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| Chambardement global: la réplique du monde rural |  Actes de la 15e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec. Thèmes principaux : Reconversion des territoires, Adaptation aux changements climatiques, Culture et économie, Énergie et développement rural, Gouvernance. |
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| Rencontres |
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| Amérique latine |
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"L'Amérique latine n'est qu'une abstraction, disait Henry Kissinger. Quand on la regarde de près, elle apparaît comme un ensemble de diversités, de particularités sans véritable unité. C'est comme si on voulait apprécier la beauté d'une fleur en l'observant sous un microscope très puissant. Si l'on recule dans l'histoire, une nouvelle image apparaît : l'Amérique latine est surtout la promesse d'un nouveau monde, promesse qui n'a pu se concrétiser. Mais c'est aussi la destruction des civilisations qui n'a pas été accomplie. Le drame de cette Amérique, mais aussi sa force, se situe dans ce double trajet inachevé. (...)
L'Amérique latine est, comme toute unité, formée de diversités. Même la désignation d'Amérique dite latine ne vient pas d'elle-même. Elle provient du français: elle a été utilisée pour la première fois au siècle dernier, lors de l'expédition de Napoléon III au Mexique. La sémantique n'a pas été naïve: c'était une façon de légitimer l'action militaire, de s'assurer une appropriation par la parole. Cette Amérique latine est devenue latine une deuxième fois à l'occasion des politiques menaçantes des États-Unis. (...) Les efforts du Groupe Confadora et du Groupe de Rio, ainsi que les sommets ibéro-américains, qui ont débuté en 1991 au Mexique, ont joué un rôle très important dans la construction d'une identité propre.
L'Amérique latine: une unité faite de diversités, c'est vrai, mais aussi d'inégalités, ce qui ne veut pas dire la même chose. Elle reproduit, sur ce vaste sous-continent, la réalité de chacune de ses composantes. (...)"
Luis Montaño, L'Amérique latine devant les défis d'Internet. Communication présentée lors du séminaire de l'Agora sur les aspects politiques des inforoutes, Way's Mills, Québec (15 juin 1997) |

Vue d'une ville brésilienne non identifiée
© Uemit Dalgali, Zurich - visipix.com |
| Enjeux |
"Les deux Amériques, celle du Nord et celle du Sud , s’étendent chacune sur 20 millions de km². Leurs populations étaient égales en 1950, elles ont maintenant divergé.
Aujourd’hui, il y a 306 millions de personnes au nord et 517 millions au sud. En 2025, sur un total de plus d’un milliard d’habitants, 700 millions appartiendront à l’Amérique latine.
Les grandes tendances du sous-continent paraissent être les suivantes:
- les deux Amériques sont reliées entre elles par une grande frontière avec les États-Unis de 3107 km,
- baisse de la natalité dans tous les pays, exception: Bolivie, Pérou, Guatemala, Nicaragua,
- l’urbanisation s’avère irréversible. Dans les six premières villes du monde, trois sont asiatiques, deux sud-américaines et une américaine : Tokyo, Mexico, Sao Paulo, New-York, Bombay, Shanghai.
L’ensemble de l’Amérique latine constitue «un extrême occident» mais à l’intérieur la partie andine est la plus instable et convulsive. Trois hommes dominent la scène publique: Vicente Fox, Chavez et Fidel Castro. Ce dernier est au pouvoir depuis 40 ans.
I. Le poids du passé
Nous sommes en présence de pays anciens, et de grande culture, conquis par l’Espagne et le Portugal au 16ème siècle.
L’invasion de la péninsule ibérique en 1808 par Napoléon a entraîné deux conséquences:
- le maintien du roi d’Espagne dans son pays,
- la fuite du roi du Portugal à Rio de Janeiro.
Il en est résulté:
- la dislocation de l’empire espagnol, sa fragmentation à la suite des indépendances de 1820-1830,
- en sens inverse, la présence royale a aidé au maintien de l’unité de l’empire du Brésil.
