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Chambardement global: la réplique du monde rural

Actes de la 15e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec. Thèmes principaux : Reconversion des territoires, Adaptation aux changements climatiques, Culture et économie, Énergie et développement rural, Gouvernance.
 
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Argentine
"Située au sud-est de l’Amérique du Sud, l’Argentine s’étire sur plus de 3500 km du nord au sud: sa frontière nord se situe au-dessus du tropique du Capricorne, et sa pointe sud à quelques centaines de kilomètres de l’Antarctique.

L’Argentine est bordée par le Chili à l’ouest, la Bolivie et le Paraguay au nord, le Brésil et l’Uruguay au nord-est et l’océan Atlantique à l’est. Elle a pour frontières naturelles la Cordillère des Andes à l’ouest, et quatre fleuves (le Pilcomayo, le Paraná, le Paraguay et l’Uruguay) au nord-est et à l’est.

Le pays est situé dans l’hémisphère sud: ses saisons sont donc inversées par rapport à celles des pays de l’hémisphère nord. Janvier et février sont les mois les plus chauds, et juillet et août les mois les plus froids. Les températures varient beaucoup d’une extrémité de l’Argentine à l’autre. 

Le nord a un climat très humide l’été, d’où la végétation subtropicale qui couvre la majeure partie de la Mésopotamie, région du nord-est du pays. La plaine du Gran Chaco est souvent inondée sur de vastes étendues.

La plaine centrale, la Pampa, est une région de prairies et de lacs; très fertile, elle est propice à l’agriculture. La Patagonie, au sud, est une zone de hauts plateaux atteignant parfois jusqu’à 1500 m d’altitude, balayés par les vents et entaillés par de profonds canyons. À l’extrême sud, la Patagonie se prolonge dans la Terre de Feu (Tierra del Fuego), archipel séparé du continent par le détroit de Magellan. Ushuaia, en Terre de Feu, est la ville la plus australe du monde.

À l’ouest, la Cordillère des Andes traverse le pays sur toute sa longueur. La partie nord des Andes est quasi désertique. Les régions andines les plus au sud sont les plus humides; on y trouve de nombreux lacs et des glaciers. Le mont Tronador (tronador signifie « tonnerre ») tient son nom du craquement des glaciers qui fondent et cassent sous le soleil d’été.

Survol de la vie économique

L’Argentine est pendant longtemps restée un pays agricole. Les fermiers cultivaient du blé dans la Pampa et s’occupaient de grands élevages de bovins et de moutons. Aujourd’hui, seulement 10 % de la population active travaille dans le secteur agricole. La plupart des Argentins travaillent dans le secteur tertiaire, l’industrie du gaz et du pétrole, les mines, les chantiers navals, la construction automobile, l’industrie alimentaire et l’industrie du tabac.

Les Argentins très riches, surtout les membres de la classe politique et les propriétaires et les cadres supérieurs des grandes compagnies, vivent dans le plus grand luxe. Les plus démunis habitent quant à eux dans les villas miserias (bidonvilles) et n’ont que des emplois de misère, tel cireur de souliers ou vendeur ambulant. Entre ces deux extrêmes, se trouvent les salariés du secteur agricole et des usines, les employés de bureaux, et le personnel scolaire et médical. Les syndicats, autrefois très actifs et bien organisés, ont perdu de leur puissance.

Dans les petites villes, bureaux et commerces ferment pendant deux ou trois heures à midi; c’est le moment le plus chaud de la journée et les gens en profitent pour faire la sieste. Les commerces restent toutefois ouverts assez tard, souvent jusqu’à 21 h.

Le développement économique rapide que connaît le pays depuis la fin du XIXe siècle a entraîné une participation accrue des femmes dans le monde du travail. Celles-ci forment maintenant 40 % de la population active, et dans 33 % des foyers argentins, le revenu principal est celui de la femme. L’Argentine a été l’un des premiers pays d’Amérique latine à légiférer sur les conditions de travail des femmes et des enfants : c’est le Parti socialiste qui adopta la loi en 1907.

Suite aux difficultés économiques des années 1980 et 1990, de nombreux Argentins se sont vus obligés de prendre deux ou trois emplois pour pouvoir subvenir aux besoins de leur famille. La politique gouvernementale des années 1990 a permis d’estomper certains effets de la crise économique, mais le taux de chômage dépasse toujours 13 %.

