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Colloques
Chambardement global: la réplique du monde rural

Actes de la 15e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec. Thèmes principaux : Reconversion des territoires, Adaptation aux changements climatiques, Culture et économie, Énergie et développement rural, Gouvernance.
 
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Algérie
"Féerie inespérée et qui ravit l'esprit! Alger a passé mes attentes. Qu'elle est jolie, la ville de neige sous l'éblouissante lumière! (...) De la pointe de la jetée, le coup d'oeil sur la ville est merveilleux. On regarde, extasié, cette cascade éclatante de maisons dégringolant les unes sur les autres du haut de la montagne jusqu'à la mer. On dirait une écume de torrent, une écume d'une blancheur folle; et de place en place, comme un bouillonnement plus gros, une mosquée éclatante luit sous le soleil."
Description géographique

"L’Algérie est le dixième pays du monde par sa superficie et le plus grand pays du continent africain après le Soudan. Elle est située au nord-ouest de l’Afrique, dans ce qu’on appelle le Maghreb, région ainsi nommée parce qu’elle se trouve à l’ouest des nations arabes (Maghreb signifie «coucher de soleil» en arabe). L’Algérie est bordée au nord par la mer Méditerranée, à l’est par la Tunisie et la Libye, au sud par le Niger et le Mali, au sud-ouest par la Mauritanie et le Sahara occidental, et à l’ouest par le Maroc

Le long de la Méditerranée s’étend le Tell, région fertile qui regroupe presque toutes les terres arables du pays et où vit la plus grande partie de la population. Les hivers y sont pluvieux et les étés très chauds, avec de fréquentes tempêtes de sable et de poussière apportées par le sirocco, ce vent chaud et sec du Sahara. Les plus grandes villes de l’Algérie – Alger (Al Djazair), Oran et Annaba – se trouvent sur la côte.

Paysage, Tassili n Ajjer - copyright: Ronald Raefle, Berne - visipix.com. Reproduction autorisée.Au sud du Tell s’étirent deux chaînes de montagnes, l’Atlas tellien et l’Atlas saharien, séparées par des hauts plateaux semi-arides en grande partie couverts d’alfa, plante dont les feuilles servent à la fabrication de sandales, de corde, de paniers et de papier. Les hauts plateaux sont ponctués de chotts, bassins peu profonds dans lesquels s’accumule l’eau à la saison des pluies mais qui, l’été, s’assèchent ou deviennent des salants. L’Algérie est pauvre en eau et n’a pas de rivières navigables. Le Cheliff est le plus important cours d’eau d’Algérie: il prend sa source dans l’Atlas tellien, au sud d’Alger.

Au sud des Monts Atlas s’étend le désert du Sahara, qui couvre près de 85 % de la superficie de l’Algérie. Il est essentiellement plat, excepté dans le sud où se dresse le massif volcanique du Hoggar. Le point culminant du Hoggar est le Jebal Tahat (2908 m), qui est aussi le plus haut sommet d’Algérie. Au nord du Hoggar s’étendent deux immenses régions de dunes de sable, le Grand Erg occidental et le Grand Erg oriental, aux frontières desquelles sont dispersées des oasis où l’on pratique une agriculture à petite échelle, produisant notamment des dattes. Le climat y est chaud et sec, et certaines régions restent parfois une vingtaine d’années sans recevoir de pluie.

L’Algérie est un pays riche en minerais (mercure, fer, phosphates, zinc, argent, gypse, plomb et baryte) et en ressources énergétiques. Les grands gisements de pétrole découverts dans le Sahara oriental dans les années 1950 sont une source de revenus vitale pour le pays.

La faune varie selon les régions. On trouve des lièvres et des gazelles dans le Tell, et quelques antilopes dans les régions montagneuses les plus isolées. Le Sahara est l’habitat des serpents, des lézards, des hyènes, des chacals et des vautours. Les chameaux servent souvent de moyen de transport dans le désert, puisqu’ils peuvent survivre longtemps sans boire."

Survol de l'économie

"Depuis son indépendance, l’Algérie a subi de profonds changements économiques. En 1962, l’économie reposait essentiellement sur l’agriculture ; le pays était auto-suffisant en matière de denrées alimentaires et exportait de grandes quantités de vin et d’agrumes. Depuis, l’économie s’est orientée vers l’industrie, notamment vers l’extraction et la transformation du pétrole et du gaz. L’Algérie est devenue l’un des principaux producteurs de pétrole et de gaz d’Afrique et est d’ailleurs membre de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole). Elle produit céréales, fruits, légumes et tabac, mais une bonne partie de ses besoins alimentaires doit aujourd’hui être couverte par l’importation.

Si depuis quelques années la croissance économique de l’Algérie est lente, c’est en grande partie à cause de la baisse des prix du pétrole et du gaz, de la lourde dette extérieure et de la guerre civile. Le taux de chômage est élevé et de nombreux Algériens vivent dans la pauvreté. Lors de la guerre d’Indépendance, les régions forestières du nord de l’Algérie ont beaucoup souffert. Depuis, le pays a entrepris des programmes de reforestation pour assurer son approvisionnement en bois et en produits dérivés du bois. Aujourd’hui, l’Algérie est un des plus gros producteurs de liège au monde.
L’industrie de la pêche (sardines, anchois, thon et crustacés) est développée. L’exploitation minière (fer, zinc, plomb, mercure et charbon) est en grande partie contrôlée par le gouvernement.

Le secteur tertiaire emploie plus de 45 % de la population active du pays, ce qui comprend les fonctionnaires et les employés des institutions financières, des télécommunications et des médias. Le gouvernement contrôle tout ce qui se publie et se diffuse. Dans les années 1980, l’Algérie a investi dans l’industrie du tourisme et a fait construire des hôtels et des centres de villégiature sur la côte méditerranéenne, mais la guerre civile a fait reculer les touristes.

Si les Algériennes peuvent aller à l’université et travailler à l’extérieur, elles ne représentent toutefois que 7 % de la population active. La plupart travaillent 
comme enseignantes, infirmières, techniciennes ou médecins."


Langues parlées

"La plupart des Algériens parlent au moins deux langues : l’arabe, le français et souvent un dialecte berbère.

La langue officielle du pays est l’arabe. L’arabe écrit s’inspire de l’arabe classique, langue du Coran commune à tous les pays arabes. Mais alors qu’en arabe classique, seules les consonnes sont transcrites, l’arabe moderne inclut parfois des voyelles pour préciser la prononciation. L’alphabet compte 28 lettres. On écrit de droite à gauche, dans une écriture cursive. Pour les Arabes, la calligraphie, ou l’écriture bien formée, est une forme d’art et est souvent utilisée pour décorer les édifices publics et les mosquées.

L’arabe dialectal que l’on parle en Algérie est très caractéristique : il comprend des mots empruntés au berbère, au français, à l’espagnol et au turc. Si les Arabes algériens n’ont aucun problème à communiquer avec des Arabes du Maroc, de la Tunisie ou de la Libye, ce ne sera pas toujours le cas avec des Arabes de pays plus éloignés, comme la Syrie ou la Jordanie.

Si la langue française est encore utilisée par une certaine élite francisée dans les universités et le journalisme, le système éducatif algérien impose aujourd’hui l’arabe comme première langue d’enseignement de la maternelle à l’université. L’arabe est d’ailleurs de plus en plus fréquent dans les milieux académiques. Il s’agit là du résultat de la politique d’arabisation du gouvernement, qui vise à créer un pays libéré de l’influence française, avec sa propre langue, sa propre religion et sa propre identité nationale.

Il existe de nombreux dialectes berbères, les plus répandus étant le kabyle, parlé en Kabylie, dans le centre nord du pays, et le tamazight, parlé dans le nord-est du pays. Les petits groupes vivant dans les oasis sahariennes ont souvent leur propre dialecte."

