L'encyclopédie
Partenariats
Index
Magazine
Diffusion de colloques

La Lettre de L'Agora
Abonnez-vous gratuitement à notre bulletin électronique.
>>>
Colloques
Chambardement global: la réplique du monde rural

Actes de la 15e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec. Thèmes principaux : Reconversion des territoires, Adaptation aux changements climatiques, Culture et économie, Énergie et développement rural, Gouvernance.
 
Pic Pétrolier
De si bons Anglais Marc Chevrier
Google
La Francophonie c'est Facebook Jacques Dufresne
Le défi Internet Jacques Dufresne
 
 
25 novembre 1908: Stefan Zweig en Inde Olivier Letigre
Pas de légalisation de l'euthanasie en France
Euthanasie volontaire Jacques Pohier
Quelle sera donc cette vie du ciel? Didier (Desideratus) Érasme
Le legs spirituel d'Érasme Stefan Zweig
 

Rencontres
Lectures
Revue Argument: L'état des lieux en éducation au Québec

La revue québécoise Argument vient de publier un tout nouveau numéro qui consacre un dossier complet et percutant sur la réforme scolaire au Québec. En éditorial de ce numéro spécial, le rédacteur en chef de la revue et membre fondateur du CEQ, Éric Bédard, évoque une nouvelle guerre des éteignoirs qui oppose désormais des doyens de faculté, professeurs d’université et fonctionnaires du ministère de l’Éducation, qui ont remplacé les anciens paysans bornés d’autrefois rétifs à l’impôt scolaire, aux défenseurs d’une école encore vouée à la transmission d’un patrimoine culturel commun. Le renouveau pédagogique brandi par les nouveaux « éteignoirs » de l’instruction met en péril la capacité de « transmettre la grammaire de ce que nous sommes », écrit Bédard. Le dossier réunit des contributions des pédagogues bien connus Normand Baillargeon et Gérard Boutin, des politologues Marc Chevrier et François Charbonneau, du journaliste Mathieu-Robert Sauvé, des philosophes Carole Proulx et Aline Giroux et de la sociologue Nicole Gagnon. Comme l’écrit l’historienne Louise Bienvenue, présentatrice de ce dossier spécial : « …l’école ne saurait être qu’une organisation poreuse aux modes pédagogiques et aux exigences fluctuantes du marché. Nul besoin d’être nostalgique du cours classique ou partisans d’un autoritarisme à l’ancienne pour penser que laissé à lui-même, le pédagogisme à la québécoise est allé bien loin. » >>
Dossier
Admiration

    «C'est un des plus grands spectacles que de voir la patience de la nature.»
    (Kurt Guggenheim)
    La nature ne devrait-elle pas être le premier objet de notre admiration?
    Photo: Otto Kohler.


    Selon le Littré l'admiration est «un sentiment excité par ce qui est beau, merveilleux, sublime.» Selon le Micro Robert, elle est «un sentiment de joie et d'épanouissement devant ce qu'on juge supérieurement beau ou grand.» Puisque l'un peut juger beau ce que l'autre juge laid, l'admiration, dans le second cas, n'a aucune valeur en elle-même.


    Enjeux
    Aux confins de la vie affective et de la vie intellectuelle, l'admiration donne la mesure de la qualité d'un être. Quand elle est excessive, elle est un signe de manque d'identité et parfois d'hystérie, comme en témoigne l'enthousiasme tapageur que suscitent certains chanteurs médiocres. Les mêmes personnes peuvent très bien ensuite se montrer incapables d'admirer ce qui mérite de l'être. On ne peut donner son assentiment à l'authentique grandeur sans prendre douloureusement la mesure de soi-même. «L'envie a l'éblouissement douloureux». Hugo fait ainsi écho à un autre grand, Goethe: «devant la supériorité il n'y a de salut que dans l'amour». L'homme du ressentiment dont parleront Nietzsche, Klages et Scheler est celui qui, n'étant pas capable d'un tel amour, ne pourra conserver un peu d'estime de lui-même qu'en dénigrant ce qui le dépasse et en s'attaquant, jusque dans le domaine des idées et des symboles à tout ce qui contrarie son idéalisation compensatoire de l'égalité. (J.D.)