Langues parlées

La langue officielle de l’Argentine est l’espagnol. Mais l’espagnol argentin est très différent de celui que l’on parle en Espagne: à l’oreille il ressemble presque plus à l’italien qu’à l’espagnol. On parle plusieurs autres langues en Argentine, notamment l’italien, l’allemand, l’anglais et le français. Le tehuelche, le guarani et le quechua sont les principales langues autochtones encore parlées aujourd’hui en Argentine.

Vous pourrez peut-être distinguer les Argentins des autres Sud-Américains par leur fréquente utilisation de l’interjection che, mot qui vient de la langue autochtone mapuche, et signifie «homme». Un Argentin dira par exemple Che, veni («Eh, viens ici, toi»). L’Argentine est connue dans toute l’Amérique latine comme le pays du che.

Tous les Argentins parlent au moins quelques mots de lunfardo, ce type d’argot originire des bidonvilles de Buenos Aires de la fin du xixe siècle. Le lunfardo comprend des éléments espagnols, italiens, portugais et d’autres langues. L’une des particularités du lunfardo est d’inverser l’ordre des syllabes d’un mot: ainsi, en lunfardo, tango devient gotan.


Religions et croyances

Autrefois, en Argentine, la religion catholique jouait un rôle très important dans la politique et le droit. Avant que la Constitution ne soit modifiée en 1994, les deux plus hauts dirigeants du pays devaient absolument être catholiques. Aujourd’hui, même si, officiellement, 90 % des Argentins sont catholiques, moins de 20 % vont régulièrement à l’église. La plupart y vont uniquement pour les cérémonies de mariages, les funérailles ou les jours de fêtes.

Chaque année, de nombreux Argentins se rendent à l’un des nombreux lieux de pèlerinage du pays. Le lieu saint le plus visité est Luján, à 65 km à l’ouest de Buenos Aires. Des milliers de personnes font le trajet de Buenos Aires à Luján à pied pour y honorer la sainte patronne de l’Argentine, la Vierge de Luján. On raconte qu’en 1620, la charrette que l’on utilisait pour transporter une statue de la Vierge de ville en ville, s’embourba à Luján et ne put être bougée. Les habitants auraient alors construit une chapelle pour protéger la statue, à l’emplacement même où, aujourd’hui, se dresse la grande basilique de Luján.

La plupart des provinces et des villes de l’Argentine ont un saint patron qu’elles honorent tous les ans. Le 15 septembre, dans la province de Salta, au nord du pays, se tient un pèlerinage en l’honneur de Notre Seigneur des miracles. La population croit être protégée des dangers par une statue de Jésus-Christ qui, rejetée par la mer en 1592, fut alors portée à l’intérieur des terres dans la ville de Salta. Ce jour là, les gens défilent en procession dans les rues en portant la statue et en chantant des hymnes. Itatí, sur la rivière Parana, estun autre lieu de pèlerinage important: le 16 juillet, la population vient y honorer la Vierge d’Itatí, dont la statue a été sculptée par un artiste guarani.

Si la Constitution désigne le catholicisme comme religion officielle du gouvernement fédéral, elle garantit aussi la liberté de culte pour tous. Il y a d’importantes communautés juives et musulmanes en Argentine, ainsi que des Protestants et des Orthodoxes russes, grecs et syriens.
Certains peuples autochtones se sont convertis au catholicisme, d’autres ont conservé leurs croyances traditionnelles. De nombreux Collas des provinces de Salta et de Jujuy, dans le nord-ouest du pays, assistent aux cérémonies catholiques tout en préservant leur culte traditionnel. Chaque année, dans la province de Catamarca, a lieu un festival en l’honneur de Pachamama, la mère Terre.


Situation de la santé

Le système de santé public argentin permet à environ 18 millions de personnes de bénéficier d’une couverture médicale par l’intermédiaire de leur syndicat, et de se faire soigner dans des cliniques appelées obras sociales. Près de 4 millions de personnes des classes moyenne et supérieure préfèrent se tourner vers des régimes privés d’assurances. Certaines des grandes compagnies d’assurance-maladie possèdent des hôpitaux.