Religions et croyances

"La grande majorité des Algériens sont des Musulmans sunnites. La religion islamique occupe une place importante dans la vie des Musulmans puisqu’elle dicte un certain nombre de lignes de conduite, non seulement en matière de relations familiales, d’étiquette et de coutumes alimentaires et vestimentaires, mais aussi en matière de droit et de commerce.

On assiste depuis les années 1980 à une montée de l’intégrisme en Algérie. Les intégristes réclament un retour aux principes fondamentaux de l’islam et aux enseignements du prophète Mohammed. Ils estiment que les lois islamiques doivent être strictement observées et que les coutumes non-musulmanes, telles que la consommation d’alcool, doivent être proscrites. Ils sont nombreux à rejeter les valeurs et les coutumes de l’Occident, qu’ils considèrent incompatibles avec les pratiques islamiques.

Autrefois, surtout jusqu’à la fin du XIXe siècle, les Musulmans algériens vénéraient des marabouts, chefs religieux qui menaient des vies saintes et droites: ces saints hommes, entourés de leurs disciples de leur vivant, étaient honorés dans des chapelles après leur mort. Les intégristes n’approuvent pas la vénération des marabouts et cette tradition s’est un peu perdue aujourd’hui.

Si l’Algérie comptait beaucoup de Catholiques et quelques Protestants pendant la période coloniale française, les Chrétiens ne sont plus très peu nombreux aujourd’hui. Il existait aussi une minorité juive, qui a également quitté le pays après l’indépendance."

Les fêtes religieuses

"Les fêtes musulmanes sont fixées par le calendrier lunaire, plutôt que par le calendrier solaire utilisé au Canada. Un mois lunaire correspond à l’intervalle de temps qui sépare deux nouvelles lunes. L’année lunaire étant plus courte de 11 jours que l’année solaire, chaque année les fêtes ont lieu 11 jours plus tôt que l’année précédente, passant ainsi progressivement d’une saison à l’autre.
 
Le neuvième mois du calendrier islamique est le mois du Ramadan. Tout au long de ce mois, les Musulmans doivent s’abstenir de manger, de boire et de fumer du lever au coucher du soleil, pour commémorer la révélation de Dieu à Mohammed. Les enfants, les femmes enceintes et les malades ne sont pas obligés de se plier à ce jeûne, mais ils mangent moins que d’habitude.

Eid Al-Seghir marque la fin du long mois de jeûne du Ramadan. Les hommes vont prier à la mosquée le matin, et après les prières solennelles, les familles se retrouvent autour d’un copieux repas. Tout le monde porte de nouveaux vêtements, et les enfants reçoivent des cadeaux et de l’argent de leurs parents et d’autres membres de la famille. Il est aussi de coutume de faire l’aumône aux pauvres. Eid Al-Seghir est férié, et dans la plupart des familles les festivités durent au moins deux jours. 

Eid Al-Kebir se fête le dixième jour de Dhu al-Hijja, le dernier mois de l’année. Cette fête commémore la disposition du prophète Abraham à offrir son fils en sacrifice à Dieu. Ce jour-là, les chefs de famille sacrifient un mouton selon les rites musulmans et partagent la viande avec leur famille, leurs amis et les pauvres.

Les moussems sont des fêtes locales. Ainsi, Moussem Taghit, à la fin octobre, célèbre la récolte des dattes à Taghit, une oasis de l’ouest de l’Algérie. Au printemps, se tiennent le moussem des cerises, à Tlemcen, et le moussem des tomates, à Adrar."

La santé

"En 1974, fut instauré en Algérie un système de santé gratuit de manière à rendre soins hospitaliers, médicaments et consultations accessibles à tous. Dix ans plus tard, le gouvernement a mis sur pied un nouveau système mettant l’accent sur les soins préventifs. Toutefois, en raison de la guerre civile et des problèmes économiques que connaît actuellement le pays, le secteur médical n’a plus assez de fonds pour servir toute la population. Les habitants des régions rurales ont difficilement accès à des soins, et dans les villes il faut souvent attendre avant de pouvoir se faire soigner.

L’Algérie a une population jeune qui se développe rapidement: environ 60 % des Algériens ont moins de 20 ans et les familles comptent souvent de six à dix enfants. Dans le cadre d’une politique de planning familial, des centres de protection de la mère et de l’enfant qui offrent conseils et contraceptifs ont été mis sur pied. Pour que le planning familial ait un plus grand impact, on s’est efforcé de l’intégrer à la religion, en insistant notamment sur l’échelonnement plutôt que sur la limitation des naissances.

Les problèmes de santé que connaît la population de l’Algérie, telles la malnutrition et la tuberculose, sont en partie causés par la pauvreté. Comme dans d’autres pays d’Afrique du Nord, de nombreuses personnes sont affectées par le trachome, infection virale des paupières qui peut entraîner une lésion du globe oculaire et même la cécité ; le virus est transmis par les mouches.

Le système de soins médicaux en place étant trop encombré, de nombreux Algériens choisissent la médecine traditionnelle. Les praticiens soignent leurs patients avec des remèdes à base de plantes ou leur conseillent des exercices physiques, des bains spéciaux ou des massages. La médecine islamique traditionnelle s’appelle unani et s’inspire des principes du médecin grec Hippocrate (460-377 av. J.-C.). Unan signifie «grec» en arabe. Partout dans le monde arabe, on constate un regain d’intérêt pour les pratiques naturelles de l’unani."

Survol de l'éducation

"Au moment de l’indépendance, les écoles algériennes s’inspiraient du système français et la plupart des enseignants venaient de France. Le français était la langue d’enseignement et l’arabe était enseigné comme langue seconde. Après l’indépendance, le gouvernement a repensé le système de manière à promouvoir les cultures arabe et berbère. Des programmes furent aussi mis en place pour combattre l’analphabétisme. Le taux d’analphabétisme, qui était de 90 % en 1962, était tombé à moins de 40 % en 1990.

Dans les années 1970, le gouvernement a aboli les écoles privées et placé toutes les écoles sous son contrôle. L’école est devenue obligatoire pour tous les enfants de 6 à 15 ans. Aujourd’hui, la majorité des enseignants sont algériens, et l’arabe est obligatoire comme langue d’enseignement durant les neuf premières années. Le français est enseigné à partir de la 3e année ; c’est aussi la langue d’enseignement pour les cours avancés de mathématiques et de sciences. Les élèves peuvent aussi apprendre l’anglais, l’espagnol ou l’italien.

L’éducation est gratuite de la première année d’école jusqu’à l’université. Après les neuf années d’école primaire, les élèves peuvent aller au lycée (école secondaire) ou dans une institution d’enseignement professionnel. Le lycée offre deux types de programmes : général et technique. À la fin de la troisième année du secondaire, les élèves passent un examen, le baccalauréat (général ou technique) qui, s’ils le réussissent, leur donnera accès aux études post-secondaires. Le système de formation professionnelle, qui offre un programme d’apprentissage de cinq ans, permet de répondre en partie aux besoins des secteurs industriel et agricole.

Comme près de 60 % des Algériens ont moins de 20 ans, le système d’éducation arrive à peine à répondre aux besoins. Certaines écoles sont obligées d’instaurer un roulement : un groupe d’élèves va à l’école le matin, l’autre l’après-midi. Assurer l’éducation des enfants des régions isolées est un autre défi auquel tente de faire face le gouvernement.

Les universités algériennes les plus importantes sont l’Université d’Alger, l’Université d’Oran, l’Université de Constantine et l’Université des sciences et technologies d’Oran."

Arts et littérature

"Au fil des siècles, l’architecture, la musique et la littérature algériennes ont subi des influences romaines, arabes, espagnoles et françaises. Depuis que le pays a accédé à l’indépendance, le gouvernement a cherché à promouvoir la renaissance de l’héritage arabe, qui avait été mis au ban pendant la période coloniale française. Le gouvernement a fait construire des centres d’artisanat où les artistes locaux confectionnent tapis, poteries, broderies, bijoux ou objets en métal selon les méthodes artisanales traditionnelles. L’Institut national de musique encourage quant à lui musiques et danses traditionnelles.