Le Traité de 1494 qui fixait les limites territoriales des deux pays conquérants a finalement été dépassé par les Portugais. L’Amérique espagnole a fait naître de nombreux héros: Bolivar, Sucre, San Martin. L’indépendance du Brésil s’est réalisée sans fanfare, à l’amiable et progressivement.
La commémoration du 500ème anniversaire de la découverte de l’Amérique a suscité des débats, des critiques et une repentance. On a assisté à un regain d’intérêt pour « les peuples premiers » et pour les Indiens d’Amérique.
Le surgissement de l’humain qui caractérise notre époque après 1989 a favorisé un retour à l’indigénisme.
II. Le Mexique : turbulence de l’histoire et démocratie en 2000
L’antiquité au Mexique n’est pas la même qu’en Égypte ou en Grèce. En Amérique latine et surtout au Mexique, elle appartient au domaine du vivant.
Le pays a connu des guerres avec les États-Unis en 1848, et avec la France en 1865. L’histoire a été marquée par la dictature de Porfirio Diaz de 1876 à 1910, puis par une révolution jusqu’en 1930. Le passé a été entaché de sang et de violence et le présent marqué par l’insécurité. L’important dans l’histoire du Mexique réside dans le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI). Depuis 1929 jusqu’en 2000, cet ancien Parti de masse a dominé la vie politique du Mexique. Il s’est particulièrement adapté à une société faite de mélange racial et culturel lié au métissage de la population.
Le Chiapas s’est rendu célèbre depuis 1994, date de l’entrée du Mexique dans l’ALENA (zone de libre-échange avec les États-Unis et le Canada). Les Indiens du Mexique comme d’autres en Amérique latine demandent à être reconnus comme égaux et différents au sein d’une Nation reconstruite sur une base pluri-culturelle. Les enfants de Zapata et de Pancho Villa s’inscrivent aujourd’hui dans la lignée de Gandhi et de Martin Luther King. Ils souhaitent trouver leur place dans un monde pluriel.
Le Parti hégémonique du PRI a connu une lente érosion depuis 1948. Le 2 juillet 2000, son candidat a été battu à l’élection présidentielle par Vincente Fox qui a fait carrière dans le groupe américain Coca-cola. Le PRI a vu peu à peu s’éloigner les milieux jeunes et modernes du Mexique. Une nouvelle page de l’histoire s’ouvre donc dans ce pays de 100 millions d’habitants. Le nouveau Président veut réunir deux Mexiques, l’un au Nord orienté vers les États-Unis, l’autre au Sud tourné vers l’Amérique centrale et dans l’axe Puebla Panama.
III. Le Brésil : un continent
Devenu indépendant en 1822, cette immensité a connu des régimes autoritaires de 1930 à 1960 puis un coup d’état en 1964. A la base de la Nation se trouve la géographie, alors qu’en Amérique espagnole c’est l’histoire qui l’a emporté, au Brésil l’esprit pionnier a été primordial. L’axe de développement s’est réalisé sur la ligne Sao Paulo, Rio de Janeiro, Puerto Allègre. Mais l’Amazone et ses affluents ont permis la conquête jusqu’aux Andes. Le Président Cardoso affirme que «son pays n’est pas pauvre mais qu’il est injuste». 1 % de la population possède 49 % des terres et 14 % des revenus. Ce constat s’explique par la tendance séculaire d’un passé colonial et d’un esclavage prolongé jusqu’en 1888. La pauvreté apparaît dans les favelas (bidonvilles) qui entourent les grandes villes et dans la continuité du «mouvement des sans terres».
Au Brésil, la politique aide peu à résoudre les problèmes. Les gouverneurs entrent en fronde contre l’État central et le Parlement ne tolère que rarement les réformes. L’élection municipale d’octobre 2000 a souligné une orientation vers la gauche et on peut se demander si en 2002 la lutte pour la présidence ne marquera pas une avancée du «Parti des travailleurs de Lula».
IV. Colombie: guérillas, drogue et démocratie
Dans ce pays de 40 millions d’habitants, la démocratie fait alterner le pouvoir des conservateurs aux libéraux.