Environ 12 millions d’Argentins, soit le tiers de la population, n’ont aucune assurance-maladie; près de la moitié d’entre eux sont des enfants. Ils peuvent se faire soigner dans les hôpitaux publics, mais si ces derniers sont équipés pour traiter les urgences, ils n’ont pas toujours l’équipement et les ressources nécessaires pour les autres traitements. Les compressions budgétaires gouvernementales en matière de santé ont ainsi privé de nombreuses personnes démunies des soins médicaux dont elles auraient besoin.

Dans la plupart des régions, les habitants ont l’eau potable et vivent dans de bonnes conditions sanitaires. Mais les Argentins des villas miserias et des régions pauvres de l’intérieur du pays, surtout dans le nord, vivent dans des conditions sanitaires très précaires et n’ont souvent aucun accès aux soins médicaux; la plupart des maisons n’ont ni eau courante, ni tout-à-l’égout, ni électricité. Le choléra et la tuberculose ont refait leur apparition dans certaines régions et les maladies associées au sida se propagent de plus en plus.


Le monde de l'éducation

La société argentine accorde beaucoup d’importance à l’éducation. C’est le Conseil national de l’Éducation qui établit le programme que devront suivre toutes les écoles du pays. On estime en effet qu’un tel système encourage l’unité nationale.

En Argentine, l’école est obligatoire de six à quatorze ans; la maternelle est facultative pour les enfants de quatre ou cinq ans. Les écoles primaires publiques sont gratuites, mais il n’y a pas de transports scolaires et les élèves doivent acheter leurs livres et leur uniforme, genre de blouse blanche de laboratoire. Les écoles privées, souvent parrainées par les églises ou d’autres institutions, sont payantes. Des programmes d’éducation spécialisée sont aussi offerts aux enfants ayant des problèmes d’apprentissage.

À leur arrivée à l’école, les enfants hissent le drapeau et chantent l’hymne national. Certains vont à l’école le matin, de 8 h à 12 h, les autres l’après-midi, de 12 h à 17 h. Les élèves ont droit à trois récréations de 10 minutes chacune. Dans les zones rurales, les élèves se rendent parfois à l’école à cheval. Certaines grandes estancias ont une salle de classe pour les enfants vivant sur le domaine.

Pour entrer à l’université, il faut faire cinq ans de secondaire et passer le bachillerato (baccalauréat). Ceux qui envisagent de travailler dans le commerce, l’agriculture, la mode ou la mécanique iront plutôt dans des écoles de commerce ou des lycées d’enseignement professionnel. Les futurs enseignants s’inscrivent à l’escuela normal (école normale). 
 

Les personnes de 20 ans et plus qui ont dû abandonner l’école au secondaire pour travailler à plein temps et aider leur famille peuvent revenir finir leurs études. Il existe aussi des cours du soir pour les personnes qui travaillent pendant la journée.

Il y a environ 50 universités en Argentine. Environ la moitié sont publiques et gratuites, les autres sont privées (catholiques ou autres) et payantes. L’Université de Buenos Aires est la plus grande d’Amérique du Sud avec 140 000 étudiants. L’université de Córdoba, fondée par les Espagnols en 1613, est la plus vieille du pays.


Arts et littérature

C’est à Buenos Aires qu’est né le tango, danse complexe exécutée sur un air rythmé, souvent très émouvant. Considéré aujourd’hui comme une danse raffinée et élégante, le tango est né dans les taudis dans les années 1880, les plus démunis ayant trouvé dans le tango un moyen d’exprimer leurs frustrations quotidiennes. Dans les années 1920-1930, le tango fit son entrée sur la scène internationale, notamment grâce au chanteur Carlos Gardel. La musique de tango est jouée par des orchestres constitués d’un bandonéon (genre d’accordéon), d’un violon et d’une guitare. Des musiciens comme Astor Piazzola ont su renouveler le tango et le remettre à la mode en y introduisant des éléments de jazz.

A l’extérieur de Buenos Aires, on danse aussi la zamba et l’escondido, la danse des gauchos, qui s’exécute sur une musique évoquant le galop des chevaux. La musique traditionnelle argentine reste très vivante, grâce aux musiciens comme Atahualpa Yupanqui, Mercedes Sosa et Ramona Galarza. L’opéra connaît également une certaine popularité auprès des Argentins. Les opéras Bomarza et Don Rodrigo, du compositeur argentin Alberto Ginastera, ont été joués dans le monde entier. L’opéra de Buenos Aires, le Teatro Colón, est l’un des plus beaux bâtiments de la ville.