L’héritage architectural de l’Algérie est des plus riches : ruines romaines, mosquées arabes décorées de magnifiques mosaïques, palais turcs, bâtiments administratifs de style européen. La partie la plus ancienne de chaque ville est appelée medina: on y trouve des rues étroites et sinueuses, flanquées de maisons traditionnelles avec une cour au milieu. L’oasis de El Oued, dans l’est du pays, est surnommé «le village aux mille dômes», presque tous les édifices étant surmontés de dômes, construits à l’origine pour protéger de la forte chaleur de l’été.

C’est sous l’influence des musiques traditionnelles espagnole et marocaine qu’est née, dans les tribus rurales des environs d’Oran, une musique simple, rythmée, souvent répétitive, appelée raï. Cette musique, qui animait autrefois mariages et fêtes, a aujourd’hui recours à des instruments modernes et s’accompagne de paroles dans le dialecte local ; parmi les chanteurs de raï algériens les plus connus, on citera Cheikha Remitti, Cheb Khaled et Cheb Mami. Le chaabi et le badoui, musique du désert au rythme lancinant, sont deux autres types de musique traditionnelle très populaires en Algérie.

Les écrivains algériens publient en arabe, en berbère et en français. Parmi les plus connus, on mentionnera Kateb Yacine, dont le roman Nedjma (1956) traite de la guerre d’Algérie; Rachid Mimouni, dont les ouvrages traitent aussi de politique et d’histoire (notamment La Malédiction – Prix du Levant – et L’Honneur de la tribu); Tahar Djaout dont les romans, tels Les Chercheurs d’Os et Les Vigiles, décrivent la vie dans l’Algérie d’aujourd’hui; Mouloud Mammeri et Mouloud Feraoun, qui consacrent quant à eux leur écriture à la vie des Berbères; Mohammed Dib, romancier et poète innovateur très prolifique; Assia Djebar, écrivaine qui dépeint la vie des femmes algériennes dans Vaste est la prison, Ombre sultane et Femmes d’Alger. On soulignera enfin que le célèbre écrivain français Albert Camus, auteur de livres à caractère existentialiste comme L’Étranger et La Peste, était d’origine algérienne.

Le cinéaste algérien Mohammed Lakhdar Hamina a remporté la palme d’or au festival de Cannes de 1975 avec Chronique des années de braise. Bab el Oued City (1994) et Salut Cousin! (1995), du cinéaste Merzak Allouache, ont fait connaître la vie algérienne au public européen et nord-américain."

source: L'Algérie (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (© Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto - reproduction autorisée par le site d'origine)


Photo prise dans le Grand Erg oriental, date non précisée
© Heinz Hagemeier, Burgdorf - visipix.com (reproduction autorisée par le site d'origine)

Histoire
"Au XIIe siècle av. J.-C., des marins marchands phéniciens établirent des comptoirs le long de la côte méditerranéenne. Au IIe siècle av. J.-C., la région passa sous le contrôle des Romains qui lui donnèrent le nom de Numidie et en exploitèrent le sol pour produire des céréales et de l’huile d’olive. En 429, les Vandales, qui venaient du nord de l’Europe, envahirent le nord de l’Afrique après avoir pénétré en Espagne et traversé le détroit de Gibraltar; ils établirent des routes commerciales à travers le Sahara.

Au VIIe siècle de notre ère, les Arabes du Moyen-Orient conquirent presque tout le nord de l’Afrique et convertirent les peuples nomades à l’islam. Certaines régions de l’Algérie résistèrent à l’invasion arabe, mais en général la population accepta les nouveaux dirigeants, se convertit à l’islam et contribua à la diffusion de la religion plus à l’ouest et en Espagne. La première dynastie musulmane fut celle des Omeyyades de Damas. Mais au VIIIe siècle, les Berbères du nord de l’Afrique formèrent leurs propres gouvernements islamiques; c’est ainsi que le royaume de Tahert fut gouverné par la dynastie des Rustémides, à laquelle succédèrent, au fil des siècles, deux autres dynasties musulmanes, celles des Almoravides et des Almohades.

Au XIIIe siècle, les pirates furent de plus en plus nombreux à hanter les côtes méditerranéennes. Ces corsaires capturaient les navires marchands et les rançonnaient. Au XVIe siècle, les Espagnols tentèrent de mettre fin à la piraterie et capturèrent plusieurs ports du nord de l’Afrique dont Alger. Les Berbères invitèrent alors les Turcs ottomans à venir les protéger des Espagnols, et la région devint une province autonome de l’Empire ottoman. Les corsaires continuèrent leurs attaques en Méditerranée jusqu’à ce que les forces navales des Américains et des Européens, excédés, attaquent Alger au début du XIXe siècle.

La France conquit Alger en 1830, et malgré la résistance des forces algériennes dirigées notamment par Abd al-Qadir, annexèrent tout le pays en quelques années. L’Algérie devint alors un département français d’outre-mer gouverné par des colons français. Ceux-ci s’approprièrent les terres dont ils commencèrent à exporter la production en France, et imposèrent leur culture et leur religion: les mosquées furent transformées en églises chrétiennes, les Musulmans se virent refuser les pleins droits de citoyenneté et leur liberté fut restreinte. 

Après la Première Guerre mondiale, plusieurs partis nationalistes virent le jour. Il fallut toutefois attendre 1954 pour que les Algériens, sous le Front de Libération Nationale (FLN), s’insurgent contre les colons. Les combats durèrent huit ans et près d’un million et demi d’Algériens furent tués. Finalement, le 1er juillet 1962, l’Algérie obtint son indépendance, ce qui engendra un départ massif des colons français."

source: L'Algérie (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (© Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto - reproduction autorisée par le site d'origine)

Depuis l'indépendance

"Au terme de 130 années de présence coloniale française, l'Algérie acquiert son indépendance en juillet 1962 au prix d'une longue guerre contre son ancienne puissance tutélaire. Sitôt l'indépendance acquise, le premier Président, Ben Bella, met en oeuvre diverses réformes d'inspiration socialiste sans toutefois parvenir à faire décoller l'économie algérienne. Le Général Boumédienne, au pouvoir en 1965, s'inscrira dans la même voie que celle tracée par son prédécesseur tout en travaillant au renforcement du cadre constitutionnel algérien - adoption, en 1976 de la première Charte nationale. Suite au décès de Boumédienne en 1978, Chadli Bendjedid est porté à la présidence et un nouveau gouvernement est constitué, avec, pour la première fois, un Premier ministre. En 1986, l'Algérie se dote d'une nouvelle Charte nationale qui, tout en accordant une place plus importante à l'Islam, préconise un certain libéralisme économique. En 1989, l'Algérie adopte une nouvelle Constitution entérinant le multipartisme et consacrant l'avènement d'un État démocratique. La même année, l'Algérie se joint à la Libye, au Maroc, à la Mauritanie ainsi qu'à la Tunisie pour former l'Union du Maghreb Arabe, une organisation à vocation régionale destinée à renforcer les liens politico-économiques entre pays nord-africains.

En 1990, les premières élections locales sont remportées par le Front islamique du salut (FIS) avec 54% des votes. Deux ans plus tard, en 1992, suite aux succès du FIS lors du premier tour des élections du 26 décembre 1991, les élections législatives sont annulées et un Haut-Comité d'État (HCE) est instauré. Le FIS est dissout en mars 1992 et Ali Kafi est nommé à la présidence du HCE. En janvier 1994, le général Zéroual accède à la tête de l'État. Le 16 Novembre 1995, il remporte les élections présidentielles avec 61 % des suffrages exprimés puis organise, en novembre 1996, un référendum populaire entérinant l'adoption d'une nouvelle Constitution. Les élections législatives de juin 1997 puis locales d'octobre 1997 sont remportées par le Rassemblement National Démocratique (RND).