    Essentiel
    «Il semble d’abord qu’on ne puisse concevoir d’autre façon d’admirer que celle où nous exerçons tout notre esprit sur une œuvre qui en triomphe. Le plus juste hommage qu’on puisse rendre à de grands hommes, c’est d’essayer de mesurer leur grandeur. L’admiration devient alors une critique éblouie, vaincue, convaincue, c’est un amour qui sait ses raisons, c’est la flamme de l’enthousiasme allumée sur les autels de la connaissance. Mais un pareil acte comporte d’abord un généreux, un magnifique aveu d’infériorité, au pied de ce qu’on admire; rien, en vérité, n’est plus fécond en promesses de supériorité véritable que cet aveu-là : tout de même, il faut le faire. On n’admire pas réellement sans se rattacher à un ensemble d’œuvres, d’idées, de principes, qu’on reconnaît bien plus important que soi. Or, on a trop aigri l’homme moderne, on a rendu l’individu trop rétif et trop rebelle pour qu’il se plie volontiers à une pareille subordination. La plupart de nos contemporains aiment mieux leur libre anarchie, où chacun d’eux décrète ce qui lui plaît. Pourtant, on ne saurait critiquer toujours : il faut, malgré tout, à des hommes qui vivent en commun, quelques rendez-vous où ils puissent être d’accord. Ainsi, au milieu de la discorde ordinaire des opinions, on se fait quelques noms sacrés; quelques réputations surgissent, auxquelles il est entendu que nul n’attente : seulement ces nouvelles admirations ne se caractérisent plus par l’exercice, mais au contraire par l’abandon de nos facultés : on jette ses armes au pied du Dieu qu’on s’est donné.»

    Abel Bonnard, passage de Variations de la gloire.

    « Quoi de plus doux que l'admiration ? c'est de l'amour dans le ciel, de la tendresse élevée jusqu'au culte. On se sent pénétré de reconnaissance pour la divinité qui étend les bases de nos facultés, qui ouvre de nouvelles vues à notre âme, qui nous donne un bonheur si grand, si pur, sans aucun mélange de crainte ou d'envie. »

    FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND, Mémoires d'outre-tombe


    Pour le philosophe Jean-Paul Audet, la place considérable qu'y occupe l'admiration est le signe distinctif des religions les plus hautes.

    «Or, c'est, je crois, une constatation certaine de l'histoire : une religion donnée ne conserve ses chances concrètes de demeurer libre à l'endroit du sacré qu'elle porte en elle, que dans la mesure où elle réussit à maintenir à une hauteur suffisante la perception admirative du divin qui fait en premier lieu qu'elle est religion. Si l'on veut, plus cette perception admirative du divin dont je parle, s'élève dans la conscience des individus et des groupes en direction d'une vision et d'une proclamation de la grandeur divine, plus la religion concrète qui se nourrit de cette perception possède de chances historiques de se garder elle-même libre à l'égard du sacré qu'elle utilise dans son organisation et dans son culte. C'est donc, en dernière analyse, une certaine qualité de la perception admirative du divin qui décide, pour une religion donnée, de l'état concret du sacré qu'elle prend à son service, et du même coup, de l'état concret de la liberté qui sera alors laissée au profane. En principe à tout le moins, les religions les plus hautes, dans le sens que nous venons de définir, devraient être aussi bien celles où le profane pourrait normalement se sentir le plus libre dans ses initiatives et dans ses créations propres.

    Inversement, toute atteinte portée à la perception admirative du divin dans une religion donnée ne peut se traduire, historiquement, que par une lente retombée, plus ou moins massive, de la valeur religieuse dans la valeur sacrale, jusqu'au point où, peut-être, le sacré, après avoir absorbé la presque totalité du religieux, décomposera la religion elle-même.»

