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| Alexandre le Grand |
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| Biographie en résumé |
"À peine âgé de vingt ans quand il monta sur le trône, passionné pour une gloire inconnue, le jeune Alexandre commence à exécuter le plan qui avait coûté tant de préparatifs à son père. Il passe en Asie, et envahit les états du monarque des Perses. Toutes les expéditions de ces derniers contre la Grèce avaient été dirigées par terre à travers le pays des Thraces et des Macédoniens. De là la haine invétérée de ces deux peuples contre les Barbares d’Orient. Leur faiblesse même n’était plus un secret, non seulement depuis les anciennes batailles de Marathon et de Platée, mais surtout depuis la retraite de Xénophon et des dix mille. Souverain de la Grèce, chef supérieur des forces de terre et de mer, vers quelle contrée le Macédonien aurait-il dirigé ces armées, et conduit ses phalanges, si ce n’est contre cette monarchie chancelante qui depuis un siècle ne faisait que dépérir? Le jeune héros livre trois batailles, et l’Asie mineure, la Syrie, la Phénicie, l’Égypte, la Lybie, la Perse et l’Inde reconnaissent ses lois. Si les Macédoniens, plus prudents que lui, ne l’eussent forcé à revenir sur ses pas, il se serait avancé jusqu’aux rivages de l’Océan. Pas plus que ses triomphes, sa mort à Babylone ne fut l’effet d’un prodige, ou l’œuvre du destin. Qu’il est grand d’avoir conçu le projet de régner du sein de Babylone sur le monde! Un monde qui de l’Indus devait s’étendre jusqu’à la Lybie, et du fond de l’Illyrie jusqu’aux bords de la mer Icare! Gloire à celui qui de cette foule de nations diverses voulut former un peuple unique, grec par la langue, les mœurs, les actes, le commerce; et des colonies de Bactres, de Suse et d’Alexandrie, autant d’Athènes nouvelles! Et c’est alors que la vie du conquérant a été tarie dans sa source! Depuis lui plus d’espérance de voir jamais un monde grec sortir d’une seconde création! Si un homme adressait de pareilles paroles au destin, il recevrait pour réponse: Que Babylone ou Pella soit le séjour d’Alexandre, que les Bactriens parlent la langue du Grec ou du Parthe, le fils de l’homme veut-il accomplir des projets, qu’il soit sobre, et ne s’enivre pas jusqu’à la mort! S’il suivit ce conseil, on le sait, et son empire s’écroula. Ce qu’il y a d’étonnant n’est pas qu’il se soit perdu lui-même, mais que vaincu depuis si longtemps par sa bonne fortune, il n’ait pas plutôt succombé sous le poids."
Herder, Portrait d’Alexandre. Traduction: E. Quinet (Jules Le Fèvre-Deumier, Leçons de littérature allemande: morceaux choisis des poètes et des prosateurs classés par genres; [ouvrage précédé d'un] coup d'oeil sur la littérature allemande depuis Luther jusqu'à nos jours. Paris, F. Didot, 1893, p. 341-342) - texte du domaine public |

Alexandre le Grand
Dessin de Jacques Reich d'après un buste en marbre du Capitole de Rome.
Copyright : Lea Brothers & Company, 1902 (domaine public)
Source en ligne : Library of Congress, Prints and Photographs Division
Série : "Famous People"
Numéro de reproduction : LC-USZ62-40088
Sculptures
Le combat d'Alexandre le Grand et de Darius III, roi de Perse (enluminure, Bréviaire de Martin d'Aragon, Espagne, fin du XIVe siècle; conservé à la Bibliothèque nationale de France) |
| Vie et œuvre |
Aristote, précepteur d’Alexandre:
«En 343-342, à l'âge de quarante et un ans, Philippe de Macédoine l'appela à sa cour comme précepteur du jeune Alexandre.
Malheureusement, nous ne savons presque rien sur les rapports entre l'éducateur Aristote et son élève Alexandre. Et pourtant, quelle conjonction extraordinaire! Jacob Burckhardt estimait que c'est par l'éducation d'Alexandre qu'Aristote a eu la plus grande influence sur l'histoire (1). Et un écrivain moderne caractérise cette rencontre: «Aristote, cet homme qui construisit avec ses pensées une demeure si vaste que la science occidentale pouvait y habiter pendant deux mille ans, contribua, par les idées qu'il a inculquées à Alexandre, à créer les conditions nécessaires à la réalisation de ce même Occident. Sans Alexandre, nous connaîtrions à peine le nom d'Aristote. Sans Aristote, Alexandre ne serait jamais devenu l'Alexandre que nous admirons.» (2)
Encore une fois, nous ne savons pratiquement rien de précis sur l'éducation
d'Alexandre par Aristote. Il paraît probable qu'Aristote ait préparé pour son élève une édition commentée de l'Iliade qui devait accompagner le conquérant jusqu'aux limites du monde connu. Vraisemblablement, Aristote a écrit pour Alexandre un livre sur la monarchie et un autre sur les colonies. Aucun de ces texte ne nous est parvenu, et, fait surprenant, dans aucun des textes conservés nous ne trouvons trace d'Alexandre, sauf, peut-être, quelques allusions très incertaines, là où Aristote parle du roi, qui est un homme parfait. Il est aisé de supposer qu'Aristote initia le jeune Alexandre aux sciences de la nature. Et on est tenté de penser que c'est Aristote qui inculqua à Alexandre cette curiosité, cette passion de la découverte et de l'expérience qui le conduisirent jusqu'en Inde et qui lui auraient très probablement fait découvrir l'Afrique s'il n'était mort prématurément. Est-ce grâce à l'éducation d'Aristote qu'Alexandre était autant explorateur que conquérant?»