Suite à la démission du président Zéroual, Abdelaziz Bouteflika accède en 1999 à la magistrature suprême au terme d'élections marquées par le retrait in extremis des autres candidats. A peine installé au pouvoir, le nouveau Président fait de la question de la réconciliation nationale sa grande priorité et annonce la tenue d'un référendum sur la "concorde civile". Il remporte haut la main ce référendum le 16 septembre 1999 qui confirme sa légitimité. Un nouveau gouvernement sera formé en décembre 1999."

source: Algérie: présentation générale (Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord - © Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, 2002. Tous droits réservés) - Reproduction pour utilisation publique non commerciale autorisée par le MAECI - le lien est inactif en juillet 2003

Enjeux
"I. ALGÉRIE : UNE TENSION PERSISTANTE

Confrontée, depuis plus de 10 ans, à une très grave crise économique, sociale et politique, l'Algérie se trouve toujours dans une situation de grande tension.

A. LA SITUATION POLITIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIALE

1. Une situation politique intérieure toujours tendue. Les résultats des élections législatives et locales de mai et octobre 2002

Le FLN (Front de libération nationale) est sorti vainqueur des élections législatives du 30 mai 2002 et apparaît comme la première force politique du pays. Avec 199 sièges sur 389, l'ancien parti unique dispose désormais de la majorité absolue à l'Assemblée populaire nationale. Il a par ailleurs largement remporté les élections locales (communes et wilayas) du 10 octobre dernier et contrôle 668 communes sur 1 541, et 43 wilayas sur 48.

La représentation de l'islamisme politique a connu de profonds bouleversements. Le Mouvement de la Société pour la Paix a perdu son statut de deuxième force politique du pays. Le mouvement Ennahda n'a obtenu qu'un seul siège dans la nouvelle assemblée. Enfin, le Mouvement de la Réforme Nationale apparaît aujourd'hui, avec 43 sièges à l'Assemblée nationale, comme le leader légal de la mouvance islamiste algérienne, son discours populiste et radical ayant su capter une partie du vote contestataire.

La défiance à l'égard du pouvoir politique s'est, en outre, exprimé par une très forte abstention (54 %) lors des élections législatives. Environ 900 000 bulletins blancs ont été recensés.

A noter, au niveau des moyens d'information, que si la télévision algérienne demeure strictement contrôlée par le pouvoir, la presse écrite connaît une grande diversité (une vingtaine de quotidiens à Alger) et une certaine liberté de critique qui n'existe guère dans les pays voisins.

. Le départ de M. Ali Benflis et la nomination de M. Ahmed Ouyahia au poste de Premier ministre

Le Président de la République a démis, début mai, M. Ali Benflis de ses fonctions de Premier ministre et a nommé M. Ahmed Ouyahia, tout en maintenant l'essentiel du gouvernement. Ce changement est apparu, pour les observateurs algériens, comme la conséquence de la rivalité croissante entre M. Ali Benflis et M. Abdelaziz Bouteflika dans le cadre de la préparation de l'élection présidentielle de 2004, la popularité de ce dernier déclinant alors que l'ancien Premier ministre et secrétaire général du FLN est sorti renforcé du succès du parti, qu'il a profondément remodelé, aux élections nationales et locales. Elle semble aussi le signe de divergences de fond sur le rythme et les objectifs des réformes, notamment des privatisations dans le secteur public.

Le nouveau Premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, est président du Rassemblement national démocratique (RND) et fut, au sein du gouvernement dirigé par M. Ali Benflis, ministre de la justice puis ministre d'Etat sans porte-feuille représentant personnel du Président de la République. Il fut Premier ministre du Président Liamine Zeroual de 1995 à 1998, période au cours de laquelle il a mis en oeuvre les consignes des institutions internationales pour assainir les finances publiques algériennes. Agé de 51 ans, il est présenté comme proche des militaires.

. Le vote contestataire est alimenté par un profond malaise social et s'exprime par des flambées de violence.

Ce malaise social s'explique essentiellement par l'érosion du pouvoir d'achat, la paupérisation des classes moyennes et la dégradation du cadre de vie (défaillance des services publics de transports, d'électricité ou d'eau potable, de la mauvaise qualité du réseau téléphonique et de l'importante pénurie de logements). Cette situation a récemment provoqué de nombreux conflits sociaux dans plusieurs branches professionnelles : enseignants, universitaires, inspecteurs du travail, magistrats, agents hospitaliers, métallurgistes. Une grève générale, a été lancée à l'appel de l'UGTA (Union générale des travailleurs algériens, première centrale syndicale du pays) contre les privatisations et a paralysé l'ensemble du pays les 24 et 25 février dernier.

. La situation en Kabylie

Après un conflit très dur en 2001, le gouvernement a adopté en mars 2002 des mesures d'apaisement : la constitutionnalisation du Tamazight, la langue berbère, comme langue nationale, le redéploiement des brigades de gendarmerie et la mise en place d'un régime d'indemnisation pour les victimes des émeutes de l'été 2001). Elles n'ont toutefois pas permis de ramener le calme dans la région. Les autorités ont alors opté pour une politique de fermeté. Les sièges locaux des coordinations de « archs » ont été fermés fin mars. Plus d'une centaine de cadres et de militants du mouvement ont été arrêtés puis condamnés à des peines de prison ferme allant de 2 mois à 2 ans. Ces mesures ont permis de ramener un calme précaire. Pour autant, le mouvement de contestation s'est poursuivi.
Le scrutin local du 10 octobre 2002 n'a pu se dérouler normalement dans la région : les bureaux de vote n'ont pu ouvrir dans plus du tiers des communes de Kabylie ; ailleurs, le taux d'abstention a atteint un niveau très élevé (90 % environ). Des émeutes ont éclaté dans certaines localités le jour du scrutin entre jeunes manifestants et forces de l'ordre. Les leaders radicaux du mouvement de contestation ont été interpellés puis incarcérés et le dialogue n'a pu s'engager entre toutes les parties pour mettre un terme à un mouvement de contestation qui tend à s'essouffler.

. La situation sécuritaire

Le niveau global de la violence est inférieur à ce qui prévalait avant le mois d'avril 2001, mais ne diminue plus depuis cette date. 100 à 120 morts par mois environ sont dénombrés contre 200 auparavant. Les ramadans 2001 et 2002 se sont révélés sensiblement moins meurtriers que les ramadans précédents (90 morts cette année, 109 morts en 2001, contre 325 en 2000 et 1814 en 1998).

Dans le même temps, des zones urbaines, depuis longtemps épargnées, ne sont plus à l'abri du terrorisme. En particulier, la situation s'est sensiblement dégradée dans l'Algérois au premier semestre 2002. Six bombes de faible puissance ont explosé dans le centre-ville d'Alger entre l'été 2001 et juillet 2002. Des policiers ont à nouveau fait l'objet d'attentats ciblés en centre-ville. La capitale n'avait pas été frappée depuis l'été 1999.

L'élimination d'Antar Zouabri, l'émir du GIA (Groupe islamique armé), le 8 février 2002 constitue un succès indéniable pour les autorités algériennes qui multiplient depuis l'automne dernier les opérations de lutte anti-terroriste. Les groupes armés, le GIA dirigé désormais par Abou Tourab et le GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) de Hassan Hattab, restent néanmoins actifs et ont démontré ces derniers mois qu'ils conservent d'importantes capacités opérationnelles.
2. Une situation économique et sociale difficile
La situation financière de l'Algérie s'est assainie mais elle ne s'est pas accompagnée d'une reprise suffisante de l'activité pour enrayer la montée des tensions sociales.

. L'assainissement de la situation financière

L'Algérie a profité de la fermeté des cours du pétrole pour poursuivre l'assainissement de sa situation financière, en préservant une politique budgétaire prudente. Ainsi, l'excédent global du Trésor a atteint 4,2 % du PIB en 2001 (10 % en 2000). Les recettes pétrolières ont également fortement contribué au redressement de la situation externe de l'Algérie. Le compte courant était en excédent de 12,4 % du PIB en 2001, tandis que le solde du compte de capital, traditionnellement déficitaire, s'est légèrement amélioré. Les autorités algériennes ont affecté cet afflux de devises d'une part à la reconstitution du stock de réserves de change qui est passé de 4,6 mois d'importations en 1999 à 18 mois en 2001, et d'autre part à la création d'un fonds de stabilisation des recettes, dont l'encours était de 3,3 milliards de dollars à fin 2001.