Comment expliquer l’importance des mouvements de guérillas qui occupent la moitié du pays?: la dureté des batailles politiques, les idéologies du passé: marxiste, léniniste, castriste et la drogue constituent des facteurs d’explication. Le président Pastrana a engagé des processus de paix et des négociations, interrompus et repris en février 2001. La gravité de la situation entraîne 25 000 morts par an, sans compter des enlèvements et des violences de toutes sortes décrites par le Prix Nobel, Garcia Marquez.
Les États-Unis on jugé utile d’intervenir. La Colombie est le troisième pays qui reçoit des subsides américains, après Israël et l’Égypte. Leur soutien s’accompagne d’hélicoptères militaires et d’environ 500 membres de l’armée américaine. L’Europe limite son assistance au secteur social et civil. L’inquiétude est grande chez les voisins de la Colombie: Venezuela, Équateur, Bolivie, Brésil. On craint à la fois des réfugiés et un enlisement américain dans la région. Si les Américains ont estimé nécessaire de réagir c’est en raison de la complicité guérilla-drogue. La Colombie est de loin le premier producteur du monde de cocaïne.
On tente de détruire cette culture par fumigation mais la plante renaît en d’autres endroits. La demande de drogue des États-Unis reste forte. On estime qu’il y a en Amérique du Nord 3 millions 500 000 consommateurs de cocaïne. S’y ajoute une croissance régulière de l’héroïne qui toucherait un million d’Américains.
V. La course à l’agenda entre l’Europe et les États-Unis
Il existe deux grandes organisations dans le continent américain: l’ALENA et le Mercosur. Ce dernier réunit le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et les pays associés comme la Bolivie ou le Chili.
Le Mercosur vient au 4ème rang des rapprochements économiques après l’ALENA, l’Union européenne et le Japon.
Le moteur de l’intégration dans les pays d’Amérique du Sud provient du couple Argentine-Brésil. Cependant l’actualité oblige à dire que l’Argentine est en crise parce qu’elle a beaucoup souffert de la dévaluation du real brésilien de janvier 1999. A Buenos Aires, on se demande si l’élection d’octobre 2001 ne conduira pas à un nouvel échec du gouvernement, toujours talonné par l’opposition péroniste.
Deux projets sont en concurrence. Celui des États-Unis se heurte à l’ambition de l’Europe. Le président Bush est déterminé à transformer l’ALENA en une zone de libre-échange de l’Alaska à la Terre de feu. L’Europe souhaiterait que survive un Mercosur, marché commun ressemblant par bien des aspects à l’Union européenne. Si les Européens veulent l’emporter, ils devront accepter l’accès des produits agricoles brésiliens et argentins. Si nous n’avons pas une vision de l’avenir dans le sous-continent, nous risquons de perdre des positions importantes. L’ALENA n’a pas porté chance à la France au Mexique. Notre part de marché est tombée à 0,8 %, l’Europe ne réalise même pas 10 % des importations. Du fait de l’intelligence américaine, les États-Unis sont devenus les grands maîtres de leur voisin au sud du Rio Grande. (...)"
Source: Xavier de Villepin, L'Amérique latine au 21e siècle, mars 2001 (site Web du Sénat de la République française)
Quel sera l'impact de la ZLÉA sur les pays d'Amérique latine?
La démocratie en Amérique latine
"Le sous-continent américain a connu des alternances de dictature et de restauration démocratiques. Depuis 1980, la fin des autoritarismes se présentent comme une tendance lourde.
En 1980, la démocratie est de retour au Pérou, au Honduras en 1981, en Bolivie en 1982, en Argentine en 1983 et en Uruguay et au Brésil en 1985.
La dictature au Paraguay est renversée en mai 1989. En décembre de la même année le général Pinochet cède le pouvoir au Président civil élu.
La démilitarisation ne va pas sans soubresauts comme le prouve les multiples rebellions argentines ou les événements du Pérou en 1992.
Depuis les années 1990, les performances démocratiques du continent sont indéniables.
Plusieurs pays ont passé le test de l’alternance au pouvoir :l’Uruguay, le Chili, la République dominicaine et par deux fois l’Argentine en 1989 et 1999.