L’Argentine a une industrie cinématographique florissante. L’un des films argentins les plus connus est L’Histoire officielle, de Luis Puenzo, qui a remporté l’oscar du meilleur film étranger en 1986.

La sculpture et la peinture argentines du xixe siècle étaient influencées par les mouvements européens. Mais au XXe siècle ont émergé des styles typiquement argentins. Dans les années 1970 est apparu un groupe de jeunes artistes - "Les peintres nouvelle image" - dont les tableaux représentent des objets de la vie quotidienne placés dans des contextes inhabituels, ce qui oblige le public à imaginer une histoire qui justifierait ce qu’il a sous les yeux.

Parmi les grands écrivains argentins, on citera Jorge Luis Borges (1899-1986), auteur de recueils de nouvelles qui mêlent fantastique, mythologie et symbolisme, dont Fictions et Labyrinthes; Julio Cortázar (1914-1984), romancier et nouvelliste dont la nouvelle Las Babas del diablo (La Bave du diable) a servi de base au film d’Antonioni Blow-Up; Ernesto Sábatao (1911-), romancier et essayiste dont le plus célèbre roman est Sobre heroes y tumbas (Héros et Tombes); et Manuel Puig (1932-1990), l’auteur de El beso de la Mujer Araña (Le Baiser de la femme araignée), roman porté avec succès à l’écran et à la scène."

L'Argentine (Projet des Profils culturels)
© Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto - reproduction autorisée par le site d'origine


Paysage d'Argentine
© Rudolf Blum, Zollikerberg - visipix.com

Histoire
Avant la colonisation espagnole, l’Argentine était habitée par de nombreux groupes indigènes: Araucano-Mapuches, Chiriguans, Chorotis, Collas, Diaguitas, Guaranis, Mocovís, Onas, Tehuelches, Tobas, Wichís et Yamanas.

Les Espagnols commencèrent à explorer la région au début du XVIe siècle: ils fondèrent la colonie de Puertro Nuestra Señora Santa Maria de Buen Aire (Port de Notre-Dame-sainte-
Marie du Bon Air) à l’embouchure de la rivière La Plata. D’autres colons espagnols, en provenance du Pérou, s’installaient dans le nord du pays. La colonie releva pendant longtemps de la vice-royauté du Pérou. Au XVIIIe siècle, certains colons se mirent à chasser le bétail sauvage de la pampa. Ils se donnèrent le nom de Gauchos et développèrent une culture distincte qui intègre plusieurs des coutumes des Autochtones.

En 1806-1807, les Britanniques tentèrent de s’emparer de Buenos Aires, mais sans succès. Le 25 mai 1810, deux ans après que Napoléon eut destitué le roi d’Espagne et mis son propre frère sur le trône, un groupe insurrectionnel déposa le vice-roi français qui avait été nommé à la tête de la colonie. L’Argentine proclama son indépendance le 9 juillet 1816 lors du congrès national de Tucumán. Le pays n’adopta une constitution qu’en 1853.

Après l’indépendance, l’immigration européenne permit au pays de se développer, et au début du xxe siècle l’Argentine était devenue un pays prospère. Mais en 1930 l’armée prit le pouvoir et plusieurs dictateurs se succédèrent à la tête du pays. En 1946, Juan Domingo Perón devint président, avec à ses côtés sa femme, María Eva Duarte, la célèbre Evita, personnalité extrêmement populaire, qui mourut en 1952. Perón fut renversé par l’armée en 1955 et exilé.

Après le départ de Perón, factions péronistes et non-péronistes se disputèrent le pouvoir. Perón revint d’exil en 1973, mais mourut un an plus tard. Isabelita, sa troisième femme, lui succéda au pouvoir; elle fut renversée par une junte militaire en 1976. Commença alors "la Guerre sale": les militaires tentèrent de supprimer toute opposition à leur régime et près de 30 000 personnes furent tuées.

En 1982, l’Argentine entra en guerre avec la Grande-Bretagne au sujet des îles Falkland ou Malouines (Islas Malvinas). L’Argentine fut vaincue, et le gouvernement militaire perdit son prestige. En 1983, la démocratie fut restaurée et l’avocat Raúl Alfonsín élu président. Carlos Saul Menem, un péroniste, lui succéda en 1989. En 1994, l’Argentine adopta une nouvelle constitution.