En outre, les autorités algériennes ont mené des politiques monétaires et de change très prudentes. Une baisse progressive des taux directeurs a accompagné le ralentissement de l'inflation (4,3 % en 2001 contre 30 % en 1995) tandis que la gestion du change pratiquée par la Banque Centrale a permis de stabiliser le taux de change réel effectif et de faire converger progressivement la devise vers son cours sur le marché parallèle. Cette politique vertueuse, associée aux bénéfices d'une restructuration de la dette extérieure par le Club de Paris et par le Club de Londres en 1995, a permis de réduire la vulnérabilité de l'économie algérienne et de créer des conditions favorables à une reprise de la croissance.

. Une croissance trop faible et trop dépendante du secteur pétrolier

Depuis plusieurs années, l'activité, tirée par la conjoncture pétrolière et les investissements domestiques et étrangers est plus dynamique (taux de croissance annuel moyen de 3,4 % entre 1998 et 2001). La croissance pour 2002 serait d'environ 3 %, tirée par des revenus plus élevés que prévu du secteur des hydrocarbures. Toutefois, elle reste très insuffisante pour permettre une baisse significative du chômage, surtout chez les jeunes.

Malgré une croissance dynamique du secteur privé, en particulier dans le secteur industriel (+ 4,5 % sur 2001), l'économie algérienne est pénalisée par la prédominance d'un secteur public peu productif. Les banques publiques, qui rassemblent 90 % du total des actifs bancaires en Algérie, connaissent une situation financière délicate malgré les opérations successives de recapitalisation et d'apurement des créances non performantes sur les entreprises publiques. Elles souffrent d'une faible profitabilité et leur solvabilité est grevée par un niveau de prêts non-performants élevé. L'impact des mesures de soutien au secteur bancaire public est considérable dans la situation de la dette publique interne de l'Algérie. Si la dette courante de l'Etat ne représente que 8,3 % de la dette publique interne au 31 décembre 2001 (83,4 Mds DA sur 999,4 Mds), la dette d'assainissement des banques publiques représente en revanche près de 56 % du total.

L'enjeu principal pour le gouvernement algérien est donc de favoriser une croissance forte, intensive en main d'oeuvre, mais il ne dispose, pour cela, que de marges de manoeuvre très limitées.

Le gouvernement a mis en place un plan de relance de l'économie pour répondre au mécontentement social grandissant : il prend la forme d'un plan de relance budgétaire qui prévoit une reprise des dépenses d'investissement de l'Etat pour un montant total d'environ 6,9 milliards de dollars sur la période 2001-2004. Cependant, ce plan de relance repose sur la capacité des autorités algériennes à dégager des recettes suffisantes pour le financer. Son exécution sera donc soumise à la stabilité des recettes pétrolières, qui représentaient 65 % des recettes budgétaires en 2001.

En outre, les réformes structurelles progressent trop lentement. Quelques progrès ont été accomplis, comme en témoignent les lois adoptées sur les télécommunications, le transport, les mines, les ordonnances prises en août 2001 sur la privatisation et l'investissement et la signature de l'accord d'association avec l'Union Européenne. Cependant, la politique de privatisation et d'appel aux investissements étrangers se heurte à de très fortes résistances.

Cette évolution est d'autant plus regrettable que l'urgence d'une accélération dans le rythme des réformes structurelles se fait de plus en plus sentir. La priorité est, en premier lieu, la poursuite de la restructuration et de la privatisation des entreprises publiques et du secteur bancaire. Le développement d'un environnement plus favorable à l'investissement privé, notamment étranger, est également nécessaire : ainsi, la dérégulation du secteur énergétique, en distinguant les fonctions de régulateur et d'opérateur (toutes deux aujourd'hui remplies par SONATRACH) devrait accroître l'attractivité de l'Algérie pour les investissements étrangers. De même, il serait souhaitable d'abroger la disposition qui interdit, dans certains secteurs stratégiques (secteur bancaire, industrie cimentière), une prise de participation majoritaire par le secteur privé.

. La question de l'accession à l'OMC

L'accession de l'Algérie à l'OMC est sans doute l'une des conditions de la relance de l'économie en raison de l'ouverture et des réformes qu'elle implique. Un groupe de travail sur son accession a été constitué et s'est réuni à cinq reprises à l'OMC depuis avril 1998. Des discussions bilatérales se tiennent par ailleurs entre l'Algérie et les principaux membres de l'OMC en marge ou en préparation des réunions du groupe de travail. La dernière réunion bilatérale entre l'Algérie et la Commission européenne s'est tenue le 18 février.

L'accession de l'Algérie est envisagée à l'horizon 2005 en fonction du rythme de ses réformes économiques. Les autorités algériennes reconnaissent elles même les nombreux obstacles techniques à surmonter. Peu de progrès ont en effet été enregistrés ces derniers mois, notamment en terme d'adaptation du droit interne et des offres tarifaires, et l'offre algérienne est encore jugée peu satisfaisante à l'OMC. L'Algérie est notamment attachée à son système de soutien à l'agriculture, et entretient sur ce volet un dialogue difficile avec les pays du groupe de Cairns, en particulier l'Australie.

Des avancées sont en revanche intervenues en matière de services, sous l'impulsion du ministère algérien du commerce. La France a particulièrement veillé à ce que l'offre initiale de libéralisation des services de l'Algérie ne comporte pas de volet audiovisuel et culturel, pour que l'Algérie conserve la capacité de mettre en oeuvre des politiques publiques de soutien à la diversité culturelle. La France a aussi récemment demandé à l'Algérie de déposer des exemptions à la clause de la nation la plus favorisée qui lui permettront de maintenir et de développer des relations privilégiées en matière audiovisuelle.

. Une situation sociale dégradée

La gravité de la situation sociale s'explique essentiellement par l'appauvrissement de la majorité de la population, le PIB par habitant ayant été divisé par deux entre 1990 et 2002 et passant de 3 524 dollars en 1990 à 1 600 dollars aujourd'hui, en raison d'une croissance démographique (1,6 % par an environ) supérieure à celle du PIB (0,5 % en moyenne sur les dix dernières années). Plus de 190 000 ménages, soit environ 1,6 million de personnes (5,7 % de la population) vivraient en deçà du seuil de pauvreté alimentaire, évalué à 185 € par an.

L'application du programme d'ajustement structurel, de 1994 à 1997, a en outre provoqué l'accélération de la progression du chômage, passant de 1,7 million de chômeurs en 1994 à 2,1 millions en 1999, soit 27,8 % de la population active. Les jeunes sont plus particulièrement touchés par ce phénomène.

De plus, le système algérien de sécurité sociale ne paraît pas en mesure d'endiguer la montée de l'exclusion, même si les autorités algériennes ont décidé l'augmentation à compter du 1er janvier 2001 du salaire national minimum garanti de 33 % (revalorisé à 8 000 dinars/mois, soit environ 123 €) et des salaires de la fonction publique de 15 %. L'Algérie consacre au total plus de 7 % de son PIB aux dépenses d'action sociale et de transferts sociaux. Les dispositifs de sécurité sociale semblent toutefois montrer leurs limites. Moins de 80 % des Algériens sont assurés contre les risques maladie, vieillesse, accident du travail et chômage. Plus du tiers des assurés sont des inactifs, chômeurs ou retraités. De nombreuses personnes en situation de grande précarité ne sont pas couvertes par ces dispositifs. Les inégalités tendent également à se creuser, l'écart de revenus entre les plus riches et les plus pauvres étant désormais de 1 à 10.

De même, si le niveau moyen d'éducation s'est amélioré (le taux de scolarisation des enfants entre 6 et 15 ans atteint aujourd'hui près de 90 %), l'école publique algérienne souffre aujourd'hui d'une crise profonde, ce qu'illustre le développement d'écoles privées interdites par la loi mais tolérées en pratique. Une commission nationale de réforme du système éducatif a d'ailleurs été mise en place en mai 2002 par le Président Bouteflika.

