref, la Russie n'a pas les moyens d'écarter ou de remplacer les Occidentaux dans la Caspienne : bien plus elle a besoin des investissements occidentaux, japonais, voire chinois et indiens pour que la production continue. La Russie doit donc adapter ses ambitions à ses moyens et à ses intérêts bien compris. La normalisation a été consacrée par la visite de Poutine à Bakou en janvier 2001. On n'est plus dans une relation de compétition ni impériale ni économique ; la Russie a besoin de capitaux, elle a besoin d'honorer ses contrats avec l'ouest, elle a un coût de production inférieure au pétrole et gaz de la Caspienne : elle est compétitive sous réserve d'investissements. Elle fait des coups commerciaux, mais n'a pas encore ouvert son pays à l'investissement occidental. En conséquence, le contentieux bilatéral a été épuré, les obstacles au transit des biens comme des hommes (pas de visa) ont été levés. Moscou ne s'oppose plus au Bakou-Ceyhan, même si la compagnie Lukoil s'est retirée du projet en décembre 2002. La tension régionale s'est déplacée sur la Géorgie, seul pays de l'ancienne URSS où Moscou mène encore une politique de déstabilisation du régime en place (en jouant entre autres sur deux groupes musulmans, les Abkhazes et les Adjars, ce qui relativise l'image souvent donnée d'un conflit entre musulmans et orthodoxes).
Parallèlement, Moscou a assoupli sa position sur le Nagorno-Karabagh et s'est rapproché des Américains et des Français : le seul obstacle au règlement du conflit est désormais le raidissement des deux opinions publiques, arménienne et azérie, aggravé en Azerbaïdjan par la perspective de la succession du président Aliev, qui pousse les candidats à en rajouter sur le nationalisme.
Le 11 septembre a mis fin à la retenue américaine. La résolution du Congrès s'opposant à une aide à l'Azerbaïdjan a été levée. Le projet Bakou-Ceyhan a été finalisé et la construction va commencer, ce qui va resserrer les liens avec la Turquie. Même s'il n'y a pas de troupes américaines en Azerbaïdjan, comme il y en en Géorgie, Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghyzstan, l'Azerbaïdjan est bien dans le camp occidental, sans que Moscou ne s'y oppose.
Les deux contentieux qui demeurent quant au partage des fonds de la mer Caspienne avec l'Iran et le Turkménistan posent certes des problèmes aux compagnies qui font de la prospection (incident naval avec l'Iran en juillet 2001), mais les deux adversaires de l'Azerbaïdjan sont dans une position de faiblesse due à leur isolement international et ne peuvent guère pousser la crise plus loin. L'Iran a d'ailleurs rouvert la négociation sur la coopération (accord sur la livraison d'électricité iranienne à l'Azerbaïdjan, conclu en décembre 2002). Paradoxalement, l'arrivée au pouvoir du parti AK en Turquie, s'il n'est pas réduit à l'impuissance par les militaires, peut s'accompagner d'une ouverture turque envers l'Arménie, car le nouveau gouvernement n'a pas besoin du soutien des ultra-nationalistes du MHP et veut donner à l'Europe des gages de sa modération et de sa volonté de débloquer les grands dossiers (dont Chypre).
Malheureusement l'absence de résolution de la crise du Nagorno-Karabagh ne permet pas de solder les comptes de la guerre et d'opérer une normalisation : mais, pour la première fois, l'ensemble des influences étrangères jouent dans le sens d'une résolution de la crise et non de sa prolongation. L'environnement stratégique de l'Azerbaïdjan n'a donc jamais été aussi favorable en onze ans d'indépendance.»
Source : Olivier Roy, Géo-stratégie de l'Azerbaïdjan (Azerbaïdjan : la montée en puissance. Actes du colloque organisé sous l'égide du groupe interparlementaire France-Caucase, par la Direction des Relations internationales du Sénat et la Direction « Evénements et Prospective Marchés » du CFCE. 5 décembre 2002)
L'ancien président Gueïdar Aliev (à gauche) serrant la main du Secrétaire américain à la Défense Donald H. Rumsfeld (à droite), lors d'une rencontre au Palais présidentiel de Bakou, le 15 décembre 2001. M. Rumsfeld faisait alors une tournée du Caucase afin de consolider les relations des États-Unis avec les pays de la région sur le plan militaire.
Photo : Helene C. Stikkel
Source : U. S. Department of Defense
Enjeux énergétiques
«I. La zone Caspienne
La région Caspienne est constituée par les cinq pays nés du démantèlement de l'URSS qui entourent la mer Caspienne. Elle se trouve aujourd'hui aux portes de l'Europe et jouera certainement un rôle fondamental dans l'approvisionnement de l'Union dans les années à venir. En effet, la région Caspienne recèle près de 5 % des réserves mondiales de pétrole. La région permet de produire quelque 60 milliards de mètres cubes de gaz par an et 1,5 million de barils d'hydrocarbure par jour, soit approximativement la consommation française en gaz et pétrole.
II. L'exploration et la production en Azerbaïdjan
L'Azerbaïdjan est une vieille région pétrolière. Au 19ième siècle, plus de la moitié de la production mondiale en pétrole provenait de cette zone. Aujourd'hui, après une période de déclin entre les années 50 et l'indépendance, l'Azerbaïdjan connaît une période de croissance qui ne manquera pas de se poursuivre, notamment grâce au PSA élaboré sous l'égide du Président Aliev.