Le 2 juillet 2000, la démocratie a remporté la bataille au Mexique et le candidat d’opposition, Vincente Fox, a mis fin à 71 ans d’hégémonie d’un parti-Etat institutionnalisé.
I. Les mentalités en Amérique latine restent instables
Certes les années 1990 constituent une période de restauration démocratique. Mais, l’année 2000 n’a pas tenu toutes ses promesses. Dès janvier, le président équatorien a été renversé suite à une révolte des Indiens transformée en coup d’Etat militaire.
Au Venezuela, la réforme conduite par un Président , ancien putschiste, inquiète, de même que son utilisation de l’armée et la faillite des partis traditionnels.
Au Pérou, le Président Fujimori, après avoir réformé en force la constitution pour briguer un troisième mandat, a été réélu en solitaire le 28 mai dans un scrutin marqué d’irrégularités patentes.
Les vieux démons de la politique traditionnelle sont loin d’avoir été terrassés. Le réveil du militarisme est une réalité. L’évolution des opinions publiques apparaît significative. Le soutien au régime démocratique est loin d’être unanime comme le prouvent les sondages effectués dans 17 pays du continent. Dans 11 de ces 17 pays, l’appui à la démocratie est minoritaire, il n’est massif qu’au Costa Rica et en Uruguay, il est faible au Paraguay et au Brésil. Dans ce dernier pays immense 18 % des citoyens font le choix de la dictature et 29 % sont indifférents sur la nature du régime.
La désillusion démocratique a-t-elle déjà envahi l’Amérique latine?
II. Modèle économique et expectatives politiques
Le modèle économique que partagent la majorité des pays de la région (à l’exception de Cuba) serait-il à l’origine des troubles d’une démocratie suspectée de n’être pas à même de répondre aux défis majeurs de l’Amérique latine?
Le nouveau modèle est fondé sur l’ouverture commerciale, la libéralisation des mouvements de capitaux, la privatisation des entreprises publiques et le retrait de l’Etat du secteur productif.
Partout la chute de l’inflation a bénéficié aux plus défavorisés qui ont vu leur pouvoir d’achat s’accroître mais les conséquences sur l’emploi et les budgets sociaux ont été au contraire négatives. Sur l’ensemble du continent, on constate un accroissement des inégalités et de l’exclusion.
Une paupérisation des classes moyennes n’est pas sans rapport avec le désenchantement des opinions publiques à l’égard des régimes représentatifs.
La montée de la délinquance et de la violence urbaine ont réveillé des nostalgies autoritaires.
Y a-t-il une relation entre libéralisme économique et démocratie? Beaucoup sont convaincus, aux États-Unis, que la chute du P.R.I. au Mexique est la conséquence d’une économie libérale dominée par l’ALENA.
S’il est vrai que la libération des échanges entraîne la transparence et l’honnêteté des élections, elle ne conduit pas forcément à l’enthousiasme pour la démocratie.
Conclusion
Les «toxines de la dictature» n’ont pas disparu comme par enchantement dès la première élection. Il reste beaucoup de travail pour démilitariser en profondeur les Etats du sous-continent.
Le retour à la démocratie n’a été ni célébré ni même valorisé sauf dans quelques pays. Les jeunes générations fascinées par l’Amérique n’ont pas connu la dictature et ne se sentent guère d’obligation à l’égard d’un régime démocratique qui n’a pas toujours amélioré leur sort.
La dénonciation publique de la corruption semble octroyer à la démocratie le monopole de l’immoralité publique.
La réflexion sur les malheurs passés, indispensable fondement de l’ordre démocratique manque encore.
La démocratie n’est pas à la dérive en Amérique latine, la transition n’est pas terminée."
Source: Xavier de Villepin, La démocratie en Amérique latine, novembre 2000 (site du Sénat de la République française)
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L'Union européenne et l'Amérique latine
"L'Union européenne construit et développe des liens avec l'Amérique latine depuis les années 1960. Les relations entre les deux continents ont acquis de plus en plus d'importance, surtout depuis que l'Espagne et le Portugal ont adhéré à la Communauté européenne en 1986.