Enfin, la question du déficit de logements sociaux avive les mécontentements (le taux d'occupation des logements atteint 7,3 personnes par logement).


B. L'ALGÉRIE A RETROUVÉ UNE PLACE SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE

Le Président Bouteflika a fait du retour de l'Algérie sur la scène internationale l'une des priorités de son mandat. Dès son accession au pouvoir, aidé par une conjoncture favorable plaçant l'Algérie à compter de juillet 1999 à la tête de l'OUA (Organisation de l'Union Africaine), le Président Bouteflika a multiplié les signes en ce sens : messages d'ouverture à l'endroit des Etats-Unis et de la France, annonce d'un réexamen des relations avec le Maroc, décrispation au sujet d'Israël, reprise des liens avec les pays arabes. Ainsi, il est parvenu à rétablir l'image de l'Algérie auprès de ses principaux partenaires du Nord, voire du Golfe, ainsi qu'une forte présence sur la scène africaine.

1. Les initiatives africaines

La politique africaine du Président Bouteflika a marqué des points. Assurant la présidence de l'OUA en 1999, l'Algérie a su jouer un rôle-clef dans la résolution du conflit éthio-érythréen, en se faisant l'avocat du continent africain dans tous les forums internationaux. L'Algérie est en outre avec le Nigéria, l'Afrique du Sud et le Sénégal, l'un des pays fondateurs du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique. L'Algérie attendait donc beaucoup de la présidence française du G8, espérant que la France saurait sensibiliser ses partenaires à la nécessité d'accroître le montant de l'aide publique au développement et d'investir en Afrique.

2. Des relations toujours méfiantes avec le Maroc

La politique maghrébine du Président Bouteflika, notamment à l'égard du Maroc, a suscité davantage de déceptions. Son élection en avril 1999 avait été accueillie par les autorités de Rabat avec satisfaction. Le rapprochement entre le Maroc et l'Algérie devait s'effectuer durant l'été 1999 et une rencontre au sommet était prévue pour le 25 juillet. Le massacre de Béni Ounif près de Béchar (29 personnes égorgées), le 15 août 1999, a cependant marqué un nouveau coup de froid bilatéral. Le président algérien a en effet affirmé avoir des preuves que le commando présumé du Groupe islamique armé (GIA) s'était réfugié au Maroc, ce qu'a démenti le gouvernement marocain. M. Bouteflika avait alors appelé le Roi Mohamed VI, dans une lettre rendue publique, à « éviter le double langage » et à « dissiper les nuages entre les deux pays ».

Depuis lors, en dépit de certains signes de détente (entretiens entre les deux chefs d'Etat au sommet Europe-Afrique du Caire les 3 et 4 avril 2000 et au sommet Afrique-France de Yaoundé en janvier 2001, rencontre des ministres de l'Intérieur à Alger en mai 2000 et à Rabat en novembre 2000), la méfiance réciproque entre les deux pays demeure. La question du Sahara occidental constitue l'un des principaux points de tension entre l'Algérie et son voisin marocain. Alger a confirmé à New-York, lors du vote de la résolution 1359 en juin 2001, son ouverture à une solution politique. Toutefois, Alger rejette le projet d'accord-cadre proposé par M. James Baker.

Par ailleurs, l'Union du Maghreb arabe, dont l'Algérie assure la présidence depuis 1994, reste dans l'impasse, comme l'a confirmé l'annulation en juin dernier du sommet prévu à Alger.

3. La recherche d'une meilleure insertion dans les échanges internationaux

L'Algérie cherche désormais à s'intégrer pleinement dans le jeu international et à jouer la carte de la mondialisation. Pour les autorités algériennes, il s'agit de disposer de leviers extérieurs pour accélérer le processus de réforme économique qui se heurte encore à de nombreux obstacles. Cette politique passe notamment par :

- la signature de l'accord d'association entre l'Union Européenne et l'Algérie, sa ratification par le parlement algérien devant intervenir courant 2003 ;

- la perspective d'adhésion à l'OMC ;

- le développement de ses relations avec Washington. Le Président Bouteflika s'est rendu à deux reprises aux Etats-Unis en 2001 (juillet et novembre). La coopération militaire s'est intensifiée depuis le 11 septembre (renforcement du dialogue entre hauts responsables militaires, escales, exercices navals et aériens conjoints). Les Etats-Unis, très présents en Algérie dans le secteur des hydrocarbures, encouragent les autorités algériennes à accélérer le processus de libéralisation économique. Le Sous-Secrétaire d'Etat américain pour les affaires politiques, M. Grossman, et l'envoyé spécial américain pour le Proche-Orient, M. Burns, se sont récemment rendus à Alger ;

- un rapprochement spectaculaire avec la Francophonie. Le Président Bouteflika s'est rendu au Sommet de la Francophonie à Beyrouth en octobre 2002. L'Algérie a également participé à la Conférence ministérielle de Lausanne le 13 décembre dernier, remettant en cause sa position traditionnelle selon laquelle la francophonie serait un instrument du néo-colonialisme. Le président Bouteflika a, en effet, reconnu il y a quelques mois devant votre rapporteur que l'arabisation à outrance pratiquée dans les années 80 avait été une erreur et qu'il convenait de redonner toute sa place au français. L'intégration progressive dans l'organisation de la francophonie est envisagée. Elle représente, en effet, une possibilité supplémentaire d'ouverture sur l'extérieur et l'occasion de contacts étroits avec un grand nombre de chefs d'Etat africains.

C. LA NORMALISATION DES RELATIONS AVEC LA FRANCE

1. La refondation des relations franco-algériennes

Un nouveau climat prévaut entre la France et l'Algérie depuis l'élection du Président Bouteflika. Sa visite d'Etat en France (14 - 17 juin 2000) a marqué le renouveau de la relation franco-algérienne. La visite d'Etat du Président de la République, M. Jacques Chirac, en Algérie, du 2 au 4 mars 2003, a permis de donner un nouvel élan aux relations bilatérales, dans tous les domaines (approfondissement du dialogue politique, soutien aux réformes, amélioration des conditions de circulation des personnes, renforcement de la présence économique française en Algérie, poursuite du travail de mémoire). Elle a marqué solennellement l'engagement de la France à construire avec l'Algérie une relation nouvelle, confiante, sereine et durable. Cette visite d'Etat, la première d'un Président français depuis 1962, a été longuement préparée (visite du Ministre en Algérie les 16-17 décembre dernier, visite officielle du Chef du gouvernement algérien à Paris le 17 janvier, visite officielle du Président Bouteflika à Paris le 5 février), ce qui a permis sa réussite. La « Déclaration d'Alger », signée par les deux Chefs d'Etat à l'occasion de cette visite, constitue désormais la « feuille de route » des relations bilatérales.

. La coopération culturelle, éducative, technique et scientifique

La France et l'Algérie entretiennent des liens étroits de coopération, tant en matière scientifique et technique que dans les domaines culturel et linguistique, où la coopération française vise à soutenir les autorités algériennes dans leurs efforts de réforme (Etat, justice, économie, système scolaire).

En matière culturelle, beaucoup a été fait depuis trois ans. Le centre culturel français d'Alger a rouvert ses portes le 15 janvier 2000. Les centres culturels d'Annaba et d'Oran ont rouvert en mars 2002. Une « Année de l'Algérie » est organisée en France en 2003. La coopération dans le domaine de l'éducation et de la formation professionnelle s'est renforcée : ouverture d'un lycée international à Alger le 2 octobre 2002 avec des classes de seconde et de première (ouverture de classes de terminale en septembre 2003) ; mise en place d'un Fonds de Solidarité prioritaire en matière de soutien au développement du secteur privé (économie).

Des fonds supplémentaires vont être débloqués, pour un montant total de 20 millions d'euros environ, dans de nombreux domaines : formation professionnelle, réforme des institutions administratives et judiciaires, développement agricole, réforme du système éducatif et du secteur de la recherche, culture.