L'Argentine (Projet des Profils culturels)
© Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto - reproduction autorisée par le site d'origine

Voir aussi: Brève histoire (CountryWatch.com, angl.)

Enjeux
Situation politique

"En raison des déséquilibres budgétaires aux niveaux des gouvernements national et provinciaux, et de la surévaluation de la monnaie qui a découragé les exportations, la situation économique et financière est restée précaire en Argentine pendant plus d'une année. L'ex-gouvernement de coalition de l'Alliance sous la présidence de M. Fernando de la Rúa, n'a pu inverser la persistante récession qui dure depuis quatre ans, ni gérer la dette de 141 milliards $US.

Face aux troubles civils largement répandus et qui sont la cause d'au moins 28 morts, et à l'intense pression exercée par les dirigeants du parti de l'opposition, le président Fernando de la Rúa a annoncé sa démission, le 20 décembre 2001. Il avait à peine achevé la deuxième des quatre années de son mandat. L'Assemblée législative a élu le sénateur Eduardo Duhalde à la présidence le 1er janvier 2002, après une période tumultueuse de deux semaines, pendant laquelle l'Argentine a nommé trois autres présidents, en plus de De la Rúa et de Duhalde.

Lors de sa prise de fonctions, le président a immédiatement pris la décision de cesser les paiements des emprunts souverains (141 milliards $US) et a mis fin au régime de convertibilité qui était en vigueur depuis une décennie et qui liait le peso au dollar américain. Parallèlement, le gouvernement a maintenu d'amples restrictions sur les opérations bancaires et la circulation des devises, dans l'espoir d'étancher ainsi l'hémorragie de dépôts qui menaçait le secteur bancaire.

Le plus grand défi permanent du président Duhalde restera la lutte continuelle pour équilibrer les pressions exercées par divers intérêts financiers et sociaux. Le fait de ne pas réussir à convaincre la communauté internationale d'un programme de réforme viable pourrait accroître l'isolement économique du pays.

Situation économique

Une politique économique cohérente depuis 1991, grâce à la mise en oeuvre de l'alignement peso-dollar, a conduit l'Argentine à un certain niveau de stabilité macroéconomique, politique qui a eu, toutefois, pour inconvénient immédiat et durable une hausse du chômage pendant six ans, une sous-production, et un ramollissement du secteur des exportations à l'étranger. Malgré les efforts du gouvernement pour mettre en oeuvre des réformes budgétaires et fiscales, l'économie a continué d'être entraînée dans une spirale descendante sous le gouvernement de coalition de l'Alliance de De la Rúa.

Le FMI a exhorté le nouveau gouvernement Duhalde à coopérer à l'élaboration d'un train de mesures économiques complet et cohérent, afin de créer un plan économique durable. Jusqu'à présent, le président Duhalde n'a pas pu obtenir de nouveaux fonds du FMI, malgré l'adoption d'un budget austère pour 2002, incluant des mesures de compression des coûts. On dit que le gouvernement cherche à obtenir jusqu'à 23 milliards $US d'aide additionnelle du FMI pour stabiliser le système financier national et raviver son économie moribonde.

Le peso s'est énormément affaibli, passant de 2,6 à 3,9 au dollar à la fin du mois de mars, malgré les mesures gouvernementales annoncées pour restaurer la confiance à l'égard du secteur économique et du peso. La baisse de valeur du peso est due, en grande partie, à l'incapacité du gouvernement Duhalde de parvenir à une entente avec le FMI au sujet d'une nouvelle aide. De plus, les prévisions budgétaires d'une contraction économique de 4,9 % pour 2002 et d'une inflation de 15 %, par rapport à un taux de chômage de 22 %, assombrissent les perspectives économiques de l'Argentine à moyen terme.

Politique étrangère

L'Argentine accorde une grande priorité aux relations avec ses partenaires du Mercosur, et notamment avec le Brésil, son principal partenaire économique. En plus de stimuler le commerce entre ses membres, cette union douanière est également une association politique et met en place des éléments de coopération en matière de politique et de sécurité. Les déboires économiques de l'Argentine, cependant, ont quelque peu tendu les relations au sein du Mercosur au cours des derniers mois.