Les relations de l'UE avec les pays d'Amérique latine se sont développées simultanément à trois niveaux : national, régional et sous-continental. Une série complète de relations commerciales et politiques, et d'accords de coopération a été conclue à chaque niveau.
(...)
1. Relations politiques
Au niveau du sous-continent
1) L'UE et le Groupe de Rio
Les pays d'Amérique latine ont créé, pour faciliter les échanges de vue sur des sujets d'intérêt commun, un forum de consultation politique, baptisé le Groupe de Rio. Au moment de son institution en 1986, il regroupait six membres; aujourd'hui, il couvre l'ensemble de l'Amérique latine et compte aussi des représentants des pays des Caraïbes. Il est administré par un secrétariat temporaire tournant, qui revient actuellement au Costa Rica.
2) Le partenariat stratégique entre l'UE, l'Amérique latine et les Caraïbes (UE-ALC)
Le premier sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Amérique latine, des Caraïbes et de l'Union européenne s'est tenu au Brésil, à Rio de Janeiro, les 28 et 29 juin 1999.
L'objectif du Sommet de Rio était de favoriser une meilleure compréhension entre les deux régions sur les plans politique, économique et culturel afin de faciliter la mise en oeuvre d'un partenariat stratégique. Il a été décidé, cette occasion, d'organiser un deuxième sommet UE-ALC à Madrid, les 17 et 18 mai 2002. Ce sommet évaluera les progrès accomplis dans le cadre du partenariat stratégique et fera de nouvelles propositions en vue de son renforcement. (Voir le site Web spécifique sur la préparation du sommet de Madrid.)
Au niveau régional
L'UE est un ardent défenseur de l'intégration régionale, en ce sens qu'elle contribue à instaurer une meilleure compréhension entre pays voisins et consolide ainsi le système multilatéral au niveau mondial. À l'intérieur du continent latino-américain, trois grands processus d'intégration régionale sont en cours: entre les pays d'Amérique centrale, la Communauté andine et le MERCOSUR.
(...)
Au niveau bilatéral
L'UE a institutionalisé ses relations avec plusieurs pays latino-américains sur une base bilatérale. Comme ni le Mexique ni le Chili n'adhèrent à un groupement régional, ils entretiennent des relations bilatérales renforcées avec l'UE. Le Mexique a déjà conclu un accord d'association complet avec l'UE et le Chili est actuellement en train d'en négocier un équivalent.
2. Relations commerciales
Échanges commerciaux : L'UE est le deuxième partenaire commercial de l'Amérique latine, et le premier partenaire de MERCOSUR, du Chili et du Groupe andin. Ses relations économiques et commerciales avec les pays d'Amérique latine se sont intensifiées progressivement, tant sur le plan bilatéral (Mexique et Chili) que régional (MERCOSUR), entraînant un doublement des échanges entre 1990 et 2000. Ses exportations de marchandises, principalement machines, biens d'équipement et produits chimiques, vers l'Amérique latine se sont élevées, en 2000, à 54,5 millions d'euros. Au cours de la même période, les importations dans l'UE de marchandises originaires d'Amérique latine ont atteint 48,8 millions d'euros, dont plus de 20% de produits agricoles.
Entre 1980 et 2000, la part de l'UE dans le commerce latino-américain est passée de 10% à 15%, tandis que celle du Japon diminuait de 7% à 5% malgré la progression des flux commerciaux bilatéraux avec les États-Unis.
Les relations commerciales sont toutefois entrées dans une nouvelle phase: l'UE et le Mexique ont conclu un accord de libre-échange étendu et des négociations visant à la libéralisation des échanges avec MERCOSUR et le Chili sont en cours.
Le Système des préférences généralisées offre un accès préférentiel aux marchés de l'UE aux pays du Groupe Andin (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou et Vénézuela) et aux pays d'Amérique centrale afin de les aider à lutter contre la production de stupéfiants.
L’investissement direct à l’étranger (IED) en Amérique latine est passé de 31 179 à 73 915 millions de dollars entre 1996 et 1999 sous l’effet notamment des programmes de privatisation de certains pays, d’abord dans le secteur industriel puis dans le secteur des services.
