| Chambardement global: la réplique du monde rural |  Actes de la 15e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec. Thèmes principaux : Reconversion des territoires, Adaptation aux changements climatiques, Culture et économie, Énergie et développement rural, Gouvernance. |
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| Rencontres |
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| Joseph Stiglitz, Andrew Charlton : "Pour un commerce mondial plus juste" |  Prix Nobel d'économie, ex-fonctionnaire de la Banque mondiale et conseiller de l'administration Clinton, Joseph Stiglitz est un partisan avéré d'une mondialisation fondée sur l'ouverture des marchés. Mais l'échec des discussions de Doha montre à quel point les mécanismes du marché sont distortionnés en faveur des nations les plus riches, les États-Unis en particulier, qui contrôlent, en fonction de leur poids économique, les décisions du FMI, de l'OMC ou de la Banque mondiale. Le succès économique des nations asiatiques émergeantes qui ont tenu à distance le FMI et la Banque mondiale, et a contrario, la crise économique en Argentine, largement dépendante du financement international, témoignent suffisamment de leur influence. Pour que la mondialisation réalise la promesse d'un développement équitable pour tous les pays, riches ou pauvres, il faudra "démocratiser" les institutions et les mécanismes qui régissent la libéralisation du commerce international et recentrer sur l'humain un capitalisme vidé de toute éthique : « Le capitalisme néolibéral est devenu une jungle impitoyable où l'on a oublié que l'être humain devait être au coeur du développement économique et que le profit ne devait pas être un but en soi.» >> |
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| Agro-foresterie |
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Exemple d'utilisation mixte du territoire dans la région de St-Venant (Québec).
Photo: L'Encyclopédie de L'Agora. Reproduction autorisée avec mention de la source. |
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«Agroforesterie est un nouveau mot pour désigner une pratique ancestrale, qui consiste à inclure des arbres dans le paysage agricole. Sa signification s'est raffinée, et elle englobe maintenant des arbres dont la destination est telle que le système d'utilisation des terres fournisse des aliments aussi bien que des produits forestiers, tous répondant aux besoins de l'usager du système. En même temps, le système agroforestier doit avoir une influence stabilisatrice sur l'environnement, et assurer la permanence de la production.
L'intérêt actuel pour l'agroforesterie a pris naissance parmi les forestiers, qui voyaient les terres boisées menacées par une population en expansion, demandant toujours plus d'aliments, et par suite par les agriculteurs en quête de nouvelles terres pour produire ces aliments. Leur réaction était rationnelle: chercher un moyen pour faire entrer certains aspects de l'agriculture dans l'économie forestière. En revanche l'agriculture classique — et ici j'inclus tout aussi bien l'élevage que la culture n'a pratiquement contribué en rien à alléger la pression que ses activités font peser sur les zones boisées non agricoles.
(...)
Le mot clé est celui de système. L'agroforesterie est un système d'utilisation des terres. C'est en même temps un système de production alimentaire et forestière. Ce n'est pas une production unique ou une simple technique d'aménagement, mais plutôt un ensemble complexe et interdépendant de sous-systèmes, d'éléments et de pratiques adaptées à un milieu et à des besoins particuliers.
(...)
L'agroforesterie est, implicitement, à la fois un système d'aménagement des terres et des ressources, et un système de production multiple d'aliments - végétaux et animaux- et de matières tirées des arbres, pouvant aller des aliments au combustible. Lorsque le but visé est le combustible, il concernera presque invariablement l'agriculteur, et, en règle générale, le petit agriculteur.
La technologie sera très vraisemblablement à relativement forte intensité de main-d'œuvre. L'objectif n'est toutefois pas de développer un système à faible niveau d'investissements, mais plutôt un système qui utilise ceux-ci efficacement et fournisse une production stable avec un rendement soutenu.
Lorsqu'on parle de solutions agroforestières telles qu'un système d'aménagement des ressources et d'utilisation des terres, l'objectif se situe au-delà de l'utilisateur individuel. Ainsi, lorsqu'on juge qu'un système agroforestier sera la solution pour régulariser les eaux et arrêter l'érosion sur des terrains en pente, c'est le bassin versant qui devient la cible. Les agriculteurs individuels utiliseront la technologie, mais toute la zone doit l'adopter pour qu'ils puissent en bénéficier. Dans un tel cas, la production alimentaire et ligneuse individuelle sera un élément de l'ensemble, mais qui sera entièrement subordonné à l'objectif primordial d'aménagement des ressources.
Nous avons fait mention des arbres dans le paysage. C'est probablement une approche plus rationnelle que de parler des arbres dans les terres de culture, ce qui pourrait amener à penser qu'il s'agit d'un mélange d'arbres et de cultures agricoles, qui dans la majorité des cas entraînera une baisse de rendement de ces dernières. Au contraire, parler d'arbres dans le paysage amènera à accorder le rôle dominant aux arbres là où c'est nécessaire, et aux cultures lorsque cela est approprié. On cherchera ensuite la relation qui définisse le rôle de chacun, tout en assurant la stabilité désirée et la productivité nécessaire.»
H. A. STEPPLER, "Une identité et une stratégie pour l'agroforesterie", Agroforesterie en Afrique tropicale humide, United Nations University - UNU, 1984. Reproduit sur le site de la New Zealand University Digital Project. |
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