Les relations historiquement médiocres de l'Argentine avec le Chili se sont améliorées ces dernières années, notamment avec le règlement, au mois de novembre 1999, du dernier des nombreux différends frontaliers persistants. L'Argentine est l'ex-président du processus de négociation de la Zone de libre-échange des Amériques et sera l'hôte du prochain Sommet des Amériques.

L'Argentine est devenue un membre très actif et constructif de la communauté internationale, participant aux opérations de paix des Nations Unies et se joignant à d'autres membres des Nations Unies dans le cadre d'efforts tels que la guerre du Golfe, l'application des sanctions contre l'Iraq, et les efforts visant à instaurer la démocratie en Haïti. Au cours des dernières années, elle est devenue le pays d'Amérique latine le plus actif dans le contexte des opérations de maintien de la paix des Nations Unies. L'Argentine est également membre du groupe des États intéressés associés à la Commission internationale de l'intervention et de la souveraineté des États (CIISE).

Le différend avec le Royaume-Uni au sujet de l'avenir des îles Malouines (Falkland) n'est toujours pas réglé et reste sensible sur le plan politique, bien que les relations bilatérales entre l'Argentine et le Royaume-Uni soient, par ailleurs, normales."

Argentine: profil du pays, mai 2002 (L'Amérique latine et les Antilles - copyright: Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada - tous droits réservés; reproduction pour utilisation publique non commerciale autorisée)

* * *

Texte rédigé avant la crise de la fin de 2001 et du début de 2002; il en fournit cependant le contexte général:

"L’Argentine a 38 millions d’habitants. Elle est le 8e pays au monde par la superficie avec 2 784 000 km². Son voisin principal fait partie des géants du monde, le Brésil a maintenant 172 millions d’habitants et d’ici 2025 il pourrait en avoir 220. Par la richesse du PNB, Buenos Aires se trouve en 17e position entre l’Australie et la Turquie. L’origine du peuplement est essentiellement européen : italien, espagnol, britannique et plus faiblement français.

Malgré bien des atouts, l’Argentine traverse depuis des années de grandes difficultés. Par suite d’une diminution des flux de capitaux à destination des pays émergents, le pays ne dispose pas de marge de manoeuvre en matière de politique monétaire. Il a choisi, en effet, le système de caisse de conversion c’est-à-dire de se donner une parité fixe avec le dollar.

La politique budgétaire est contrainte par les possibilités de financement acceptées par les marchés, la baisse des prix des matières premières et notamment agricoles observée en 1998, la dévaluation très forte du Réal brésilien et la hausse du dollar américain ont eu un effet négatif sur le potentiel commercial argentin. Monsieur Cavallo qui avait sauvé l’économie entre 1991 et 1996 en établissant une parité entre pesos et dollars de un pour un a donc cherché en 2000 et 2001 à réduire la dérive des comptes publics, à lutter contre l’évasion fiscale, à renégocier un accord avec le FMI.

I. La politique suivie par Domingo Cavallo

Lors de son retour au gouvernement, le héros d’autrefois a tenté d’appliquer une politique de déficit zéro, la seule selon lui, permettant de récréer les conditions d’une reprise de la croissance. Le principe de cette stratégie est le suivant: il s’agit purement et simplement d’aligner sur une base mensuelle les dépenses de l’État sur les recettes fiscales encaissées le mois précédent. Il a donc fallu, pour suivre ce plan, baisser de 13 % les salaires publics et les retraites. Le texte voté par les députés prévoit que l’ajustement ne s’appliquera qu’aux rémunérations supérieures à 1000 dollars par mois. Ces mesures douloureuses ont entraîné des grèves des fonctionnaires et une grande lassitude de l’opinion.

La coalition gouvernementale semble fragile, il est difficile pour elle d’obtenir la majorité au Congrès et le parti péroniste paraît divisé sur la politique à suivre (élection parlementaire partielle du 14 octobre 2001 et élection présidentielle de 2003). La situation financière de la province de Buenos Aires semble particulièrement préoccupante. Elle doit se procurer 1300 millions de dollars d’ici la fin de l’année pour faire face à ses besoins de financement.