Sur la même période, l’investissement des pays de l’Union Européenne est passé au premier rang avec une progression de 13 289 à 42 266 millions de dollars. On note une participation importante des entreprises européennes, notamment espagnoles dans les processus de privatisation (secteurs publics, banques, télécommunications, transport aérien, énergie).
L’IDE a chuté de 22 % en 2000 compte tenu de la fin de programmes d’acquisitions massifs réalisés au Brésil (données OCDE/CAD).
La Banque européenne d'investissement (BEI) est présente dans la région depuis le début des années 1990; elle a conclu des accords-cadres avec quinze pays latino-américains.
3. Coopération
Les accords que l'UE a conclu avec les pays latino-américains et des partenaires régionaux ont évolué, passant du simple accord économique à une portée beaucoup plus large. Désormais, chacun contient, par exemple, une clause relative à la démocratie, qui associe coopération et respect des principes démocratiques et des droits de l'homme. Ils ouvrent aussi maintenant de nouvelles perspectives pour une coopération économique, industrielle, scientifique, technique et environnementale, ainsi que dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. De même, on voit apparaître depuis dix ans une coopération décentralisée, qui devrait permettre à la société civile de jouer un rôle de plus en plus important dans la mise en oeuvre des projets de l'UE. Ces derniers revêtent les formes suivantes:
Coopération en faveur du développement :
Les interventions financières et techniques sont destinées à aider l'Amérique latine à réaliser une répartition plus équitable des richesses, à consolider l'État de droit et la démocratie et à protéger son environnement.
Coopération économique :
Le but est de soutenir l'intégration régionale, d'améliorer la compétitivité des entreprises latino-américaines sur les marchés internationaux et de faciliter le transfert du savoir-faire. Un certain nombre de programmes décentralisés ont été adoptés pour apporter cette aide économique:
- Al-invest fournit une aide aux petites et moyennes entreprises dont l'activité est internationale, en encourageant les entreprises européennes à investir dans les entreprises latino-américaines qui sont ouvertes à ce genre de coopération;
- ALFA concerne des projets de coopération dans l'enseignement supérieur des deux régions;
- l'objectif de Urb-Al est d'établir des liens directs et durables entre des villes d'Europe et d'Amérique latine;
- ALURE encourage l'utilisation optimale et rationnelle de l'énergie;
- @LIS vise à encourager l'utilisation des technologies de l'information et tente de combler la "fracture numérique".
- Alßan
- La coopération au développement en chiffres
- EuropeAid
Aide humanitaire de l'UE
L'aide humanitaire de l'UE est destinée aux personnes déplacées et aux victimes des catastrophes naturelles et elle englobe aussi une aide alimentaire d'urgence."
L'Union européenne et l'Amérique latine : vue d'ensemble (dernière mise à jour : mars 2002)
© Communautés européennes, 1995-2003 |
| Carte |

Carte politique de l'Amérique latine (Central Intelligence Agency, 1990)
Source en ligne : Perry-Castañeda Library Map Collection, University of Texas at Austin (Texas, É.-U.)
Américas |
| Documentation |
Olivier Dabène, La région Amérique latine. Interdépendance et changement politique, Presses de Science po, 1997, 384 p. (Références):"L’auteur donne ici les clefs pour comprendre les vagues de changement politique de l’Amérique latine. Les pays réagissent de façon semblable à une brusque modification de la conjoncture et quelques expériences pilotes ont fait l’objet d’imitation à travers le continent. La ressemblance entre les pays se manifeste aujourd’hui par une convergence des évolutions économiques et des modes de gouvernement." (site de l'éditeur)
Les relations du Québec en Amérique latine (mission du Québec en mai 1999) |
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| | Municipalités | | Buenos Aires au XVIIIe siècle | | Louis-Antoine de Bougainville | | Argentine, Amérique du Sud, Amérique latine, jésuites | | «Cette ville, régulièrement bâtie, est beaucoup plus grande qu'il semble qu'elle devrait l'être, vu le nombre de ses habitants, qui ne passe pas vingt mille, blancs, nègres et métis. La forme des maisons est ce qui donne tant d'étendue.» |
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