De nouveaux projets de coopération, annoncés par le Président de la République à l'occasion de sa visite d'Etat en Algérie, vont être engagés : création à Alger de l'Institut supérieur algérien des affaires ; création d'un Haut Conseil de coopération universitaire et de recherche ; renforcement de la coopération institutionnelle (modernisation des administrations algériennes) ; renforcement de la coopération dans le domaine culturelle (un protocole d'accord a été signé à Alger le 2 mars par les ministres de la culture) ; développement de la coopération dans le domaine du développement durable.

2. Le renouveau des relations économiques franco-algériennes

Le bilan des relations économiques franco-algériennes pour l'année 2002 laisse apparaître une progression sensible par rapport aux années précédentes. Les relations commerciales se sont densifiées en 2002 pour atteindre un flux croisé d'environ 6,5 milliards d'euros (la France a dégagé en 2002 en excédent commercial de 1 Md €, contre 800 M € en 1999). Les exportations françaises se sont ainsi accrues de 60 % en trois ans et dépassent désormais 3,7 milliards d'euros. Les exportations françaises se composent essentiellement de biens d'équipement (28 %), du secteur automobile (21 %), les marques Renault et Peugeot-Citroën détenant 64 % du marché, et de produits pharmaceutiques. Nos importations se sont accrues dans la même proportion en raison essentiellement de la hausse du prix des hydrocarbures qui composent 96 % de nos importations d'Algérie. Elles ont atteint près de 2,7 milliards d'euros en 2002. L'Algérie fournit à la France 25 % de gaz naturel. La France est désormais le premier partenaire commercial de l'Algérie (1er fournisseur - 23 % - 2e client - 15 %). L'Algérie est devenue pour la France son 1er partenaire hors OCDE avec la Pologne.

Surtout, les investissements français en Algérie, s'ils demeurent modestes, ont néanmoins progressé en 2000-2001. Le montant total des grands contrats (supérieurs à 3 M € ) est estimé à 565 millions d'euros contre 106 millions d'euros en 1999. Près d'une centaine d'entreprises françaises opère aujourd'hui sur le marché algérien, employant près de 6 000 personnes.

Plusieurs grands contrats ont été conclus récemment : GDF s'est engagé aux côtés de la Sonatrach dans l'exploration, l'exploitation et la commercialisation du champ gazier d'Ahnet (investissement total de 2 Mds $, avec une participation de GDF à hauteur de 25 %) ; SPIE-CAPAG a signé à la mi-décembre 2000 un contrat de 364 millions d'euros portant sur l'oléoduc reliant Ouargla au port d'Arzew ; la société ENTREPOSE a remporté le premier lot d'un projet de développement d'un gisement de gaz pour 120 millions de dollars ; TOTAL-ELF-FINA a conclu en octobre 2001 un contrat d'exploration d'un bloc au sud-est du pays (investissements de 15 à 25 millions de dollars) ; DANONE s'est associé avec la société algérienne Djurdjura pour l'installation d'une usine de produits laitiers ; CASTEL s'est engagé dans la production en Algérie de boissons gazeuses ; MICHELIN s'est réimplanté en Algérie en août 2002 (après huit ans d'absence).

Le développement des investissements français en Algérie, tant souhaité par les autorités algériennes, dépendra néanmoins des progrès accomplis dans la mise en oeuvre des réformes économiques que la France cherche à appuyer. Un accord bilatéral de conversion de dette en investissements privés d'un montant de 61 millions d'euros a été signé le 17 décembre 2002 à Alger.

Les autorités françaises ont, en outre, pris en 2000 diverses mesures de nature à favoriser le développement de nos relations commerciales avec l'Algérie : assouplissement de notre politique d'assurance-crédit ; suppression du protocole de sécurité ; normalisation des conditions d'aide pour les exportateurs (assurance-foire, assurance-prospection) ; éligibilité de l'Algérie à la Réserve Pays Emergents et au FSP (Fonds de solidarité prioritaire). L'Algérie est avec le Maroc, la Tunisie et le Vietnam l'un des quatre pays au monde à bénéficier de tous nos outils financiers d'aide au développement.

De plus, les administrations françaises apportent dans de nombreux domaines un soutien technique à leurs partenaires algériennes (développement des partenariats secteur public / secteur privé ; soutien dans les négociations de la partie algérienne avec l'OMC ; assistance technique dans les domaines du développement durable et de l'aménagement du territoire.

Lors de la visite du Président de la République en Algérie, l'AFD (Agence française de développement) a signé à cette occasion trois conventions d'un montant total de 95 millions d'euros (banque, habitat, eau) ; la France apportera, entre autres, son appui à la modernisation des infrastructures de transports (métro d'Alger, réseaux ferroviaires), à la modernisation des réseaux de distribution d'eau potable et au développement du secteur de l'habitat.

Enfin, la compagnie Air France a récemment décidé de reprendre ses vols entre la France et l'Algérie. Deux lignes : Paris-Alger et Marseille-Alger seront ouvertes. Les vols étaient interrompus depuis la prise d'otages d'un avion airbus de la compagnie le 24 décembre 1994."

source : Sénat français - Commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Rapport (no 329) sur le projet de loi autorisant la ratification de l'accord euro-méditerranéen établissant une association entre la Communauté européenne et ses États membres, d'une part, et la République algérienne démocratique et populaire, d'autre part (ensemble six annexes, sept protocoles, un acte final, cinq déclarations communes et neuf déclarations unilatérales). Session ordinaire de 2002-2003. Annexe au procès-verbal de la séance du 4 juin 2003. Rapporteur : M. Claude Estier.


Voir aussi : L’Algérie 10 ans après le putsch. Les droits humains: Un bilan désastreux (Algeria-Watch, 11 janvier 2002)


Les enjeux économiques

"Dans les années qui suivirent l'indépendance, l'économie algérienne, d'inspiration fortement socialiste, fut caractérisée par sa rigidité et l'omniprésence du secteur public. Dès 1971, l'industrie pétrolière est nationalisée et le secteur agricole placé sous un régime de propriété collective. Puisant dans l'importante manne pétrolière et recourant massivement à l'emprunt, le gouvernement se lança au cours des années soixante-dix dans d'ambitieux projets destinés à développer l'industrie lourde qui se révéleront rapidement ruineux. Confronté à d'importantes difficultés économiques et financières - contre choc pétrolier -, le gouvernement n'eut d'autre choix que de réorienter dès 1985 ses différentes politiques économiques. La chute du cours du pétrole combinée à la hausse du coût des importations de denrées alimentaires inciteront notamment les autorités à ouvrir le secteur agricole aux opérateurs privés. Parallèlement, un vaste processus de réforme du secteur industriel -largement public-, prévoyant la création d'unités plus petites et plus facilement gérables, fut lancé. Le financement de telles réformes dans un contexte de baisse du cours du pétrole nécessita un recours massif aux emprunts extérieurs.

Incapable de faire face à un fardeau de la dette devenu insupportable et confrontée à la chute des cours du pétrole, l'Algérie n'a d'autres choix que de négocier un moratoire (Stand-by Agreement) avec le Fonds Monétaire International (FMI) en 1989. L'année suivante, une loi ouvrant la voie à la participation d'entreprises étrangères au processus de "reconstruction" de l'économie nationale était adoptée -puis complétée en 1997-. Un texte sur l'investissement suivra en 1994. En avril de la même année, le FMI approuva l'octroi d'un troisième prêt (Stand-by Loan) à l'Algérie suivi, en mai 1995, de mesures de facilité de paiement (Extended Fund Facility -EFF-) de US$ 1,8 milliards sur trois ans. Ce dernier prêt arrivant à échéance en mai 1998, les autorités algériennes n'ont pas souhaité de rééchelonnement supplémentaire. L'Algérie a toutefois bénéficié d'un prêt de US$ 300 millions du FMI en juin 1999 afin de faire face à une baisse conjoncturelle des recettes d'exportation (en raison de la forte baisse du cours du pétrole en début d'année).

