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Chambardement global: la réplique du monde rural

Actes de la 15e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec. Thèmes principaux : Reconversion des territoires, Adaptation aux changements climatiques, Culture et économie, Énergie et développement rural, Gouvernance.
 
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Dossier
Asie centrale
"L’Asie centrale est aujourd’hui composée de cinq Républiques : Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan.

Dans les années 1960, on avait qualifié cet espace de «Milieu des Empires» car on ne peut séparer cette région des grands pays voisins: Russie, Chine, Asie de l’Est, Moyen-Orient.

Dans cette immensité géographique, le peuplement apparaît discontinu, les paysages comportent des steppes, des déserts, des oasis, des vallées et des hautes montagnes. Malgré les deux fleuves, Syr Daria et Amou Daria, l’eau est une richesse essentielle ; elle est depuis longtemps détournée, notamment pour les grandes cultures de coton. La mer d’Aral constitue un spectacle affligeant. Elle recevait, dans les années 1950, 60 milliards de mètres cubes d’eau, aujourd’hui elle en a moins de 7 milliards par an.

Nous sommes sur des territoires de grandes civilisations, d’invasions successives par les Perses, les Grecs, les Turcs et les Arabes Musulmans. Certains conquérants sont restés célèbres : Gengis Khan et Tamerlan. Sur ces terres se sont rencontrés la civilisation persane et le monde turc des steppes.

Au 16e siècle l’empire s’est divisé en trois Émirats : Khiva, Kokand et Boukhara, principautés pré-modernes fondées sur la loyauté dynastique et l’Islam.

Ce n’est qu’à partir de 1853 que la conquête russe a commencé sous l’autorité des tsars. Plus tard entre 1924 et 1936 ont été créées les cinq Républiques sous l’emprise des Soviétiques soucieux de diviser les communautés musulmanes et d’éviter toute possibilité de pan islamisme et de pan turquisme. Le but était donc de scinder pour diviser; on peut donc résumer l’histoire de cette vaste zone par le passage du despotisme au colonialisme tsariste puis soviétique. L’indépendance survenue brusquement en 1991, a été la conséquence de l’effondrement de l’ensemble soviétique à partir de son centre et non pas le résultat de contestations dans les Républiques périphériques.

Les pays d’Asie centrale ont donc accédé à l’indépendance sans l’avoir sollicitée et presque avec surprise."

source: Xavier de Villepin, L'Asie centrale: dix ans après les indépendances, juin 2001 (Sénat de la République française) - reproduction autorisée par le site du Sénat


Une caravane
Copyright : Waugh's Central Asia (reproduction à des fins non commerciales autorisée par le détenteur des droits)


Mosquée Gur-Emir (vue de l'est), Samarcande, Uzbekistan, vers 1905-1915
source: Sergei Mikhailovich Prokudin-Gorskii Collection (Library of Congress) - domaine public

Histoire
"L'histoire tourmentée de l'Asie centrale n'a. pas empêché la région de développer une forte identité.

1. Des origines à l'indépendance de l'Asie centrale

Plusieurs caractéristiques marquent l'histoire de l'Asie centrale.

Elle a accueilli des peuples, des religions et des empires qui ont rayonné sur toute l'Asie. Son histoire a été peu étudiée, car les recherches ont été concentrées sur les périodes au cours desquelles le coeur de l'Asie battait aux rythmes transasiatiques: diffusion du bouddhisme, Empire Mongol, naissance de l'URSS... En outre, aucun de ces moments forts de l'histoire n'appartient en propre à l'Asie centrale, leur évocation renvoie à d'autres horizons: l'islam au Proche-Orient, la Révolution d'octobre à la Russie ou les populations d'expression turque à la Turquie. Enfin, le carrefour géopolitique qu'est l'Asie Centrale au cours de l'histoire a entretenu des relations privilégiées avec ses grands voisins : le monde grec, l'Inde, la Chine, la Russie et la Perse.

Ces caractéristiques se retrouvent tout au long des quatre grandes périodes qui ont marqué l'histoire de la région.

a) L'Asie centrale pré-islamique

L'historien Vincent Fourniau fait remonter les fondements de la dualité nomades-sédentaires à la période s'étendant du VIe siècle avant Jésus-Christ à la conquête islamique, qui date du VIIIe siècle après J.-C. (1)

Ainsi le sud de l'Asie centrale a fait face durant plus d'un millénaire à la steppe du Kazakhstan, les populations sédentaires étant en contact avec les nomades de la grande steppe eurasiatique, " le plus important domaine de nomadisme pastoral de la terre ".