Notes
1. J. Burckhardt, Griechische Kulturgeschichte, IV, 397.
2. P. Bamm, «Alexander oder die Verwandlung der Welt», Gesammelte Werke, 411.
Charles Hummel, "Aristote", Perspectives: revue trimestrielle d'éducation comparée (Paris, UNESCO: Bureau international d'éducation), vol. XXIII, n° 1-2, 1993, p. 37-50.
©UNESCO: Bureau international d'éducation, 2000. Ce document peut être reproduit librement, à condition d'en mentionner la source (indication apparaissant sur le document original) |
| Documentation |
Expéditions d'Alexandre, Arrien (remacle.org)
Alexander the Great: A Bibliography
Vie d'Alexandre, par Plutarque (angl.)
Alexander’s Itinerary. An English Translation, par Iolo Davies, Cheltenham, Gloucestershire, England (The Ancient History Bulletin, 12.1-2 (1998), p. 29-54
Alexandre le Grand. Pièce de Jean Racine (mode texte, BNF)
James Darmesteter, "La légende d'Alexandre chez les Parses", dans Mélanges publié par la Section historique et philologique de l'Ecole des hautes études pour le dixième anniversaire de sa fondation. Paris, F. Vieweg, Imprimerie nationale, 1878 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)
Céline Marquaille, Les vicissitudes de l'imitatio Alexandri ou la force d'une image contre Rome
How "Great" Was Alexander?, par Ian Worthington, University of Missouri-Columbia (The Ancient History Bulletin, 13.2 (1999), p. 39-55
Alexander the Great Today: In the Interests of Historical Accuracy?, par Frank L. Holt, University of Houston (The Ancient History Bulletin, 13.3 (1999), p. 111-117; réplique de I. Worthington, Alexander and "the interests of historical accuracy": a reply, dans le même numéro
Who put the "romance" in the Alexander-romance?: the Alexander romances within Alexander historiography, par E. Baynham (The Ancient History Bulletin, vol. 9.1 (1995), p. 1-13
Diplomatic negotiations between Darius and Alexander: historical implications of the first phase at Marathus in Phoenicia in 333/332 B.C., par E.F. Bloedow (The Ancient History Bulletin, vol. 9.3-4 (1995), p. 93-110)
Alexander’s Invasion of Lycia: Its Route And Purpose, par Antony G. Keen, Queen’s University of Belfast, Irl. (The Ancient History Bulletin, 10.3-4 (1996), p. 110-118)
Alexander and the Ganges: the text of Diodoros XVIII 6.2, par T.R. Robinson (The Ancient History Bulletin, vol. 7.3-4 (1993), p. 84-99
Alexander’s order during the Cleitus episode, par N.G.L. Hammond (The Ancient History Bulletin, vol. 9.3-4 (1995), p. 111-116
On "wagons" and "shields": Alexander’s crossing of Mt. Haemus in 335 B.C., par E.F. Bloedow (The Ancient History Bulletin, vol. 10.3-4 (1996), p. 119-130)
Malaria in Alexander’s army, par E.N. Borza (The Ancient History Bulletin, vol. 1.2 (1987), p. 36-38)
Argaeus, Ptolemy II and Alexander’s corpse, par C. Habicht (The Ancient History Bulletin, vol. 2.4 (1988) 88-89)
Sasigupta and the Poisoning of Alexander, par Ranajit Pal |
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| | La légende d’Alexandre et le curé Lamprecht | | Adolphe Bossert | | Légende, imaginaire, littérature germanique, moyen âge, héros | | Le curé Lamprecht et son modèle français. Caractère historique d’Alexandre. Formation de sa légende. Le Pseudo-Callisthène. La légende d’Alexandre dans l’Occident. Le poème du curé Lamprecht. | | | La vie d'Alexandre - 3e partie | | Plutarque | | LXIX. Propos libre de Clitus contre Alexandre dans l'ivresse. - LXX. Meurtre de Clitus. -LXXI. Douleur d'Alexandre. Anaxarque le console. - LXXII. Dispute entre Anaxarque et Callisthène. - LXXIV. Callisthène se rend odieux au roi par son indiscrétion. - LXXIV. Les courtisans d’Alexandre l'irritent contre Callisthène. - LXXV. Mort de Callisthène et de Démarate. – LXXVI. Alexandre, avant de partir pour l’Inde, fait brûler tout le bagage inutile. LXXVII. Divers présages de son expédition - | | La vie d'Alexandre - 1e partie | | Plutarque | | Objet que Plutarque se propose en écrivant les vies d'Alexandre et de César. - II. Premières traditions sur la naissance d'Alexandre. – III.. | | | La vie d'Alexandre - 2e partie | | Plutarque | | 1.XXXIV. Il prend la ville de Tyr. - XXXV. II s'empare de Gaza , et met l'Iliade d'Homère dans un coffre très précieux. - XXXVI. Il bâtit Alexandrie. - XXXVII. Il va consulter l'oracle de Jupiter Ammon. - XXXVIII. Réponse de l'oracle. - XXXIX. Ce qu'il pensait lui-même de sa filiation divine. - XL. Il fait célébrer des fêtes et des jeux. - XLI. II refuse les propositions de Darius. -XLII. Récit de Tirée à Darius sur la manière dont Alexandre avait traité les princesses captives. - XLIII. |
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