Parallèlement, les autorités algériennes entamèrent une série de discussions visant la signature d'un Accord d'Association avec l'Union européenne (AAUE) similaire à ceux existant depuis 1995 avec le Maroc et la Tunisie, ainsi que l'adhésion de leur pays à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

En dépit d'un contexte sécuritaire longtemps précaire, l'Algérie a, sous l'impulsion du FMI et de la BM, accompli de remarquables progrès aux plans économique et financier: rétablissement des grands équilibres macro-économiques, amélioration des soldes commercial et budgétaire, recul de l'inflation, améliorations notables sur le front de la dette extérieure et des réserves en devises, libéralisation prudente de l'économie et restructuration progressive d'un secteur public surdimensionné. Ces diverses mesures ont favorisé un retour de la croissance qui devrait se confirmer dans les années à venir. Toutefois, pour significatives qu'elles soient, ces avancées demeurent relativement fragiles. L'Algérie devra parachever son ouverture sur l'extérieur et surtout diversifier une économie largement dépendante des secteurs agricole et pétrolier. Parallèlement, les réformes progressent lentement, le secteur industriel tourne au ralenti, le poids de la dette demeure considérable et les capitaux étrangers continuent de bouder l'Algérie, à l'exception notable du secteur des hydrocarbures. Enfin, dans un contexte social fragilisé par un chômage élevé (30%) et la pénurie de logements, les autorités devront garantir un retour définitif à la stabilité politico-économique, préalable incontournable à une croissance durable et soutenue. En dépit des obstacles, les réformes devraient toutefois se poursuivre.

Disposant d'un territoire immense (2,38 millions de km² -le second en importance sur le continent noir) et peuplée de quelque 30 millions d'habitants (dont 39% ont moins de 15 ans), l'Algérie possède d'importantes ressources naturelles. Les réserves algériennes de pétrole sont actuellement évaluées à 9,9 milliards de barils (1% des réserves mondiales) contre quelque 5 milliards de tonnes pour le gaz naturel (de larges partions du territoire algérien demeurent néanmoins inexplorés). Le sous-sol algérien abrite également d'importants gisements inexplorés de phosphates, de minerai de fer, d'or, d'uranium, de plomb ou encore de zinc.

L'économie algérienne demeure structurée autour de deux secteurs incontournables: les hydrocarbures et l'agriculture. Ces deux pôles sont soumis aux aléas de la conjoncture (cours du brut et précipitations). L'Algérie tire entre 95 et 97% de ses recettes d'exportations de la vente d'hydrocarbures. Ces derniers comptaient pour plus de 29% du PIB en 1998. La construction, l'industrie, l'administration et surtout l'agriculture s'imposent comme les autres principaux domaines d'activités. Le pays demeure fortement dépendant vis-à-vis de l'extérieur au plan alimentaire ainsi que pour les biens d'équipement et de consommation.

Sur fond de climat social tendu, le chômage, dont le taux culmine officiellement à 30% de la population active, demeure l'un des principaux problèmes auxquels les autorités et la société algériennes sont confrontées. Environ 260,000 Algériens intègrent chaque année le marché du travail pour quelque 100,000 emplois disponibles. Le seul processus de restructuration du secteur public et para-public a entraîné à ce jour la disparition de quelque 400 000 emplois. Afin de juguler cette montée désastreuse du chômage, l'Algérie se doit de créer des emplois dans des secteurs non-énergétiques à forts besoins en main d'oeuvre en attirant des investisseurs internationaux. Le dynamisme du secteur privé, lui-même tributaire de la stabilité du pays et du renforcement du cadre législatif, constituera l'une des clés en matière d'emploi dans un pays où 39% de la population a moins de 15 ans. Parallèlement au chômage, la pénurie de logement s'impose comme le second catalyseur du mécontentement social notamment en milieu urbain où la demande non-satisfaite est estimée à plus de 1,2 millions d'unités.

Longtemps monopole exclusif de l'État, le commerce extérieur a été libéralisé. Depuis 1991, l'économie algérienne s'inspire du modèle libéral en matière économique afin de garantir une concurrence effective entre opérateurs publics et privés. Depuis les débuts du processus de dé-monopolisation, la part du secteur privé progresse régulièrement. Celui-ci représentait en 1998, 46,1% de la valeur ajoutée avec un monopole de 100% dans l'agriculture, une représentation minoritaire dans les hydrocarbures, une domination dans les services (78%) et le commerce (77%) ainsi qu'une importance croissante dans les transports et les communications (44%). Le secteur public reste dominant dans l'industrie, le bâtiment, les travaux publics et les mines.»

Algérie: présentation générale (Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord - © Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, 2002. Tous droits réservés) - reproduction pour utilisation publique non commerciale autorisée par le MAECI

Le Grand Projet urbain d'Alger
Relations Algérie-Canada
L'Algérie vue autrement

Carte

source: CIA - The World Factbook (domaine public)

Image satellite du pays (Office national de la météorologie, Alg.)

Attraits
Cuisine algérienne
Comment aimer l'Algérie

Documentation
Articles parus récemment dans Le Monde diplomatique
La guerre
La guerre d'Algérie à la télévision française: un dossier de l'INA comportant plusieurs extraits vidéos
Textes relatifs à la guerre d'Algérie (Cliotexte)

Algérie, décembre 1991: «Il fallait arrêter le processus électoral». Entretien avec Ali Haroun conduit par par Jean-Paul Chagnollaud. Confluences Méditerranée, no 40, hiver 2001-2002
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Raccourcis intéressants
Actualités: Yahoo! France Actualités, Yahoo! News, The Washington Post
Médias: Journaux. El Moudjahid (fr.), Le Soir d'Algérie (fr.), El Watan (fr.), Liberté (fr.), La Tribune (quotidien d'Alger, fr.)
Présentation générale: Country Profile (BBC News)
Gouvernement:
Conseil de la Nation
Site du Ministère des Affaires étrangères
Ministère de l'Industrie et de la Restructuration
Ministère de l'Éducation nationale
Conseil constitutionnel
Banque centrale d'Algérie
Site officiel du gouvernorat du Grand Alger
Autres sites gouvernementaux
Relations extérieures:
Membre de l'Union africaine et de la Ligue arabe
Membre de l'Organisation de la Conférence islamique
Membre de l'Union du Maghreb arabe
Relations France-Algérie (Min. français des Aff. étrang.)
Économie:
L'Algérie et la Banque africaine de développement
Énergie:
Country Information (Energy Information Administration, É.-U.). Voir aussi: Algeria (Arab Maghreb Union, Country Analysis Brief, EIA)
Culture:
Archives nationales d'Algérie
Tourisme:
Office national du tourisme algérien
Conseils à l'intention des voyageurs: Min. des Aff. étrang., Fr.; Min. des Aff. étrang. et du Comm. intern., Can.
La météo (Office national de la météorologie, Alg.)

Statistiques
Capitale
Alger (3 millions d'hab.)
Superficie
2 380 000 km²
Population
30 millions d'habitants
Nom officiel
Al Jumhuriyah al Jaza'iriyah ad Dimuqratiyah ash Sha'biyah (République algérienne démocratique et populaire)
Régime politique
République.
Chefs de l'État et du gouvernement
Président: Abdelaziz Bouteflika (15 avril 1999). Premier ministre: Ali Benflis (26 août 2000)
Langue(s)
Arabe (officielle), français, langues berbères.
Ethnies et religions
Ethnies: arabes-berbères (99%), européens (moins de 1%). Religions: Islam sunnite (religion d'État, 99%), minorités chrétiennes (catholiques, protestants) et juive (1%)
PNB
46,5 milliards de $ (1995)
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Ville, patrimoine, islam, Algérie, Afrique du Nord
La Casbah d'Alger a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial à la 16e session du Comité, en décembre 1992.

Dernière mise à jour: 11/27/2006
L'Encyclopédie de L'Agora - 1998 - 2008