Les achéménides (535-327 avant J.-C.), l'empire d'Alexandre le Grand, la dynastie grecque des Séleucides (312 environ à 250 avant J.-C.), le royaume des Parthes - (247 avant J.-C. - IIIe siècle après J.-C.) - et les rois sassanides (227-651 après J.-C.) ont tous mené des campagnes contre les confédérations de nomades des steppes qui ont menacé leurs possessions.

Parmi ces puissantes confédérations nomades, il faut retenir les Sakas, les Scythes, la dynastie kouchan (IIe siècle avant J.-C. - IVe siècle après J.-C.) et les Kidarites. Les autres dynasties de nomades qui leur ont succédé à la tête des régions d'oasis, où elles ont connu une sédentarisation et une assimilation partielle, avaient une origine altaïque.

L'Asie centrale est donc, depuis l'aube de l'histoire, le lieu d'une intense circulation d'hommes et d'idées. L'ouverture d'une voie continentale entre la Chine et l'Occident au IIe siècle avant notre ère l'a placée au centre d'un équilibre entre grands empires.

b) La naissance de la civilisation islamique en Asie centrale

La conquête arabo-musulmane due à la dynastie des Omayyades de Damas au début du VIIIe siècle, a fait passer la Transoxiane -région au-delà de l'Oxus- dans l'orbite du monde musulman. La conquête de cette région a assigné pendant plusieurs siècles au fleuve Syr Daria, le rôle de frontière au-delà de laquelle l'islam n'a pénétré que bien plus tard et par paliers successifs.

L'époque qui a suivi l'établissement du pouvoir islamique en Transoxiane représente une étape majeure dans le renouvellement des zones d'influence politico-culturelle en Asie centrale. Elle a vu, en effet, la création d'un domaine politique musulman englobant les foyers les plus anciens des civilisations urbaines du Moyen-Orient. La civilisation islamique, qui est née dans le nouvel espace omayyade et s'est épanouie sous les premiers Abassides (750-1258).

Une symbiose entre le pouvoir turc préexistant et la religion islamique s'est ainsi opérée peu à peu, notamment lors de la dynastie des Seljoukides (1038-1194) sur la base d'une interaction entre nomades et sédentaires.

c) Le tournant du monde moderne

L'expansion des Mongols de Gengis Khan dans les régions soumises depuis des siècles à l'influence turque a jeté les bases d'une culture musulmane "turco-mongole" dans le développement de laquelle l'Asie centrale a joué un rôle essentiel.

La période allant du XIVe au XVIIIe siècle a vu la stabilisation et l'homogénéisation de l'Asie centrale.

L'empire de Timour Leng (Tamerlan), de 1370 à 1405, a été le seul de l'ère turco-mongole musulmane ayant eu la Transoxiane pour centre. A la mort du fondateur, les Timourides sont restés des acteurs du jeu politique dans l'ensemble de ces régions jusqu'à la fin du XVè siècle, date à laquelle les Timourides ont été vaincus par les Ouzbèks, venus des steppes d'au-delà du Syr Dana.

L'effondrement de cette dynastie a entraîné le remodelage des frontières politiques et ethniques d'une large part de l'Asie centrale, donnant place aux nouvelles aires des Kazakhs et des Ouzbèks. Ces aires correspondent approximativement l'une au Kazakhstan, l'autre à l'Ouzbékistan. Une large part du Tadjikistan et l'Ouest du Turkménistan ont connu conjointement deux types d'évolution entre les XVIe et XIXe siècle : l'éclatement politique, avec la formation de plusieurs entités, et une lente unification ethnique dans chacune d'elles. Les maisons régnantes ont été toutes musulmanes, gengiskhanides et ethniquement kazakhes au Nord, ouzbèkes au Sud du Syr Daria.

Cette phase de stabilisation a permis l'affirmation d'identités ethno-politiques régionales fortes - kazakhe, ouzbèke - que d'aucuns estiment être les fondements des nationalités d'aujourd'hui. Cette période a été marquée parallèlement par la perte d'influence de cette zone, due en partie à l'ouverture des voies maritimes à partir du XVIe siècle.

d) "L'ère européenne" de l'Asie centrale

"L'ère européenne" de l'Asie centrale correspond à l'expansion militaire russe dans cette région, qui s'achève en 1895 dans le Pamir. Cette lente avancée terrestre vers le sud, à partir de la longue frontière de Sibérie, s'est effectuée tout d'abord à travers les territoires kazakhs, puis dans les khanats ouzbèks, enfin dans le désert turkmène. La conquête tsariste a opposé la Russie à la Grande-Bretagne qui progressait, dans le même temps en direction du bassin de l'Indus et de l'Afghanistan.