L’assemblée locale a donc dû voter une loi d’ajustement qui prévoit une baisse progressive des salaires publics et des retraites et l’émission de bons appelés «Patacones» afin de pouvoir régler une partie des salaires des fonctionnaires provinciaux et payer ses fournisseurs. Le problème est hélas tout simple, le peuple préfère les dollars. La stratégie de déficit zéro, si elle apparaît comme la seule solution aux problèmes d’une Argentine, qui n’a plus accès non seulement au financement externe mais aussi au crédit interne, ne peut avoir qu’un impact récessif sur l’activité économique. On constate une hémorragie des dépôts bancaires et des réserves internationales. Ce phénomène de fuite des capitaux représente la menace la plus sérieuse pour l’économie argentine. Avec le retrait des dépôts, il a été impossible d’éviter une contraction du crédit.

Sur le plan social, l’Argentine est plongée dans la récession depuis 3 ans avec un taux de chômage qui atteint plus de 16 % et une accentuation de la paupérisation. La classe moyenne est évidemment la plus atteinte. Il n’est pas exagéré de résumer en une phrase la situation: «le spectre du défaut de paiement plane sur l’Argentine».

Le FMI n’a pas manqué de venir au secours de ce pays ami des États-Unis. La récente bouée de sauvetage porte à 21,5 milliards de dollars le montant de la ligne de crédit dont dispose l’Argentine et ne lui permettra pas d’avoir durablement la tête hors de l’eau.

II. La situation politique de l’Argentine

Au seuil de sa quatrième année de crise économique, l’Argentine offre un visage tourmenté et sans vision d’avenir. La politique gouvernementale cristallise une contestation croissante y compris dans les rangs de l’alliance au pouvoir, alors que le décalage se creuse entre une population désabusée, inquiète et une classe politique discréditée. Le ministre de l’économie, M. Cavallo, est la cible privilégiée du ressentiment général. Le gouvernement fait face à un climat social inquiet et l’on constate la hausse de l’insécurité urbaine et de la précarité.

Le 14 octobre auront lieu le renouvellement du Sénat, de la moitié de la Chambre des députés et de plusieurs assemblées provinciales. Les Argentins, entre désarroi et résignation, devraient censurer avec éclat la gestion gouvernementale et au-delà la classe politique et son incapacité à proposer des messages clairs et une solution alternative à la triple crise sociale, économique et politique. Avec l’opposition grandissante entre MM. Alfonsin et De la Rua, le parti radical renoue avec ses divisions historiques entre une mouvance sociale et populiste et une tradition plus élitiste.

Une femme est apparue, Mme Elisa Carrio, qui a créé un mouvement «Argentine République d’Égaux». Elle a acquis une stature nationale et apparaît de plus en plus comme le contrepoint du reste de la classe dirigeante suspectée de protéger d’abord ses propres intérêts et d’être malhonnête. Madame Carrio est aujourd’hui la figure politique qui a la meilleure image, mais elle vient de décider de ne pas se présenter aux élections législatives du 14 octobre 2001 alors qu’elle figurait en tête des intentions de vote dans la province de Buenos Aires. Elle veut, dit-elle, se consacrer pleinement à la lutte contre la corruption et se réserver pour l’élection présidentielle de 2003.

À quatre semaines des élections législatives argentines, c’est le manque de visibilité qui prévaut, sur fond de déchirement au sein de l’alliance au pouvoir et face à une hostilité généralisée contre les choix économiques de M. Cavallo, les électeurs devraient, plus par dépit que par conviction, accorder leur préférence au péronisme.

Conclusion

Quel avenir pour l’Argentine? On peut certes envisager de nouvelles rallonges du FMI. Le pays sera-t-il obligé de dévaluer pour aider ses exportations vers le Brésil? Des voix s’élèveront probablement pour dollariser complètement l’économie et abandonner le peso. Pour toute l’Amérique latine, apparaît un facteur nouveau: la croissance est en panne simultanément aux États-Unis, en Asie (hors Chine) et en Europe: Trois zones à la base de 75 % de la croissance mondiale.

Après avoir minimiser les risques d’une éventuelle propagation, les États-Unis sont de plus en plus inquiets vu leur propre situation économique, aggravée par les attentats du 11 septembre. Ce qui a été fait en Argentine jusqu’à présent a permis de gagner quelques mois, avant le risque d’un défaut de paiement. Ce spectre continuera de planer tant que la politique économique de Buenos Aires n’aura pas renoué avec la croissance. Le vrai danger serait l’extension du mal à toute l’Amérique latine. L’Europe et la France devraient porter plus d’attention et de considération à nos amis d’Amérique latine."