    Jean-Paul Audet, « La revanche de Prométhée ou Le drame de la religion et de la culture », Revue Biblique 73 (1966), p. 5-29



    Documentation
    En écoutant Beethoven, j'ai eu honte, par André Comte-Sponville (Psychologies
    Magazine, janvier 2000)

    Émission Samedi et rien d'autre à la radio de Radio-Canada, le 19 novembre 2005. Interview de Yannick Nézet-Séguin, directeur artistique et chef attitré de l'Orchestre Métropolitain à l'occasion du Week-end Beethoven présenté les 18-19-20 novembre à la salle Maisonneuve de la Place des Arts à Montréal.  Le chef d'orchestre Yannick Nézet-Séguin, qui dirige les neuf symphonies, le critique musical Edgar Fruitier et l'animateur Joël Le Bigot disent leur admiration pour Beethoven, en des termes et sur un ton qui nous font sentir toute la beauté de ce sentiment quand il est authentique.


    Documents associés
    Civilisations
    Article «Admiration» de l'Encyclopédie
    Denis Diderot
    Surprise, discernement, beauté, grandeur, perfection, idéal, âme
    Admiration, s. f. (Morale) . C’est le sentiment qu’excite en nous la présence d’un objet, quel qu’il soit, intellectuel ou physique, auquel nous attachons quelque perfection. Si l’objet est vraiment beau, l’admiration dure; si la beauté n’était qu’apparente, l’admiration s’évanouit par la réflexion; si l’objet est tel, que plus nous l’examinons, plus nous y découvrons de perfection, l’admiration augmente. Nous n’admirons guère que ce qui est au-dessus de nos forces ou de nos connaissances.
    >
    Dossiers connexes
    Action
    Contemplation
    À lire également sur ce sujet
    Civilisations
    Cicéron ou la sainteté d'un savant homme
    Érasme
    Cicéron, admiration, clarté, érudition, enthousiasme, philosophie, belles lettres, lecture, incarnation, Tusculanes
    Cicéron, écrit Érasme, est celui qui enseigna à la philosophie à parler clairement et qui, le premier, l'introduisit dans les maisons des particuliers.
    Le divin
    Dieu réside dans l'homme de bien
    Sénèque
    Dieu, âme, être, avoir, bien, admiration
    « Si vous voyez un homme que n'enraye aucun péril, que ne souille aucune passion, heureux dans l'adversité, calme au sein des tempêtes, qui voit les hommes à ses pieds, les dieux à son niveau, ne serez-vous pas saisi d'admiration pour lui ?»
    Littératures
    Les variations de la gloire
    Abel Bonnard
    Admiration, célébrité, renommée, grandeur, romantisme, génie, écrivain, littérature, Gustave Flaubert, Victor Hugo, Stendhal, François-René de Chateaubriand
    Rien d’humain ne peut rester en repos.
    Lettre de Maurice Maeterlinck à Léon Bloy
    Maurice Maeterlinck
    La Femme pauvre, génie, admiration
    Lettre datant de juin 1897, dans laquelle Maeterlinck s'incline devant le génie de Bloy.
    Musique
    Snobisme et musique
    Jean Marnold
    Richard Wagner, wagnérisme, Claude Debussy, Maurice Ravel, admiration, mode, public
    En j’en vins à songer aux effets éventuels du snobisme. On ne doit pas trop en médire. Il a ses avantages comme il a ses inconvénients, et plus peut-être de ceux-là, au fond, que de ceux-ci.
    Sociétés / Groupes
    Commémoration
    Alain
    Mémoire, mémoire collective, souvenir, animal, admiration, piété
    Les animaux ont la mémoire aussi bonne que nous. (...
    Soins de santé
    La santé du système
    Marc Chevrier
    Santé, réforme, médecin, modèle, admiration
    Publié dans L’Agora, vol. 8, no 1, novembre-décembre 2000
    Vie personnelle
    De l'émulation
    Aristote
    Honorabilité, admiration, exemple
    «Dans quel état d'esprit a-t-on de l'émulation;»
    Dernière mise à jour: 09/22/2006
    L'Encyclopédie de L'Agora - 1998 - 2008