L'avancée de la Russie en Asie centrale jusqu'en 1916 n'est, comme l'indique Olivier Roy (2), que l'aboutissement d'un processus multiséculaire d'expansion de l'Empire russe au détriment des populations musulmanes. La présence russe se concentre, sur le plan institutionnel et économique, sur quelques points vitaux, mais va provoquer les transformations profondes dans les steppes, au Turkestan et, dans une moindre mesure, dans les protectorats de Boukhara, Khiva et Kokand. Ainsi, l'appropriation par l'Etat russe des terres des nomades kazakhs, l'abolition du servage et l'expansion démographique russe vont engendrer un peuplement européen de grande ampleur dans les steppes, évolution renforcée par les " lois sur la terre dans les steppes " de 1889 et 1891.

La révolution d'Octobre a parachevé cette entreprise coloniale en Asie centrale en initiant la collectivisation de l'économie et la réforme culturelle -avec notamment l'élimination du persan-. L'Union Soviétique a définitivement fixé les frontières des républiques musulmanes en 1936.

L'installation d'une république islamique en Iran et le début de la crise afghane en 1979 ont créé une situation totalement nouvelle aux conséquences imprévisibles : pour la première fois depuis plus d'un siècle, un Islam revitalisé et expansionniste s'installe aux frontières des Etats musulmans soviétiques.

C'est dans ce contexte territorial et politique que les Etats d'Asie centrale accèdent à l'indépendance et entrent dans une période de reconfiguration politique.

2. Une identité régionale forte

L'histoire agitée de l'Asie centrale n'a pas empêché la région de développer une forte identité. A toutes les époques, s'y sont produits des contacts entre peuples, langues, religions et systèmes politiques et sociaux. Ils ont fait naître de nouvelles formes d'organisation sociale, d'expression intellectuelle ou artistique, dont l'une des constantes est l'interaction entre nomades et sédentaires.

L'identité de la région s'est façonnée avant le XVe siècle à l'intérieur de petites principautés ou de grands empires asiatiques. Les XVe et XVIe siècles ont été marqués par la création de vastes aires ethnopolitiques, correspondant approximativement aux cinq Etats actuels de la région, possédant une vie politique différente des autres sous-unités de Haute-Asie. Ces aires ethnopolitiques ont poursuivi leur existence, du XVIe au XIXe siècle, sans être conquises par leurs puissants voisins (Chine, Inde, Russie, Iran), mais sans qu'elles-mêmes étendent leur pouvoir sur les territoires de ceux-ci.

Les zones d'influence de ces empires dans la région entre le XVe et la fin du XVIIIe siècle ont modelé des identités ethnopolitiques dont les Républiques d'Asie centrale se réclament aujourd'hui. Elles revendiquent des filiations enracinées au fil des siècles, issues du morcellement récent d'une unité ethnique antérieure. Or, cette idée doit être considérée avec beaucoup de précaution.

En effet, aucun mouvement nationaliste n'est apparu en Asie centrale et n'y a préparé les indépendances comme en Arménie, en Géorgie ou dans les pays baltes. Les Républiques musulmanes de l'ex-URSS sont nées d'un décret de 1924. Des aires ethnopolitiques étaient en place dès la fin du XVe siècle. Mais c'est l'Union soviétique qui a, au cours du XXe siècle, joué le rôle de "machine à fabriquer des nations", comme l'indique très justement Olivier Roy.

Notes

1. Vincent Fourniau, Histoire de l'Asie centrale, Paris, PUF, «collection "Que Sais-je?"», 1992
2. Olivier Roy, La nouvelle Asie centrale ou la fabrication des nations, Paris, Seuil, 1997"

source: Mission effectuée au Kazakhstan, en Ouzbékistan et au Turkménistan. Rapport d'information 412 (97-98), Commission des Affaires économiques, Sénat de la République française (reproduction autorisée par le site du Sénat)

History of Civilizations of Central Asia (UNESCO)

William B. Brinton, An Abridged History of Central Asia

Enjeux
"L’évolution des régimes politiques

a) Continuité

Les représentants de la nomenklatura et apparatchiks du parti communiste local sont devenus les dirigeants et les responsables d’États souverains ayant abandonné l’idéologie marxiste-léniniste.

L’intégrité des territoires des nouvelles république n’a pas été remise en cause officiellement alors que cela n’a pas été le cas en Transcaucasie. Les problèmes aux frontières ont été résolus par le dialogue en particulier dans le cadre du forum de Shanghai auquel la Chine et la Russie participent.

b) 10 ans après

Le modèle soviétique influence donc l’appareil d’État. Il existe un parti dominant, en pratique le parti du Chef de l’Etat. Les Parlements ont conservé les habitudes des Soviets Suprêmes. Ces tendances apparaissent flagrantes au Turkménistan où le Président Nyazov, déjà Président à vie, serait en passe de se voir décerner le titre de Prophète. En Ouzbékistan et au Kazakhstan, les constitutions ont été inspirées du modèle français mais ce « printemps centre asiatique » fut de brève durée.