Xavier de Villepin, Crise en Argentine et risque d'extension en Amérique latine, septembre 2001 (site du Sénat de la République française) - reproduction autorisée par le site du Sénat

Carte
Source en ligne: http://cwr.utoronto.ca/cultural/fre/argentina/index.htmlsource : L'Argentine (Projet des Profils culturels)
© Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto - reproduction autorisée par le site d'origine


Carte des provinces (Ministère des Affaires étrangères, Fr.)

Attraits
Sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco:
À la découverte de Buenos Aires (Office du tourisme de l'Argentine, angl.)
Les chutes d'Iguazu (site personnel)
La Patagonie (site personnel)

Itinéraires
Choix d'itinéraires (Routard.com)

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Actualités: Yahoo! France Actualités, Yahoo! News, The Washington Post. En espagnol: la crise économique (Yahoo! Argentina)
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Présentation générale du pays: dossier Pays (Maison des Français de l'étranger, Min. des Aff. étrang., Fr.), notice (Yahoo! Encyclopédie) Argentina Tour, Web de l'Amérique latine, Quid, Country Profile (BBC News), CIA - The World Factbook, Country Brief (Autralian Department of Foreign Affairs and Trade)
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Centro de Documentacion de Pueblos Indigenas (esp.)
Pueblos Indigenas (esp.)
Relations autochtones Canada-Argentine (Min. des Aff. étrang. et du Comm. intern., Can.)
Situation des droits de l'homme: Freedom in the World, Amnistie internationale
Économie:
Situation économique (CountryWatch.com)
Indices de la bourse de Buenos Aires (Yahoo! France)
Country Commercial Guides for FY 2000: Argentina (Département d'État américain)
1999 Country Report on Economic Policy and Trade Practices - Argentina (Bureau of Economic and Business Affairs, Département d'État américain, mars 2000)
The Complete Guide to Business With Argentina (Fundacion Invertir Argentina)
Aide humanitaire:
Aide canadienne (Agence canadienne du développement international)

Énergie:
Profil énergétique (Energy Information Administration, E.-U.)
Situation énergétique (Country Brief Analysis, Energy Information Administration, E.-U.)
Energy Overview of Argentina (Fossil Energy International, Department of Energy, É.-U.)
Entidad Binacional Yacyretá (cogestion Paraguay-Argentine)
Environnement:
Enjeux environnementaux ( Energy Information Administration, E.-U.)
La diaspora argentine:
Site Web des Argentins de France
Culture:
Bibliothèque nationale d'Argentine (voir la Salle de lecture virtuelle)
Site consacré au tango argentin (angl.)
Tangokinesis
Tourisme:
Conseils à l'intention des voyageurs: Min. des Affaires étrang., Fr.
Guides touristiques: Routard.com, Lonely Planet
Site consacré au footballeur Maradona (esp.)

Statistiques
Capitale
Buenos Aires (agglomération: 11 millions d'hab.)
Superficie
2 776 656 km²
Population
34,9 millions d'hab.
Nom officiel
Republica Argentina (République d'Argentine)
Régime politique
République fédérale, dont le Congrès national bicaméral comprend un Sénat et une Chambre des députés; les députés remplissent des mandats de 4 ans et les membres du Sénat, de 9 ans.
Chef de l'État et du gouvernement
Président Eduardo Duhalde (depuis le 3 janvier 2002)
Langue(s)
Espagnol (officielle), anglais, italien, allemand, français
Ethnies et religions
Ethnies: Européens (principalement Espagnols et Italiens - 97%), mestizo, amérindiens, et autres groupes d'origine non-européenne (3%). Religions:
catholiques (92%; moins de 20% sont pratiquants), protestants (2%), Juifs (2%), autres (4%).
Données économiques
Monnaie: peso. PIB/hab.: 8 226 $ / hab. (2000)
À lire également sur ce sujet
Municipalités
Buenos Aires au XVIIIe siècle
Louis-Antoine de Bougainville
Argentine, Amérique du Sud, Amérique latine, jésuites
«Cette ville, régulièrement bâtie, est beaucoup plus grande qu'il semble qu'elle devrait l'être, vu le nombre de ses habitants, qui ne passe pas vingt mille, blancs, nègres et métis. La forme des maisons est ce qui donne tant d'étendue.»

Dernière mise à jour: 09/22/2006
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