1. Production
S'agissant de la production d'huiles, il convient de souligner que depuis la fin des années 80 jusqu'à aujourd'hui, l'Azerbaïdjan est exportateur net et que cette tendance ne cesse de se confirmer. En ce qui concerne la production gazière, la situation est quelque peu différente. En effet, après avoir été exportateur net durant plusieurs décennies, le pays a dû faire appel à l'importation pour faire face à la demande croissante.
J'en viens maintenant au champ Chirag Azeri Güneshli, ou champ du « contrat du siècle », signé en 1994, dont l'exploitation a commencé cette même année. A l'horizon 2010, la production de ce champ devrait dépasser les 2 000 barils/jour, grâce aux importants investissements qui sous-tendent le contrat. Le contrat est géré par une joint venture regroupant notamment BP (en tant qu'opérateur), Unocal, Lukoil, Socar, Statoil et ExxonMobil.
Récemment, un nouveau gisement de gaz a été découvert à Shahdeniz. Les réserves sont estimées à quelque 255 millions de mètres cubes. Pour l'heure, le gisement n'est pas encore exploité. Nous espérons remédier à cette situation dès 2003.
En Azerbaïdjan, interviennent plusieurs opérateurs étrangers :
· BP au travers de Chirag Azeri Guneshli, Shah Deniz, Inam, et Alov. ;
· ExxonMobil
· TotalFinaElf, dans une moindre mesure ;
· Lukoil, Cevron, Japex, Agip, etc. à un degré plus réduit.
2. Exploration
Après sept ans d'exploration, un seul champ a été découvert, celui de Shaz Deniz. Parallèlement, nous nous sommes livrés à des appréciations des champs déjà connus. Ainsi, les réserves estimées de Chirag Azeri Guneshli sont passées de 3 milliards de mètres cubes à 5 milliards de mètres cubes.
Après l'engouement des années 1995, l'on observe aujourd'hui une certaine désillusion. Celle-ci s'est traduite par le départ de quelques opérateurs étrangers. Il n'en demeure pas moins que ces phases d'exploration se poursuivent. J'attire votre attention sur l'importance des coûts de forage. En effet, l'exploration d'un puits en mer suppose un investissement allant de 20 à 40 millions de dollars.
3. Transport
La Mer Caspienne - comme vous le savez - est une mer enclavée. Pour transporter les produits de l'industrie pétrolière vers le marché ouvert, il convient donc de construire des infrastructures adaptées. Aujourd'hui, sont évacués 1,5 million de barils par jour, essentiellement via la Mer Noire et le Bosphore. Les pipelines existants sont saturés, si bien que pour évacuer la production importante des années à venir, il faudra construire de nouvelles infrastructures. Plusieurs projets sont à l'étude :
· le CPC, reliant Novorossisk à Tengiz ;
· le BTC, long de 1 800 kilomètres, reliant Bakou à Ceyhan, et qui devrait être opérationnel d'ici à 2005 ;
· le KTIOP reliant Tengiz à Iman.
Pour ce qui concerne le gaz, un projet de gazoduc vers la Turquie via la Georgie est à l'étude. Les investissements nécessaires sont estimés à un milliard de dollars.
III. Conclusion
L'Azerbaïdjan devrait - comme vous pouvez le constater - attirer nombre d'investissements dans l'industrie pétrolière. Toutefois, avant que les réserves de la Mer Caspienne puissent être exploitées, il faudra que le statut de la zone soit clairement défini et que le contexte général du pays soit placé sous le signe de la stabilité.
L'Azerbaïdjan sera indubitablement une zone de transit stratégique au coeur de la région Caspienne.
Le groupe TotalFinaElf est encore très peu présent dans la zone. C'est pourquoi, il entend y promouvoir ses investissements et développer son action.»
Jean-Pierre Dolla, Le contexte pétrolier et gazier en Azerbaïdjan (Azerbaïdjan : la montée en puissance. Actes du colloque organisé sous l'égide du groupe interparlementaire France-Caucase, par la Direction des Relations internationales du Sénat et la Direction « Evénements et Prospective Marchés » du CFCE. 5 décembre 2002)
Mort de l'ancien président Gueïdar Aliev (Yahoo! France) |
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Actualités: Azerbaijan Daily Digest (Eurasianet), ANS (radio-télé), Agence Trend
Présentation générale: dossier pays (Maison des Français de l'étranger - Min. des Aff. étrang. de France), Country Profiles (BBC News), Azerbaidjan Resource Page (Eurasianet)
Présentation approfondie du pays: Country Studies (Bibliothèque du Congrès, É.-U.)
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Radio-télévision: ANS
Relations France-Azerbaïdjan (Min. des Affaires étrang., Fr.)
Les langues de l'Azerbaïdjan (Ethnologue: Languages of the World)
Conseils aux voyageurs se rendant en Azerbaïdjan: Min. des Affaires étrang., Fr.; Min. des Affaires étrang. et du Commerce intern., Can. |
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| Capitale |
| Bakou |
| Population |
| 7 771 092 h. (estim., juillet 2001). Source: CIA |
| Superficie |
| 86 600 km2 |
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