Le changement réside dans le recours généralisé à la nation et au nationalisme. La langue nationale retenue a été celle de l’ethnie dominante, même si le russe demeure langue de communication et de culture. Le passé proche n’étant pas toujours présentable, on a, tout au moins en Ouzbékistan, fait appel aux grands personnages historiques du passé comme Tamerlan et Babour.

c) Perspectives

Les élites en place représentent donc le produit d’un système classique qui a prévalu pendant plus de 70 ans derrière l’apparence soviétique. La question de l’alternance ne se pose pas dans l’immédiat : les dirigeants sont relativement jeunes, ils sont auréolés de leur image de « pères de l’indépendance » et ils ont obtenu de leur Parlement le prolongement de leurs mandats - jusqu’en 2013 en principe au Kazakhstan.

Malgré cette stabilité institutionnelle, il existe des risques de tension, car les États demeurent faibles et souvent pauvres.

Y a-t-il une menace islamique?

a) L’Islam en Asie centrale

Nous sommes en terre très ancienne d’Islam, apparue aux 7e et 8e siècles. La population est de religion sunnite de rite hanafite à l’exception de communauté chiites ismaéliens de taille réduite.

Le soufisme s’est développé dès le 12e siècle et les confréries ont joué un rôle de résistance à la colonisation russe permettant à l’Islam de se maintenir dans la clandestinité à l’époque soviétique.

b) Après la disparition de l’URSS

Deux États, dans leur constitution, se sont proclamés laïques, le Tadjikistan et le Kazakhstan.

Le réveil religieux après 1991 n’a pas été d’importation étrangère, il est la réapparition au grand jour d’une foi et de pratiques qui n’avaient jamais cessé d’exister, l’expression d’une appartenance à la civilisation musulmane.

On constate ainsi la construction de mosquées, le retour des étudiants et les pèlerinages à la Mecque. Des influences extérieures sont apparues notamment des missionnaires d’Arabie Saoudite ou du Pakistan.

c) Mouvements islamiques en Asie centrale

Deux zones d’agitation sont reconnues : la vallée de Garm au Tadjikistan et celle du Ferghana en Ouzbékistan, c’est ce dernier pays qui est peut-être le plus menacé. Il existe un mouvement islamique ouzbek, le M.I.O. Celui-ci changerait sa dénomination pour devenir un parti islamiste du Turkestan reflétant ainsi une nouvelle stratégie régionale du M.I.O.

La région dans son ensemble connaît de temps à autre des tensions notamment en février 1999 à l’occasion d’un attentat contre le Président Karimov à Tachkent. Les risques d’une menace islamiste ne peuvent donc pas être écartés surtout en raison de la proximité de l’Afghanistan. Ce qui est peut-être le plus à craindre tient à la paupérisation, à l’insuffisance de l’emploi et au rétrécissement de la vie politique. Un nouveau mouvement islamiste sur la scène régionale, le Parti de la Libération cherche aujourd’hui à exploiter ces faiblesses.

Si les cinq pays d’Asie centrale ont des rapports difficiles entre eux, la coopération tend à s’organiser sous l’égide de la Russie et du groupe de Shanghai qui regroupe une Chine très attentive à ce qu’il se passe en Asie centrale."

source: Xavier de Villepin, L'Asie centrale: dix ans après les indépendances, juin 2001 (Sénat de la République française) - reproduction autorisée par le site du Sénat

Carte
Carte des principaux groupes ethniques d'Asie centrale

Asie centrale: un enchevêtrement de nations et de conflits (Le Monde diplomatique)

Carte de l'Asie Centrale et de l'Inde. Atlas catalan, Espagne, Majorque XIVe s. (BNF, ESP 30)

Itinéraires
Histoire des routes de la soie (Unesco)
Les caravansérails (Unesco)

Documentation
Jean-Paul Roux, L’Asie centrale - Histoire et civilisations, Paris, Fayard, 1997, 528 p. Compte rendu: Vincent Vier, Histoire des confins.

L'Asie centrale, dix ans après les indépendances : quels nouveaux enjeux ? Les exemples du Kazakhstan et de l'Ouzbékistan. Rapport d'information 320, Commission des Affaires étrangères du Sénat, France (2000-2001)

Bernard Chambaz, Abécédaire de l'Asie centrale, Le Monde diplomatique, janvier 2001

L'Asie centrale en marche. Conférence CEI. Publication du HCR pour la conférence sur les minorités dans les pays de la CEE, mai 1996. La question des réfugiés en Asie centrale

Proceedings of the International Symposium on Revitalization of Traditional Ceramic Techniques in Central Asia: Blue of Samarkand, Ouzbékistan, 6-9 juin 2000
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Raccourcis intéressants

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Dernière mise à jour: 09/22/2006
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